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Sperlonga : 500 000 euros issus du PNRR pour rendre la Villa de Tibère accessible et rénover le musée

Catégories: Actualités / Avis de non-responsabilité


De nouvelles passerelles, des parcours de visite repensés et des aménagements consacrés au mythe d’Ulysse : le Parc archéologique de la Villa de Tibère et le Musée archéologique national de Sperlonga font l’objet de travaux visant à améliorer l’accessibilité physique et cognitive. Ce projet s'inscrit dans le cadre d'un programme plus large de conservation, de recherche sci

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Le Parc archéologique de la Villa de Tibère et le Musée archéologique national de Sperlonga réorganisent leurs parcours de visite grâce à des aménagements axés sur l’accessibilité, la mise en valeur du patrimoine et une nouvelle approche des collections sculpturales. Ce projet, soutenu par une subvention de 500 000 euros de l’Union européenne – NextGenerationEU, s’inscrit dans le cadre du Plan national de relance et de résilience (PNRR) et concerne le complexe archéologique relevant de la Direction régionale des musées nationaux du Latium du ministère de la Culture. Les travaux réalisés portent à la fois sur les espaces extérieurs et sur les aménagements muséaux, dans le but de faciliter la visite des publics ayant des besoins différents et de proposer de nouveaux outils pour comprendre l’histoire du site, en accordant une attention particulière aux groupes sculpturaux liés au mythe d’Ulysse.

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Les ressources proviennent de la Mission 1 du PNRR, consacrée à la « Numérisation, innovation, compétitivité et culture », composante 3 « Culture 4.0 », dans le cadre de l’investissement 1.2, « Suppression des barrières physiques et cognitives dans les musées, les bibliothèques et les archives afin de permettre un accès et une participation plus larges à la culture ». Les interventions visent donc à améliorer les conditions matérielles d’accès au complexe et, parallèlement, à rendre les vestiges archéologiques plus compréhensibles grâce à une refonte des dispositifs d’information et du parcours d’exposition.

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De nouvelles passerelles ont été aménagées dans le parc archéologique afin de permettre de franchir les irrégularités du terrain et les discontinuités du site archéologique. Les parcours sont également accessibles aux personnes en fauteuil roulant et ont été conçus pour s’intégrer dans le paysage avec le moins d’impact possible. Le choix des matériaux et des solutions techniques tient compte de la présence des structures anciennes, tandis que la surface antidérapante reprend des motifs géométriques rappelant les décorations du sol de la villa. Les passerelles ne remplissent pas seulement une fonction pratique : elles permettent également d’observer le complexe archéologique et le paysage environnant sous des angles différents de ceux offerts par les anciens parcours.

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La rénovation des dispositifs d’information vient compléter les interventions à l’extérieur, avec l’installation de sept totems bilingues destinés à faciliter l’orientation et à proposer différents niveaux de lecture du patrimoine. L’objectif est de faciliter la compréhension du site, en proposant des informations qui accompagnent la visite et aident à replacer les structures conservées dans leur contexte. Le parcours d’accès à la grotte, actuellement fermée au public pour permettre la réalisation d’études structurelles, a également été repensé. Les passerelles aménagées pour l’entrée et pour une sortie distincte permettront, lors de la réouverture, d’organiser la circulation selon un parcours à sens unique, évitant ainsi le chevauchement des flux de visiteurs. Le nouveau parcours mènera également vers la zone du nymphée et du gymnase, favorisant ainsi la découverte de parties du complexe jusqu’ici moins fréquentées.

Musée archéologique national de Sperlonga et site archéologique. Photo : Wikimedia Commons | CSTFRC - Licence Creative Commons Attribution-Partage dans les mêmes conditions 4.0 International.
Le musée archéologique national de Sperlonga et le site archéologique. Photo : Wikimedia Commons | CSTFRC - Licence Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International.

Le musée revisite les groupes sculpturaux à travers le mythe d’Ulysse

Au Musée archéologique national de Sperlonga, le projet a porté sur le réaménagement de la section consacrée aux célèbres groupes sculpturaux provenant de la grotte. Le nouveau parcours d’exposition met en relation la dimension historico-artistique des œuvres avec les récits mythologiques représentés, proposant une lecture qui suit certains des principaux épisodes de la guerre de Troie et des aventures racontéesdans l’Odyssée. L’entrée de la section est marquée par un grand panneau consacré au voyage d’Ulysse en Méditerranée, jusqu’à son retour à Ithaque. La référence au héros homérique constitue le fil conducteur du récit muséal, qui aide le public à comprendre les thèmes des sculptures et leur lien avec la culture antique.

Les aménagements de la salle ont également été repensés dans un souci de lisibilité et de perception des œuvres. Les panneaux présentent des textes clairs et facilement lisibles, tandis que les socles et les fonds bleus remplissent une double fonction : ils contribuent à la protection des sculptures et introduisent un contraste chromatique qui permet de distinguer plus nettement le modelé et les jeux d’ombre et de lumière des surfaces de marbre. La salle pédagogique a par ailleurs été entièrement rénovée, afin de devenir un espace polyvalent. Elle pourra accueillir des conférences, des activités pédagogiques et des expositions temporaires, élargissant ainsi les possibilités d’utilisation du musée et d’organisation d’initiatives destinées aux visiteurs, aux écoles et aux chercheurs.

Parmi les travaux consacrés à l’accueil figure également la création d’un parking pour le public, destiné à répondre à un problème historique d’accès au site. Les travaux financés par le PNRR s’inscrivent en effet dans une stratégie qui considère l’accessibilité non seulement comme une adaptation des parcours, mais aussi comme une amélioration globale des conditions de visite et de participation culturelle.

Un programme de protection de plus de 2,6 millions d’euros

Au cours des cinq dernières années, le ministère de la Culture a alloué au site de Sperlonga des financements supplémentaires de plus de 2 millions 600 mille euros, dans le cadre d’un programme de protection, de conservation et de mise en valeur du complexe archéologique. Parmi les travaux déjà réalisés figurent la réfection des toitures et la construction de nouvelles toilettes à l’extérieur du musée, accessibles par une rampe, pour un investissement de 400 000 euros. Ces nouvelles installations ont été conçues pour améliorer l’accueil et la gestion des flux de visiteurs, avec des espaces non genrés et une crèche équipée d’une table à langer et d’un fauteuil d’allaitement. Cette intervention s’inscrit dans le cadre d’une adaptation plus générale des structures aux besoins des visiteurs et dans l’objectif de rendre le complexe plus accessible.

La recherche scientifique joue un rôle central dans ce programme : elle accompagne les interventions matérielles par des travaux d’étude des sculptures et du contexte archéologique. En collaboration avec l’École IMT Alti Studi de Lucques, un projet d’entretien, d’étude et de recomposition des groupes sculpturaux est en cours, financé à hauteur de 500 000 euros par le Fonds pour la protection du patrimoine culturel, institué par la loi n° 190/2014. Le projet comprend la réévaluation des interventions de restauration déjà réalisées, l’étude typologique des œuvres et des analyses diagnostiques sur les marbres. À ces activités s’ajoutent des techniques de modélisation photographique, utiles à la documentation et à l’étude des sculptures.

Parallèlement, les fouilles archéologiques menées en collaboration avec l’Université de Milan, financées par la Direction générale des musées à hauteur de 280 000 euros, ont permis de réaliser un relevé tridimensionnel de la grotte. L’analyse stratigraphique en cours permet de reconstituer l’histoire du complexe sur une période s’étendant du Ier siècle av. J.-C. au IVe siècle apr. J.-C., élargissant ainsi la perspective au-delà de la seule époque tibérienne. Les résultats pourront fournir de nouveaux éléments permettant de vérifier les hypothèses concernant l’emplacement d’origine des sculptures et les transformations qui ont affecté la zone. Les résultats des deux projets de recherche seront mis en relation, en établissant un dialogue entre l’étude des marbres et celle du contexte archéologique.

Le programme comprend également les analyses structurelles et de conservation de la grotte, prévues dans le cadre du programme des travaux publics 2024-2026 et financées à hauteur de 350 000 euros. À celles-ci s’ajoutent les interventions urgentes de mise en sécurité de la Coenatio et d’autres activités d’entretien programmé, pour un montant d’un peu plus de 600 000 euros. Les activités de recherche replacent par ailleurs le site au cœur du débat scientifique, grâce à l’organisation de colloques et de séminaires consacrés à la présentation et à la discussion des nouveaux résultats. L’objectif est de favoriser la diffusion des connaissances acquises et de mettre en relation les études archéologiques, historico-artistiques et de conservation.

Un projet d’entretien et de conservation programmés des sites archéologiques, doté d’un budget de 500 000 euros, est par ailleurs sur le point d’être lancé. Cette initiative concernera trois sites relevant de la Direction régionale des musées nationaux du Latium : le parc archéologique de la Villa de Tibère et le musée archéologique national de Sperlonga, le parc archéologique de Minturnae avec le pont « Ponte Real Ferdinando », ainsi que le parc archéologique de la Villa de Domitien à Sabaudia. Cette intervention s’inscrit dans une stratégie de gestion systémique du patrimoine archéologique, visant à garantir la continuité des activités de conservation et à optimiser les mesures de protection et d’entretien.

La mise en valeur des collections s’effectue également à travers des initiatives d’exposition nationales et internationales. La sculpture de Palladio est actuellement exposée dans le cadre de l’exposition « Troie à Rome. Mythes, légendes, histoires de la Méditerranée antique », organisée au Parc archéologique du Colisée. La tête d’Ulysse a quant à elle été récemment présentée à Miami, en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (MAECI), aux côtés d’une reproduction robotisée. En vue de l’exposition aux États-Unis, des dispositifs spécifiques ont été mis au point pour la protection de l’œuvre, notamment un socle antivibratoire et un conteneur de transport sur mesure. Les solutions adoptées répondent aux exigences de protection de la sculpture pendant les déplacements et la mise en place, dans un contexte où la circulation des œuvres nécessite des mesures techniques adaptées à leur conservation.

La collaboration avec le MAECI se poursuivra en décembre à Milan, à l’occasion de la Conférence nationale sur l’exportation, où il est prévu de reproduire la mise en scène consacrée à la tête d’Ulysse déjà présentée à Miami. Un éventuel prêt de la tête d’Ulysse et de la statue de Circé est par ailleurs en cours de négociation avec le Musée de l’Acropole d’Athènes, en vue d’une exposition consacrée à Homère, prévue en 2027. Le lien avec le territoire est également soutenu par les services pédagogiques du Parc archéologique et du musée, qui proposent chaque mois des ateliers et des visites guidées. Cette offre s’accompagne de formules tarifaires avantageuses destinées à favoriser la visite de plusieurs sites archéologiques de la province de Latina.

Un billet cumulatif est disponible au prix de 12 euros, valable un an et comprenant une entrée pour chacun des sites inclus dans le circuit : le Parc archéologique de la Villa de Tibère et le Musée archéologique national de Sperlonga, le Musée archéologique national de Formia, le Parc archéologique de Minturnae et le Pont Royal Ferdinand à Minturno. Un abonnement annuel au prix de 15 euros est également proposé.

Un autre axe d’activité concerne le dialogue avec la créativité contemporaine. C’est dans cette optique que s’inscrit FLUIRE, un projet consacré au thème de l’eau, d’une valeur de 100 000 euros, mené en collaboration avec trois autres sites relevant de la Direction régionale des musées nationaux du Latium. Sélectionnée dans le cadre d’un appel à projets du ministère de l’Environnement et de la Sécurité énergétique, cette initiative prévoit pour 2027 des activités pédagogiques, un festival et la réalisation d’une œuvre in situ.

Déclarations

« Un lieu de culture n’est véritablement accessible que lorsque chacun peut le parcourir, le comprendre et le reconnaître comme faisant partie de son propre patrimoine », déclare Elisabetta Scungio, directrice de la Direction régionale des musées nationaux du Latium. « À Sperlonga, le PNRR représente une étape d’un travail plus vaste : il ne s’agit pas seulement de nouveaux parcours et d’un musée rénové, mais d’une stratégie qui allie protection, recherche, entretien, accueil et mise en valeur. Investir dans le patrimoine, c’est en prendre soin au fil du temps et créer sans cesse de nouvelles occasions de connaissance et de participation. C’est dans cette continuité entre actions concrètes et vision à long terme que se mesure la qualité de notre engagement ».

« Les sculptures de la grotte de Tibère possèdent une extraordinaire force narrative : leurs formes incarnent les aventures, les dangers et les choix d’Ulysse », déclare Cristiana Ruggini, directrice du Parc archéologique de la Villa de Tibère et du Musée archéologique national de Sperlonga. « La nouvelle mise en scène met en valeur cette capacité à raconter, en associant à la lecture archéologique et historico-artistique des œuvres un parcours consacré au mythe. Nous souhaitons offrir à chaque visiteur un point d’accès à la connaissance, tout en préservant la rigueur des contenus et en rendant leur compréhension plus immédiate. Les aménagements réalisés dans le parc viennent compléter ce travail, en renforçant le lien entre les collections, la grotte et le paysage de la villa ».

Sperlonga : 500 000 euros issus du PNRR pour rendre la Villa de Tibère accessible et rénover le musée
Sperlonga : 500 000 euros issus du PNRR pour rendre la Villa de Tibère accessible et rénover le musée

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