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Architectures de la nuit. Les discothèques italiennes entre avant-garde radicale et oubli

Catégories: Œuvres et artistes / Avis de non-responsabilité


À partir des années 60, une histoire s’est écrite sur la Riviera romagnole, transformant la discothèque en un laboratoire visionnaire d’architecture, de musique et de design. Aujourd’hui, ces bâtiments, pour la plupart abandonnés ou disparus, racontent l’histoire d’une révolution culturelle encore peu reconnue. L’article d’Andrea Bruciati.

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Avant même de transformer l’architecture, la discothèque a transformé les envies. À la fin des années 60, la Riviera romagnole disposait déjà d’un réseau de divertissement très dense : hôtels, pensions, dancings, restaurants, piscines, salles de bal et établissements balnéaires avaient transformé la côte en un territoire dédié aux loisirs. La nouvelle culture de la discothèque s’est immiscée dans ce système en en modifiant les règles. La danse a progressivement cessé d’être une pratique sociale régie par des coutumes reconnaissables pour devenir un rituel qui se prolongeait jusqu’à l’aube, soutenu par une musique ininterrompue, des volumes sonores plus élevés et une utilisation de plus en plus complexe de la lumière.

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La Côte d’Azur fut l’un des lieux où cette transformation atteignit son apogée. Ici, le tourisme de masse fournissait déjà le public, le réseau de discothèques garantissait la continuité de l’expérience, et une génération de jeunes commençait à chercher dans la nuit quelque chose que les formes traditionnelles de divertissement n’étaient plus en mesure d’offrir. La discothèque est née au cœur de cette transformation et a imposé à l’architecture une nouvelle expérience : un espace traversé par la musique, la lumière et un public en mouvement constant.

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Woodpecker, Milano Marittima. Filippo Monti, 1966-1968. Vue de la coupole en fibre de verre composée de vingt-trois éléments, avec les fresques murales réalisées par Blu.
Woodpecker, Milano Marittima. Filippo Monti, 1966-1968. Vue de la coupole en fibre de verre composée de vingt-trois éléments, avec les fresques murales réalisées par Blu. Photo : Filippo Monti

Une musique qui transforme l’espace

La musique a été la première à changer. Dans les anciennes salles de danse, l’orchestre rythmait encore la soirée selon une succession reconnaissable de morceaux, de pauses et d’interventions en direct ; dans la discothèque, en revanche, le disque pouvait devenir un flux continu, affranchi de la durée d’un morceau individuel et confié au choix de celui qui se trouvait aux platines. Sur la Côte d’Azur, cette transition a eu un impact considérable, car la musique arrivait de l’extérieur avec une rapidité qui devançait souvent les lieux capables de l’accueillir. La soul, le funk, le rhythm and blues, le disco américain, les productions de Philadelphie et de New York faisaient leur apparition dans les sets des DJ, aux côtés de disques difficiles à trouver et de versions destinées à circuler presque clandestinement parmi les habitués.

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C’est précisément dans ce contexte que, entre 1975 et 1977, l’arrivée de Bob Day et Tom Sison à la Baie des Anges a introduit une culture du mixage encore inconnue de la plupart des clubs italiens. Des morceaux comme « Love for the Sake of Love » de Claudja Barry, « Take Me » de Cerrone ou « The Latin Hustle » d’Eddie Drennon & B.B.S. Unlimited appartenaient à une géographie musicale qui n’avait désormais plus grand-chose à voir avec celle des salles de bal traditionnelles.

Le DJ commençait ainsi à construire une durée différente de la nuit : sans interruption, sans centre fixe, avec la piste traversée par des variations continues de rythme, d’intensité et d’ambiance. L’écoute devenait elle aussi physique. La musique n’accompagnait plus le lieu : elle en déterminait le tempo, régulait l’affluence sur la piste et modifiait la perception de ses dimensions. La salle de bal devait donc s’inscrire dans la séquence musicale, en suivant son rythme et ses variations.

Piper Club, Turin. Pietro Derossi, Giorgio Ceretti et Riccardo Rosso, 1966. Intérieur doté d'un système de revêtement de sol modulaire amovible et de rails au plafond pour les équipements d'éclairage et de sonorisation.
Piper Club, Turin. Pietro Derossi, Giorgio Ceretti et Riccardo Rosso, 1966. Intérieur avec un système de revêtement de sol modulaire mobile et des rails au plafond pour les équipements d’éclairage et de sonorisation.

La Riviera comme laboratoire

Le système balnéaire mis en place après la guerre avait généré une concentration de public, d’infrastructures et d’occasions de consommation qui permettait aux établissements de fonctionner comme les nœuds d’une même géographie nocturne. Entre la fin des années 1960 et le milieu des années 1970, des lieux appelés à marquer un tournant ont ouvert leurs portes : La Mecca, La Baia degli Angeli etl’Altro Mondo à Rimini, capables d’accueillir chacun jusqu’à environ deux mille personnes.

Il ne s’agissait pas d’épisodes isolés. Ils faisaient partie d’un paysage dans lequel le passage d’un établissement à l’autre, souvent après une journée à la plage ou à l’hôtel, devenait un élément à part entière du divertissement. Daniele Baldelli a rappelé que rien qu’à Cattolica, au début des années 70, une ville qui comptait alors un peu plus de seize mille habitants, on pouvait trouver en été dix à quinze discothèques, tandis que la population saisonnière atteignait plusieurs dizaines de milliers de personnes.

La demande engendrait immédiatement une offre, et l’offre commençait à son tour à modifier la demande. Davantage d’établissements signifiaient un public plus mobile, des horaires plus longs, des musiques plus spécialisées, une concurrence croissante sur l’image et la qualité de l’expérience. En l’espace de quelques années, la nuit est devenue l’une des principales attractions de la Riviera. Pendant quelques heures, la discothèque prenait les dimensions d’une ville provisoire : des milliers de personnes y entraient, se déplaçaient entre les pistes de danse, les bars et les terrasses, créant ainsi une forme de sociabilité distincte des rythmes habituels de la ville.

L'Altro Mondo Studios, Rimini, 1967. Espace intérieur conçu comme un espace technologique reconfigurable, équipé d'installations d'éclairage, de sonorisation et de projection.
L’Altro Mondo Studios, Rimini, 1967. Espace intérieur conçu comme un conteneur technologique reconfigurable, équipé de systèmes d’éclairage, de sonorisation et de projection.

Des architectures sans forme définitive

C’est au cœur de cette transformation que certains architectes ont vu dans la discothèque une opportunité que les bâtiments ordinaires refusaient systématiquement : concevoir un espace dont la configuration puisse s’adapter à la musique, à la technologie et au comportement du public. La Riviera, avant même de devenir le grand quartier de la nuit, avait déjà commencé à développer sa propre conception de l’architecture dédiée au divertissement.

À Milano Marittima, entre 1966 et 1969, Filippo Monti a conçu le Woodpecker à partir d’un geste presque enfantin : « On fait un cercle, on fait jaillir l’eau et on y met des crocodiles », qui s’est traduit par l’une des architectures les plus singulières de la côte : un anneau creusé dans le sol, entouré de plans d’eau et de passerelles, avec en son centre une piste de danse recouverte d’un dôme translucide composé de vingt-trois éléments en fibre de verre. Pour le réaliser, il a fallu faire appel à une entreprise spécialisée dans la construction navale.

Le bâtiment, ouvert sur l’extérieur par de grandes arcades, ressemblait davantage à un pavillon de recherche structurelle qu’à une boîte de nuit. Sa forme appartenait déjà à un avenir où le divertissement pouvait devenir un terrain d’expérimentation technique. La structure est ensuite restée à l’abandon pendant des décennies, une présence presque étrangère au paysage qui l’accueillait, avant une récente et définitive restauration.

L’expérimentation a directement concerné l’organisation spatiale, notamment dans le projet du Piper de Turin, signé en 1966 par Pietro Derossi, Giorgio Ceretti et Riccardo Rosso. Le sol était composé d’éléments mobiles pouvant être déplacés et réagencés, tandis que cinq rails couraient au plafond pour modifier la position des microphones, des haut-parleurs, des lumières et des projecteurs. Au centre, la machine lumineuse de Bruno Munari transformait la lumière en un matériau supplémentaire de l’environnement. Même les mouvements des visiteurs pouvaient produire des effets sonores : la salle se comportait comme une machine à actionner, un espace qui se mettait en marche grâce au public.

Le même principe guidait « L’Altro Mondo » de Rimini, réalisé en 1967 : un grand espace équipé de lumière, d’énergie, de sons et de projections, dans lequel des éléments de complexité variable pouvaient être combinés et réorganisés selon différentes utilisations. Dans ces projets, la forme architecturale restait ouverte à toute une série de configurations. Le plan définitif dépendait des spectacles, de la technologie disponible et des mouvements de la foule.

Baia degli Angeli, Gabicce, 1975. Bâtiment de trois étages donnant sur la mer Adriatique, avec sa console-ascenseur en verre et le DJ Daniele Baldelli.
Baia degli Angeli, Gabicce, 1975. Structure articulée sur trois niveaux donnant sur l’Adriatique, avec la console-ascenseur en verre et le DJ Daniele Baldelli.

La Baia degli Angeli : le bâtiment devient musique

Le point culminant de cette interpénétration entre le son et le béton s’est concrétisé sur la colline de Gabicce en 1975, avec l’ouverture de la Baia degli Angeli. Le lieu disposait d’une structure capable de transformer les mouvements du public en une séquence spatiale : une construction blanche surplombant l’Adriatique, organisée en trois niveaux décalés et communicants, avec des terrasses, des piscines et des pistes de danse réparties à différentes hauteurs.

La console était installée dans un ascenseur aux parois vitrées qui pouvait monter et descendre au cours de la soirée, offrant au DJ une vision différente des pistes de danse et faisant de ses propres déplacements une partie intégrante du spectacle. Tom Sison et Bob Day, deux DJ américains, sont arrivés à la Baia ; ils ont contribué à l’évolution technique du mixage en Italie et ont directement influencé Daniele Baldelli.

En 1977, Baldelli et Claudio Rispoli, dit Mozart, prirent leur place aux platines. La musique pouvait se dérouler sans les interruptions traditionnelles entre les morceaux et la boîte de nuit parvenait à prolonger la nuit jusqu’à six heures du matin. C’était le DJ qui déterminait le rythme et l’ambiance, allant jusqu’à modifier la perception même de l’espace. À la Baia, tandis que la console montait et descendait et que les danseurs traversaient les différents niveaux du bâtiment, la musique devenait l’une des forces qui organisaient l’espace.

Cosmic, Lazise, 1979. Vue partielle de la piste de danse, qui occupe près de 80 % de la surface, et de la console en forme de casque spatial.
Cosmic, Lazise, 1979. Vue de la piste de danse, qui occupe près de 80 % de la surface, et de la console en forme de casque spatial.

Du Cosmic au Slego : quand le désir change

C’est vers la fin de la décennie que la curiosité musicale finit par balayer les barrières mêmes entre les genres, remettant en cause la définition canonique de la musique de danse. Lorsque Daniele Baldelli arriva au Cosmic de Lazise en 1979, il apporta avec lui l’héritage accumulé à la Baia – disco, funk, Philadelphia sound –, mais en l’espace d’un an, il commença à le mélanger avec des éléments issus d’univers théoriquement incompatibles : musique électronique, jazz, musique africaine et brésilienne, reggae, krautrock, new wave.

Ce changement concernait la manière même de concevoir le set de DJ. Le genre musical perdait de son importance au profit du rythme, de la texture, de la possibilité de juxtaposer des éléments très éloignés les uns des autres. Kraftwerk, Fela Kuti, Manu Dibango et d’autres sons issus de la musique électronique, africaine et expérimentale pouvaient s’intégrer dans un même flux. Baldelli allait appeler cette pratique « Cosmic sound », en insistant sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’un genre musical mais d’une manière de mixer. Le Cosmic semblait lui aussi conçu pour s’inscrire dans cette nouvelle conception de l’expérience : pas de places assises, pas d’alcool, une piste occupant près de 80 % de la surface, des colonnes recouvertes d’ampoules et une console conçue comme un casque spatial, puis transformée en vaisseau spatial.

Cette recherche d’avant-garde pouvait toutefois emprunter une voie plus underground et minimaliste. Le 23 novembre 1980, quelques jeunes de Rimini ont transformé une ancienne salle de bal en « Slego », créant ainsi un lieu dédié à la new wave et au punk. Giovanni Tommaso Garattoni, l’un des fondateurs, en a assuré la direction artistique jusqu’en 1988, concevant les graphismes, le mobilier et les aménagements. Le lieu fonctionnait avec des moyens et des ressources bien plus limités : des sous-sols, d’anciennes salles de bal réaménagées, des guitares grinçantes, des fanzines photocopiés et des mises en scène réalisées avec peu de moyens.

Slego, Rimini, 1980. Vue de l'espace avec graphismes, mobilier et aménagements réalisés par Giovanni Tommaso Garattoni pour Complotto Grafico.
Slego, Rimini, 1980. Vue de la salle avec les graphismes, le mobilier et les aménagements réalisés par Giovanni Tommaso Garattoni pour Complotto Grafico.

La nuit devient image

Dans les années 80, la Riviera est entrée dans une nouvelle phase. Le nombre de clubs ne cessait d’augmenter et la discothèque prenait une place de plus en plus centrale dans l’économie touristique de la côte, tandis que l’architecture expérimentale cédait progressivement la place à une construction plus précise de l’identité du club. Le club devait être reconnaissable avant même d’y pénétrer. Il devait avoir une forme, un nom, une image capables de rayonner au-delà de la nuit.

Autour du Slego s’est formée une génération de designers et d’artistes qui a compris à quel point le graphisme pouvait faire partie intégrante de la culture de la nuit. Garattoni, architecte et designer, travaillait sur les intérieurs, les aménagements et les identités visuelles ; en 1982, il fonda Complotto Grafico et , en 1986, il participa à la naissance du Bolidisme, apportant au sein de la culture du club ce même mélange de design, d’image et de technologie qui caractérisait la nouvelle sensibilité postmoderne.

La discothèque devenait un dispositif visuel autant que spatial. Le graphisme, les intérieurs, les enseignes, les tenues et la communication contribuaient à la rendre reconnaissable, et la tenue des clients comptait autant que le système audio. L’expérience commençait avant même l’entrée et se prolongeait à l’extérieur de l’établissement, à travers les photos, les affiches et les récits.

Genux, Castiglione delle Stiviere, 1989. Vue de l'intérieur aménagé sur plusieurs niveaux, avec des pistes, des décors et des installations d'éclairage conçus pour accueillir un public de plusieurs milliers de personnes.
Genux, Castiglione delle Stiviere, 1989. Vue de l’intérieur aménagé sur plusieurs niveaux, avec des pistes de danse, des décors et des installations lumineuses dimensionnées pour un public de plusieurs milliers de personnes. Photo : Urbex Story

De la machine expérimentale à la mégastructure

À la fin des années 80, l’expérimentation spatiale des premières discothèques avait changé d’échelle. Le Genux, inauguré en 1989, appartient déjà à cette nouvelle ère de la grande architecture des loisirs. Pistes de danse, bars, espaces différenciés, décors et grands systèmes d’éclairage étaient conçus pour accueillir un public de plusieurs milliers de personnes.

Ce processus allait connaître un essor fulgurant dans les années 90, lorsque des établissements tels quel’Ultimo Impero et, sur la Côte d’Azur, le Cocoricò allaient porter cette logique vers la dimension de la mégastructure et du monument nocturne. Les intuitions de la génération précédente – des coupoles aux scènes mobiles en passant par les espaces reconfigurables – s’inscrivaient désormais dans une machine de divertissement d’une envergure bien plus grande.

Cocoricò, Riccione, années 90. La pyramide de verre, emblème de l'époque des mégastructures nocturnes sur la Riviera romagnole.
Cocoricò, Riccione, années 90. La pyramide de verre, emblème de l’époque des mégastructures nocturnes sur la Riviera romagnole.

Le problème de l’oubli

Mais la nature même de ces lieux, éphémères, allait rendre leur conservation difficile. Les établissements nés pour une génération et pour une certaine conception de la nuit s’effondraient régulièrement lorsque leur public, la musique, l’économie et la réglementation changeaient. Le Cosmic a fermé ses portes en 1984 et est resté à l’abandon jusqu’à sa démolition en 2018 ; le Woodpecker, fermé à la suite d’un incendie en 1975, est resté jusqu’en 2023 une architecture à l’abandon ; le Slego, fermé en 2000, a perdu son bâtiment.

Ce phénomène ne concerne pas uniquement les établissements les plus célèbres. Les discothèques italiennes ont produit pendant des décennies une quantité énorme d’architectures hybrides, souvent dépourvues d’une fonction alternative évidente : des bâtiments trop grands pour être réutilisés, trop caractéristiques pour être reconvertis sans perdre leur identité, trop liés à un imaginaire précis pour pouvoir être dissociés de la culture qui les avait engendrés.

Leur fragilité tenait à leur conception même. C’étaient des bâtiments conçus pour une expérience collective limitée dans le temps, et bon nombre de leurs caractéristiques – pistes de danse, installations, parcours, décors – perdaient tout leur sens en même temps que cette expérience. Une fois passée la mode qui les avait rendus nécessaires, ces colosses de béton et de fibre de verre se sont retrouvés sans usage capable de préserver leur identité d’origine.

Ce qui reste de la nuit

Aujourd’hui, la coquille vide du Woodpecker ou les décombres du Cosmic ne sont pas des monuments à la nostalgie. Ils sont la trace matérielle d’une idée radicale : concevoir l’architecture en relation avec le changement, la musique, la lumière et ceux qui la traversaient.

Pendant près de vingt-cinq ans, des constructeurs de bateaux, des architectes, des designers, des artistes et des DJ ont travaillé, souvent sans appartenir au même milieu et sans partager de programme commun, autour d’une même intuition. La musique pouvait devenir une matière du projet, le public une force capable de le modifier, la lumière un élément constructif et la nuit une dimension architecturale. La Riviera romagnole fut le lieu où cette alliance atteignit une ampleur unique, transformant un coin de province italienne en un laboratoire d’avant-garde pour le divertissement européen.

Il reste la musique, les noms des DJ, les photographies, les récits de ceux qui arrivaient sur la Riviera en voiture ou dans les bus de nuit. Il reste également des bâtiments qui témoignent de l’influence de cette culture musicale sur la conception de l’espace. Leur héritage réside dans la relation entre le bâtiment et l’expérience : ce sont des lieux conçus pour une nuit vouée à prendre fin et capables, précisément pour cette raison, de produire une forme différente de l’espace.

Pendant quelques heures, la musique devenait espace, le mouvement devenait architecture et le public s’immisçait dans le projet. Lorsque la nuit prenait fin, il ne restait qu’un bâtiment. Sa forme, cependant, portait encore la marque de ce qui s’y était passé.

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