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Chez Brun Fine Art à Milan, les œuvres de Cagli rencontrent le design contemporain d'ABI

Du 16 avril au 15 mai 2026, Brun Fine Art présente l'exposition "Cagli et le symbole. In ABI's Material Contemporaneity", un dialogue entre l'œuvre de l'artiste et des objets en pierre égyptienne conçus par ABI comme des sculptures utilitaires.

Par Redazione | 28/03/2026 13:09



Brun Fine Art à Milan accueille du 16 avril au 15 mai 2026 Cagli et le symbole. Dans la contemporanéité matérielle d'ABI, une exposition qui met en regard l'œuvre de Corrado Cagli (1910-1976) et une sélection d'objets en pierre égyptienne conçus comme des sculptures à l'usage d'ABI, une marque de design contemporain qui utilise la pierre, active entre Le Caire et Milan, avec la collaboration de Marmonil. L'exposition, organisée par Alberto Mazzacchera et réalisée en partenariat avec lesarchives Corrado Cagli, s'inspire du symbole compris comme une structure de pensée et un dispositif cognitif capable de traverser les époques, les langues et les matériaux.

Dans la carrière artistique de Cagli, le symbole évolue d'un élément d'allusion narrative à un outil analytique, s'émancipant de la représentation pour sonder d'autres dimensions de la réalité et de la psyché. Après l'exil, la guerre et la confrontation avec la culture new-yorkaise, l'artiste perçoit les limites d'un système monologique de l'art. C'est dans ce contexte que se développe son intérêt pour la géométrie non euclidienne et la "quatrième dimension", un concept qui, tout en restant utopique, s'avère fertile d'un point de vue créatif. L'hypercube, dans la vision de Cagli, devient la métaphore d'une peinture capable de suggérer des dimensions au-delà du visible, tandis que le cube reste une mesure du tridimensionnel.

Corrado Cagli, Masque Goleador (1961 ; argent, 39 x 32 cm)
Corrado Cagli, Masque Goleador (1961 ; argent, 39 x 32 cm)

Les œuvres exposées, des peintures aux sculptures en passant par la Carte 1958-59, illustrent cette recherche : la pulvérisation de la couleur génère des vibrations optiques qui dissolvent la distinction entre matière et image, entre bidimensionnel et tridimensionnel. Tout en restant l'illusion d'une nouvelle spatialité, le résultat pictural se traduit par une "libération expressive du signe", comme l'a observé Enrico Crispolti, plaçant Cagli dans une position centrale par rapport aux premières élaborations informelles italiennes.

C'est dans ce contexte que s'inscrit le dialogue avec ABI, qui associe la tradition artisanale égyptienne et la pensée européenne en matière de design en transformant la pierre calcaire des carrières d'Assouan, déjà utilisée à l'époque pharaonique, en objets contemporains. Les produits, conçus comme des sculptures d'usage, ne se limitent pas à leur fonction pratique mais assument un rôle plastique dans l'espace. La pierre égyptienne devient un matériau symbolique, un véhicule de la mémoire et de la permanence, intégrant la fonctionnalité et la valeur sculpturale. Si pour Cagli le symbole interroge l'espace invisible, pour ABI le matériau est configuré comme un symbole silencieux, un principe d'ordre traduit en forme essentielle.

ABI, Palace Collection, Nick Ross, chaise, Assouan noir (51 x 38 x 79 cm)
ABI, Palace Collection, Nick Ross, Chair (51 x 38 x 79 cm ; Aswan Black)

Un exemple emblématique du projet est la transposition en marbre, organisée par Marmonil et autorisée par les archives de l'artiste, d'un masque de Cagli conçu à l'origine comme une maquette en carton. L'édition limitée à neuf pièces préserve le caractère unique de l'œuvre. Le masque, récurrent dans l'imaginaire de Cagli comme périmètre entre identité et archétype, acquiert une nouvelle présence plastique : il conserve la structure originale du signe et acquiert, par la densité du marbre, une dimension de permanence qui contraste avec la fragilité du matériau d'origine.

Le projet d'exposition évite la célébration et propose plutôt une lecture critique de l'actualité de l'artiste. Cagli, qui refusait toute classification rigide, affirmait la coexistence des genres comme une condition nécessaire de la modernité. Dans une époque dominée par l'éphémère, l'exposition confronte le signe symbolique, qui imprègne la surface de l'art de significations intemporelles, et le matériau, qui traverse les siècles, restituant au symbole sa capacité à structurer le temps.


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