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Altopascio : ouverture du MAST : l'ancien Spedale del Tau et les silos à blé au cœur d'un nouveau parcours muséal

Catégories: Musées / Avis de non-responsabilité


Le nouveau musée d'Altopascio, le « Spedale del Tau » (MAST), situé à Altopascio (Lucques), retrace l'histoire de cette petite ville située le long de la Via Francigena à travers des vestiges archéologiques, des reconstitutions multimédias et la réalité virtuelle. Le complexe des silos à blé, resté inaccessible pendant des années, rouvre également ses portes.

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Pendant des siècles, il a offert un refuge aux pèlerins en route vers Rome, a conservé les ressources nécessaires à leur prise en charge et a connu des transformations qui reflètent l’histoire économique et religieuse de la Toscane. Aujourd’hui, à Altopascio (Lucques), l’ancien Spedale del Tau redevient le cœur d’un parcours de visite qui relie le passé médiéval de la petite ville aux événements qui ont marqué le territoire par la suite. Le 10 octobre 2026 a été inauguré le MAST – Musée d’Altopascio Spedale del Tau, un nouveau projet muséal qui comprend également le parcours rénové de la collection archéologique dans le Loggiato Mediceo et la réouverture au public des silos à blé de la place Ospitalieri, restés fermés pendant de nombreuses années.

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Le musée ne se contente pas de rassembler des objets et des témoignages historiques dans un espace d’exposition. Le projet met en relation les salles de l’ancien Spedale, la zone archéologique, les silos et le Loggiato Mediceo, en construisant un parcours qui permet de découvrir l’histoire d’Altopascio à travers les lieux où elle s’est déroulée : des vestiges, des panneaux d’information, des installations multimédias et des outils de réalité virtuelle accompagnent le visiteur depuis la fonction d’assistance de la colonie médiévale jusqu’aux transformations agricoles de l’époque grand-ducale, lorsque le blé et sa conservation jouaient un rôle central dans l’organisation économique du territoire. Ce nouveau parcours redonne ainsi de la visibilité à une partie du patrimoine de la ville qui, bien qu’ayant une histoire importante, était restée longtemps difficilement accessible. Parmi les espaces les plus intéressants figurent justement les silos, liés à la conservation des céréales et à l’histoire de la ferme grand-ducale. Ici, la visite permet de découvrir les espaces destinés au stockage de la récolte, de pénétrer au cœur des remparts du château et d’observer, à travers des baies vitrées, les stratifications historiques et archéologiques de la place Ospitalieri.

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Le MAST est né d’un projet promu par la municipalité d’Altopascio et réalisé par ETT S.p.A., une société du secteur de l’industrie numérique créative appartenant à Dedagroup, grâce à des financements de la Région Toscane et de la Fondation Cassa di Risparmio di Lucca. La direction des travaux a été confiée au cabinet d’architecture Battaglini-Frediani, tandis que la recherche historique a été menée par Giuseppe Dal Canto en collaboration avec l’archéologue Rossella Megaro, avec la participation des services municipaux chargés de la culture, du tourisme et des travaux publics.

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Altopascio, MAST. Photo : Mairie d'Altopascio
Altopascio, MAST. Photo : Commune d’Altopascio
Altopascio, MAST. Photo : Mairie d'Altopascio
Altopascio, MAST. Photo : Commune d’Altopascio
Altopascio, MAST. Photo : Mairie d'Altopascio
Altopascio, MAST. Photo : Commune d’Altopascio

Le fil conducteur du parcours estl’hospitalité, une fonction qui a profondément marqué l’histoire d’Altopascio : la localité s’est développée le long de la Via Francigena, la grande route de pèlerinage qui reliait l’Europe du Nord à Rome. Dès le XIe siècle, l’hôpital offrait accueil, repos et assistance aux voyageurs, aux pauvres et aux pèlerins. Il était géré parl’Ordre hospitalier des Frères de Saint-Jacques, lié à la figure des Chevaliers du Tau, devenus l’un des symboles de la petite ville. L’ancien complexe avait des dimensions et des caractéristiques qui dépassaient largement celles d’un simple refuge pour voyageurs. Entouré d’une solide enceinte, il avait l’aspect d’une forteresse et s’articulait autour de deux vastes cours : l’une réservée aux frères et l’autre destinée à l’accueil. On y accédait par la Porte des Hospitaliers et, à l’intérieur, se trouvaient l’église Saint-Jacques et l’imposant clocher, point de repère visible même de loin pour ceux qui parcouraient la route.

L’accueil des pèlerins exigeait une organisation capable de garantir non seulement un lieu de repos, mais aussi de la nourriture et des ressources pour soutenir les activités de l’hôpital au fil du temps. C’est pourquoi l’histoire de l’accueil est étroitement liée à celle du travail agricole et de la conservation des récoltes. Le pain, en particulier, devient l’un des thèmes qui relient les différentes salles du musée : aliment essentiel pour ceux qui étaient en chemin, mais aussi produit d’un système économique qui devait gérer les champs, les récoltes, les entrepôts et les réserves.

Le destin de l’hôpital a basculé au cours du XVe siècle : en 1460, le pape Pie II en a décrété la suppression, le qualifiant d’« institution inutile » et affectant ses biens au financement de la lutte contre les Turcs. En 1476, le pape Sixte IV abolit définitivement l’Ordre d’Altopascio. Les biens passèrent alors sous l’administration d’importantes familles florentines et, au cours du XVIe siècle, entrèrent dans le patrimoine des Médicis, avant d’être également rattachés à l’Ordre de Saint-Étienne. Sous le règne de Pierre-Léopold de Lorraine, au XVIIIe siècle, le territoire fut soumis à une nouvelle organisation agricole grâce à la création des fermes grand-ducales et à l’introduction de pratiques de production différentes. C’est à cette période que remonte le grand « Piaggione », une structure dotée de silos et de trappes conçue pour stocker le blé (la ferme d’Altopascio comprenait des champs cultivés en blé et en fourrage, des mûriers pour l’élevage des vers à soie et des animaux élevés dans les cours : un système organisé en fonction des besoins de production et de la gestion des récoltes).

Altopascio, MAST. Photo : Mairie d'Altopascio
Altopascio, MAST. Photo : Commune d’Altopascio
Altopascio, MAST. Photo : Mairie d'Altopascio
Altopascio, MAST. Photo : Commune d’Altopascio
Altopascio, MAST. Photo : Mairie d'Altopascio
Altopascio, MAST. Photo : Commune d’Altopascio
Altopascio, MAST. Photo : Mairie d'Altopascio
Altopascio, MAST. Photo : Commune d’Altopascio

Auparavant, le blé était conservé dans ce qu’on appelait des « buche da grasce », de profondes fosses en pierre recouvertes de paille : avec l’utilisation des silos du Piaggione, la conservation des céréales a trouvé une solution différente, destinée à protéger une ressource précieuse pour la communauté locale et pour Florence. La ferme eut toutefois une existence relativement brève et fut vendue en 1780. Les espaces aujourd’hui ouverts au public témoignent donc d’une période différente de celle du Moyen Âge, mais étroitement liée à l’histoire du complexe : après l’accueil des pèlerins, la gestion des ressources agricoles est devenue l’un des éléments centraux de l’organisation du territoire. C’est précisément cette succession de fonctions qui donne tout son intérêt au parcours dans les silos : le visiteur ne découvre pas seulement un lieu historique restauré, mais il peut observer comment les espaces ont été adaptés au fil du temps à des besoins différents. Le projet d’aménagement met en valeur les structures existantes et les relie à l’histoire de l’hôpital, en retraçant le passage d’un système fondé sur l’hospitalité médiévale à une organisation agricole liée aux propriétés grand-ducales. Un avatar numérique aux traits d’un paysan de la fin du XVIIIe siècle, reproduit sur un totem autoportant, intervient également pour raconter cette période. Le personnage accompagne la visite en racontant le travail dans les champs, le développement des fermes liées à l’hôpital et l’utilisation du Piaggione comme entrepôt à céréales. Une projection vidéo retrace quant à elle l’histoire de la Via Francigena, de l’Hôpital et de l’Ordre des Frères de Saint-Jacques, en s’attardant sur le rôle des Chevaliers du Tau et sur l’aide apportée pendant des siècles aux voyageurs et aux personnes dans le besoin.

Le langage numérique ne remplace certes pas les témoignages matériels, mais il cherche à rendre leur histoire plus lisible. Les panneaux d’information, disponibles en italien et en anglais, guident la découverte de la zone archéologique, des fouilles et du couloir des silos, et la réouverture de ces espaces permet en outre d’observer directement les structures et les stratifications qui racontent les transformations de la place Ospitalieri, en établissant un lien entre l’expérience de la visite et l’histoire matérielle du lieu.

Le deuxième volet du musée se trouve dans le Loggiato Mediceo, où le parcours de la collection archéologique a été réaménagé. Les vestiges proviennent de fouilles menées dans le centre historique entre 1985 et le début des années 2000 et restituent des aspects de la vie quotidienne de l’ancien Spedale et du territoire : céramiques, éléments architecturaux, objets en os, objets en métal et en verre permettent de reconstituer les activités et les habitudes, depuis les pratiques liées à la conservation des céréales jusqu’à l’utilisation de la vaisselle et des objets du quotidien. Il n’est pas toujours possible de déterminer avec certitude la provenance de chaque objet, mais la collection offre néanmoins un aperçu de la culture matérielle d’Altopascio. Ces vestiges racontent une histoire différente de celle que révèlent les grands édifices ou les documents institutionnels : c’est l’histoire des objets utilisés, des activités quotidiennes et des besoins concrets de ceux qui vivaient ou de passage dans le complexe. Les jarres destinées à la conservation des céréales et la vaisselle de cuisine, par exemple, mettent en lumière les besoins d’un lieu qui devait organiser l’accueil d’un nombre important de personnes.

Altopascio, MAST. Photo : Mairie d'Altopascio
Altopascio, MAST. Photo : Commune d’Altopascio
Altopascio, MAST. Photo : Mairie d'Altopascio
Altopascio, MAST. Photo : Commune d’Altopascio
Altopascio, MAST. Photo : Mairie d'Altopascio
Altopascio, MAST. Photo : Commune d’Altopascio

La rénovation des panneaux d’explication accompagne la visite des vitrines et offre de nouveaux outils pour replacer les objets dans leur contexte. Ici aussi, la dimension interactive joue un rôle important. Un poste multimédia consacré à la cuisine médiévale invite le public à se mettre dans la peau d’un cuisinier de l’hôpital chargé de préparer un repas pour les pèlerins. Le livre de recettes numérique *Liber de coquina peregrinorum* permet de choisir une recette et d’identifier les ingrédients nécessaires ; si la combinaison est correcte, une courte vidéo montre la préparation du plat.

Parmi les propositions figure également le pain d’Altopascio, qui relie le jeu à la tradition culinaire du village et au thème de l’hospitalité. La cuisine devient ainsi une clé pour comprendre la fonction concrète de l’hôpital : accueillir signifiait également organiser la préparation des repas, se procurer les matières premières et garantir une gestion des ressources capable de soutenir l’activité d’assistance.

Dans le Loggiato, il est également possible d’utiliser des casques de réalité virtuelle pour visionner le court-métrage immersif *Nel segno del Tau, Cavalieri e Pellegrini nell’Altopascio medievale*(Sous le signe du Tau, chevaliers et pèlerins dans l’Altopascio médiéval), produit par ETT : cette expérience retrace le passage à Altopascio d’une famille de pèlerins en route vers Rome à la fin du XIVe siècle, à travers des décors situés dans le village et le long de la Via Francigena, des acteurs en costume et des techniques cinématographiques à 360 degrés. Le récit met en scène la vie quotidienne de l’hôpital et le rôle des Chevaliers du Tau, offrant une reconstitution narrative des lieux et des personnes qui les animaient. Le court-métrage est disponible en italien et en anglais.

Le recours à la réalité virtuelle répond à la volonté de rendre le patrimoine accessible grâce à des langages capables d’interpeller différents publics, y compris les nouvelles générations : comme l’a expliqué lors de la conférence de presse Giuseppe Guerrisi, directeur général d’ETT, la technologie peut aider à comprendre les contenus historiques et les lieux qui les abritent, en facilitant la rencontre entre la rigueur scientifique et les formes contemporaines de narration. Le projet vise ainsi à allier la conservation des témoignages à des outils qui en rendent la lecture plus immédiate.

Pour la municipalité, le MAST représente également une nouvelle occasion de mettre en valeur l’identité d’Altopascio et son lien avec la Via Francigena. La maire, Sara D’Ambrosio, a souligné son intention de faire de ce musée non seulement un lieu de conservation, mais aussi un espace culturel ouvert à la communauté, capable de raconter les racines de la petite ville grâce à des outils innovants. L’adjoint à la culture, Alessio Minicozzi, a quant à lui rappelé l’importance de sensibiliser les jeunes générations au patrimoine, en associant à la protection la capacité de raconter et de susciter l’intérêt.

Le nouveau musée rassemble ainsi, au sein d’un parcours unique, des témoignages appartenant à différentes époques, mais qui contribuent tous à définir l’histoire d’Altopascio : la ville médiévale, le rôle des Chevaliers du Tau, la culture matérielle mise en lumière par les fouilles et l’organisation agricole qui s’en est suivie. La réouverture des silos à blé ajoute à ce récit un lieu resté pendant des années fermé au public, tandis que le parcours archéologique et les installations immersives permettent d’appréhender le patrimoine sous différents angles. Avec le MAST, Altopascio propose ainsi une nouvelle interprétation de son histoire, à partir des lieux qui ont accompagné ses transformations.

Altopascio : ouverture du MAST : l'ancien Spedale del Tau et les silos à blé au cœur d'un nouveau parcours muséal
Altopascio : ouverture du MAST : l'ancien Spedale del Tau et les silos à blé au cœur d'un nouveau parcours muséal

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