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Turin : la basilique Mauriziana rouvre ses portes après sept ans ; la fresque représentant plus de 300 personnages a été restaurée

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Dimanche 25 octobre, la basilique Mauriziana de Turin rouvrira ses portes au public, après sept ans de fermeture et des travaux de restauration d'un montant de plus de 619 000 euros. Au cœur de ces travaux, la coupole ornée de la fresque « Le Triomphe de la Croix », une composition monumentale comptant plus de trois cents personnages.

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Après sept ans de fermeture et des travaux à environ quarante mètres de hauteur, la basilique Mauriziana de Turin rouvre ses portes au public le dimanche 25 octobre 2026, rendant ainsi à la ville l’un de ses patrimoines architecturaux et décoratifs les plus importants. Au cœur de cette restauration, la coupole décorée de fresques par Paolo Emilio Morgari entre 1858 et 1859, représentant le Triomphe de la Croix: une œuvre monumentale peuplée de plus de trois cents personnages, qui révèle à nouveau la richesse de sa composition et de ses couleurs. Située à l’intersection de la via Milano et de la via della Basilica, au cœur du centre historique, la basilique magistrale des Saints Maurice et Lazare est étroitement liée à l’histoirede l’Ordre mauricien et de la dynastie des Savoie.

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La restauration de la coupole : un chantier à quarante mètres de hauteur

Les travaux ont porté sur la coupole et le tambour de la nef, compromis par un grave état de dégradation qui avait rendu nécessaire la fermeture de la basilique. La restauration a permis d’améliorer la lisibilité de la fresque de Morgari et d’approfondir la connaissance de sa technique d’exécution, caractérisée par l’intégration entre peinture à fresque, finitions à sec, hachures raffinées et éléments en relief composés de plusieurs matériaux.

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Parmi les particularités mises en évidence lors des études, on retiendra notamment l’utilisation de nombreux éléments en bois travaillés de manière inhabituelle. Le système utilisé pour filtrer la lumière provenant de la lanterne, au sommet de la coupole, présente également un intérêt particulier : de longues cordes soutenues par des anges maintenaient un grand tissu, décrit dans les sources comme « en forme de baldaquin », conçu pour diffuser la lumière sans compromettre la vision du tableau. Il s’agit d’une solution pour laquelle, à l’heure actuelle, aucun exemple comparable n’est connu.

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Les recherches menées aux Archives historiques de l’Ordre mauricien ont par ailleurs permis de reconstituer avec plus de précision les délais de réalisation de la fresque. Le chantier s’est déroulé sur une période de 21 mois, du 9 avril 1858, date de la signature du contrat, à la fin de l’année 1859. Une durée bien supérieure aux huit mois évoqués par le journaliste Giuseppe Bertoldi dans les chroniques de l’époque.

Aux côtés du grand « Triomphe de la Croix », la décoration de la coupole comprend les figures des saints Maurice et Lazare ainsi que celles des bienheureux Amédée IX et Humbert III de Savoie, peintes par Francesco Gonin dans les pendentifs entre les quatre arcs. Ces parties n’ont toutefois pas encore été restaurées.

Basilique Maurizienne de Turin. Photo : Roberto Troisi
Basilique Maurizienne de Turin. Photo : Roberto Troisi
Basilique Maurizienne de Turin. Photo : Roberto Troisi
Basilique Maurizienne de Turin. Photo : Roberto Troisi
Basilique Maurizienne de Turin. Photo : Roberto Troisi
Basilique Maurizienne de Turin. Photo : Roberto Troisi
Basilique Maurizienne de Turin. Photo : Roberto Troisi
Basilique Maurizienne de Turin. Photo : Roberto Troisi

Une intervention de plus de 619 000 euros

Le coût total des travaux s’élève à 619 381,23 euros. La Fondation de l’Ordre Mauricien a financé 60 % des dépenses sur ses propres ressources, tandis que ce projet fait partie de ceux éligibles aux subventions d’investissement du ministère de la Culture.

Le projet a été coordonné par la Fondation de l’Ordre Mauricien et par le cabinet DE.ARCH, avec Milone, Maiocchi et Fenoglio, et a impliqué l’École de spécialisation en patrimoine architectural et paysager de l’École polytechnique de Turin, la Fondation Centre de conservation et de restauration « La Venaria Reale », la Surintendance de l’archéologie, des beaux-arts et du paysage de la ville métropolitaine de Turin et l’Arciconfraternité des Saints Maurice et Lazare.

L’histoire de la basilique mauricienne

La basilique magistrale des Saints Maurice et Lazare se dresse à l’emplacement de l’ancienne église Saint-Paul, édifice roman datant de 1207, et est liée à l’histoire de la confrérie de Santa Croce, considérée comme la plus ancienne de Turin, ainsi qu’à celle de l’Ordre mauricien. En 1572, la confrérie obtint l’usage de l’ancienne église paroissiale, qui fut ensuite rénovée en 1678 sur les plans de l’architecte Antonio Bettino, ancien collaborateur de Guarini sur le chantier de la chapelle du Saint-Suaire et d’Amedeo di Castellamonte. En 1703, Antonio Bertola réalisa le maître-autel. Un tournant décisif eut lieu en 1729, lorsque Victor-Amédée II imposa la cession de l’église à l’Ordre des Saints Maurice et Lazare, dans le but d’en faire la basilique magistrale de l’Ordre et de créer un grand complexe architectural en la reliant à l’hôpital adjacent. C’est dans ce même contexte que fut instituée l’Archiconfrérie royale des Saints Maurice et Lazare, née de la fusion des confréries de la Sainte-Croix et de Saint-Maurice.

La construction et la décoration de l’édifice se poursuivirent au cours des siècles suivants. La façade néoclassique, conçue par Carlo Bernardo Mosca et réalisée en 1836, présente un pronaos tétrastyle avec des colonnes corinthiennes et un fronton triangulaire, précédé d’un perron semi-circulaire de cinq marches. De part et d’autre du portail d’entrée, entre les colonnes, se trouvent les statues des saints Maurice et Lazare.

Basilique Maurizienne de Turin. Photo : Roberto Troisi
Basilique Maurizienne de Turin. Photo : Roberto Troisi
Basilique Maurizienne de Turin. Photo : Roberto Troisi
Basilique Maurizienne de Turin. Photo : Roberto Troisi
Basilique Maurizienne de Turin. Photo : Roberto Troisi
Basilique Maurizienne de Turin. Photo : Roberto Troisi

L’intérieur se distingue par son plan central et sa grande coupole elliptique, tandis que le court presbytère mène au chœur circulaire, lui aussi surmonté d’une voûte ornée de fresques. Huit colonnes cannelées en pierre de Gassino rythment la nef principale. La crypte comprend une chapelle circulaire et une vaste salle à trois nefs, avec des colonnes et des voûtes d’arêtes, qui reprend le plan de l’église d’origine de Saint-Paul. C’est là que sont conservées les dépouilles de généraux et de fonctionnaires de l’État de Savoie. La basilique abritait en outre de nombreuses reliques revêtant une importance particulière pour la dévotion des fidèles. Les sources historiques mentionnent, entre autres, le corps de saint Théodore et celui de saint Giovenale, une main de saint Dalmazio, un bras de sainte Ursule et de sainte Colomba, des restes de saint Maurice et de saint François de Sales, ainsi qu’un fragment du Bois de la Croix, exposé à la vénération tous les vendredis de mars.

La réouverture sera accompagnée, le dimanche 25 octobre, de l’événement « Armonie in Basilica ». Un dialogue entre patrimoine restauré et patrimoine vivant, une journée gratuite qui met en relation la restauration architecturale avec la tradition musicale des cours européennes du XVIIIe siècle. À 16 h est prévue la visite guidée « Mémoire et contemporanéité : l’histoire et l’âme de la basilique Maurizienne au cœur de la ville », déjà complète. À 17 h, les travaux de restauration et les perspectives de mise en valeur du bâtiment seront présentés. À 17 h 30, l’Orchestre baroque de l’Académie de Saint-Hubert proposera le concert « Musique à la cour du Palatinat ». Johann W. A. Stamitz et l’École de Mannheim. Le programme comprend quatre symphonies de Johann Wenzel Anton Stamitz, Franz Xaver Richter et Ignaz Holzbauer, interprétées avec des instruments à cordes et deux cors de chasse. La journée s’achèvera à 19 h par la messe dominicale, présidée par Paul Ndè, recteur de l’Archiconfrérie des Saints Maurice et Lazare.

À partir du 25 octobre, la basilique Maurizienne sera à nouveau accessible pour les célébrations religieuses. À partir de 2027, les visites guidées « Passepartout », conçues pour accompagner le public à la découverte de l’histoire et du patrimoine artistique de l’édifice, seront également lancées. Le parcours permettra d’explorer les espaces de la basilique, de l’église à la sacristie, où sont conservés les vêtements liturgiques et les accessoires de procession, jusqu’au chœur et à la coupole ornée de fresques.

Turin : la basilique Mauriziana rouvre ses portes après sept ans ; la fresque représentant plus de 300 personnages a été restaurée
Turin : la basilique Mauriziana rouvre ses portes après sept ans ; la fresque représentant plus de 300 personnages a été restaurée

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