Les moins de 30 ans, ou, pour reprendre une expression désormais à la mode, la « Génération Z », constituent la génération qui a le plus dépensé en œuvres d’art au cours du premier semestre 2026. Mais ce n’est pas tout : parmi les collectionneurs de moins de trente ans interrogés par Art Basel et UBS, un sur huit a dépensé plus d’un million de dollars en œuvres d’art. Parmi les collectionneurs de tous âges, ce pourcentage est de 3 %. Ces jeunes collectionneurs sont toutefois aussi ceux qui se montrent les moins enclins à dévoiler leurs acquisitions : près de quatre sur dix ne montrent leurs œuvres à personne en dehors de leur famille ou de leur cercle le plus proche, et en ligne, seul un quart partage publiquement des contenus sur sa collection.
Ce sont là deux chiffres tirés du même rapport, la cinquième édition indépendante du « Survey of Global Collecting » d’Art Basel et d’UBS, rédigé par Clare McAndrew d’Arts Economics. Le rapport traite longuement du marché en général : canaux de vente, intentions d’achat, rapport avec l’intelligence artificielle. Mais concernant la Génération Z, il dresse un portrait qui ne correspond pas au stéréotype du jeune acheteur numérique, exhibitionniste et prêt à spéculer : pour ceux qui s’intéressent à l’art, et pas seulement au marché, c’est une lecture qui ne sera peut-être pas nouvelle, mais qui mérite néanmoins d’être lue attentivement, et avec une certaine prudence.
La première mise en garde concerne l’échantillon: l’enquête a porté sur 3 100 personnes réparties sur dix marchés, à savoir les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Chine continentale, Hong Kong, Singapour, le Japon, l’Australie et le Brésil. L’Italie n’en fait donc pas partie. Pour être inclus dans l’enquête, il fallait disposer d’un patrimoine net supérieur à un million de dollars, hors biens immobiliers et actifs d’entreprise. Il fallait également avoir dépensé plus de 10 000 dollars en art et en arts décoratifs tant en 2024 qu’en 2025, et plus de 5 000 dollars au cours du premier semestre 2026.
La génération Z, définie ici comme les personnes âgées de 20 à 29 ans, représente 9 % de l’échantillon. Les milléniaux (30-45 ans) représentent 44 %, la génération X (46-61 ans) 25 % et les baby-boomers (62-80 ans) 22 %. Il s’agit donc d’un groupe restreint et très particulier : des jeunes fortunés, dont la richesse diffère de celle de leurs contemporains. Parmi les collectionneurs de la Génération Z, 37 % citent la famille comme principale source de leur patrimoine, que ce soit par héritage ou par mariage (dans l’ensemble de l’échantillon, ce pourcentage est de 15 %).
Le rapport rappelle d’ailleurs que ce que l’on appelle le « grand transfert de richesse » (UBS estime à plus de 83 000 milliards de dollars le montant qui passera d’une génération à l’autre au cours des vingt prochaines années environ) concernera surtout les milléniaux et la Génération X dans l’immédiat, tandis que la Génération Z recevra tout de même beaucoup, mais à plus long terme. C’est dans ce contexte qu’il faut interpréter son apparition parmi les grands acheteurs.
En 2025, les dépenses moyennes en art de l’échantillon s’élevaient à 124 265 dollars, soit 13 % de plus qu’en 2024. Pour la Génération Z, la moyenne s’élevait à 347 460 dollars, en hausse de 19 %. Au cours du premier semestre 2026, l’écart est resté inchangé : les plus jeunes collectionneurs ont dépensé plus du double de leurs homologues plus âgés. Le rapport invite toutefois à ne pas se laisser aveugler par les moyennes, car celles-ci sont tirées vers le haut par une petite minorité d’acheteurs très fortunés. Dans l’échantillon global, 77 % ont dépensé moins de 50 000 dollars en art au cours du semestre, et 84 % moins de 100 000. Mais même en considérant la médiane, qui n’est pas influencée par les cas extrêmes, les dépenses de la génération Z restent toujours supérieures d’au moins 50 % à celles des plus âgés.
Une autre donnée aide à comprendre ce qui se passe. Le nombre d’œuvres achetées est pratiquement le même d’une génération à l’autre : en moyenne six œuvres tant en 2024 qu’en 2025, trois au premier semestre 2026. Les jeunes n’achètent donc pas davantage : ils achètent à des prix plus élevés.
Quant au segment haut de gamme, seul 1 % de l’ensemble des personnes interrogées a acheté une œuvre à plus d’un million de dollars en 2025 et au premier semestre 2026. Parmi celles-ci, la Génération Z représente près de la moitié. Environ 5 % des collectionneurs de la Génération Z ont effectué un achat de ce niveau, contre 1 % ou moins dans toutes les autres tranches d’âge. Ce sont de petits chiffres, et le rapport le souligne : le segment haut de gamme du marché reste extrêmement restreint, même parmi les plus fortunés.
Si l’on élargit notre regard au-delà de l’art, le tableau devient plus intéressant : pour les moins de 30 ans, en effet, l’art ne représente qu’une partie de leurs dépenses. Lorsque l’on additionne l’art et les objets de collection, la Génération Z consacre environ la moitié de son budget à ces derniers, avec des parts importantes pour les bijoux et les pierres précieuses, les antiquités et les sacs de luxe de collection. Le rapport souligne que les arts représentent 28 % des dépenses totales des collectionneurs de la Génération Z, ce qui constitue la part la plus faible parmi les générations (elle atteint 36 % chez les baby-boomers et les milléniaux).
C’est dans le secteur des bijoux que l’écart est le plus important : en 2026, la Génération Z a dépensé en moyenne 151 310 dollars, soit plus de cinq fois la moyenne de la Génération X (29 500 dollars), qui occupe la deuxième place en termes de dépenses. Dans des secteurs tels que les souvenirs sportifs, le vin, le whisky et les spiritueux, ainsi que les baskets de collection, les dépenses sont trois à cinq fois supérieures à celles de la tranche d’âge suivante. Une part importante des jeunes s’intéresse à plusieurs domaines : 24 % ont acheté dans quatre catégories ou plus d’objets de collection, contre 14 % des baby-boomers, 10 % des milléniaux et 8 % de la génération X. Il s’agit en somme de la génération dont les achats sont les plus diversifiés. Mais ceux qui achètent des baskets ou des sacs à main peuvent-ils être des collectionneurs d’art ? Le rapport répond avec prudence : dans l’échantillon, rien ne prouve que le luxe serve de porte d’entrée vers l’art. Moins de 2 % des collectionneurs de la Génération Z ont commencé par des baskets ou des sacs à main. En somme, ces deux domaines semblent évoluer en parallèle, plutôt que l’un ne mène à l’autre. L’hypothèse de l’étude est qu’un petit groupe de jeunes, riches et très actifs, fait son entrée sur le marché en achetant de manière éclectique et à des niveaux élevés, notamment dans les catégories proches de la mode et de la culture pop, et pas seulement dans l’art traditionnel.
Pour autant, l’art traditionnel n’est en aucun cas relégué au second plan. Les intentions d’achat pour les douze prochains mois indiquent que 64 % des moins de 30 ans sont prêts à acheter un tableau, contre 49 % de l’échantillon global. Viennent ensuite la sculpture (43 %, le taux le plus élevé parmi toutes les générations) et les arts décoratifs, qui, avec 40 %, constituent la catégorie de collection la plus recherchée par cette tranche d’âge. Viennent ensuite les montres, avec 31 %. La génération Z arrive en tête dans huit catégories sur dix. Les exceptions sont les antiquités, où les baby-boomers sont en tête, et les souvenirs sportifs, où les milléniaux devancent légèrement les autres.
Les stéréotypes sur le jeune acheteur ont tendance à le dépeindre comme une sorte d’… « animal algorithmique », qui achète principalement des œuvres numériques, ou qui se laisse en tout cas entraîner par Internet, les réseaux sociaux, etc. Mais les chiffres révèlent une réalité tout à fait différente. Commençons par le début : pour 40 % des collectionneurs de la Génération Z, le chemin vers l’art est passé par la famille, c’est-à-dire par une collection familiale ou par les encouragements d’un proche. Dans l’échantillon global, ce pourcentage s’élève à 28 %. Internet, en tant que porte d’entrée, compte même moins pour les plus jeunes (10 %) que pour la génération X (16 %). Le rapport qualifie ce chiffre de contradictoire avec l’idée selon laquelle les jeunes s’initient au collectionnisme principalement par le biais des canaux numériques, et en conclut que la transmission intergénérationnelle et l’expérience en direct restent déterminantes.
Hériter ne signifie pas pour autant vendre. On part en effet du principe que les héritiers se débarrassent rapidement de ce qu’ils ont reçu, soit par manque d’affinités, soit par besoin de liquidités. Cependant, parmi ceux qui ont hérité d’œuvres, près de 90 % de la Génération Z les possède encore, contre 64 % de la Génération X. Un chiffre à prendre toutefois avec prudence, à tel point que le rapport ajoute immédiatement une remarque : cette différence peut s’expliquer par le fait que, pour les jeunes, moins de temps s’est écoulé depuis le moment de l’héritage, et les données concordent avec le constat selon lequel on conserve ce que l’on reçoit, du moins au début. Au Brésil, ce pourcentage atteint 97 %, tandis qu’au Japon, où les collectionneurs plus âgés ont beaucoup vendu, 86 % des jeunes ont conservé ce qu’ils ont reçu. Pour le marché, ce n’est pas un détail : les baby-boomers de l’échantillon possèdent en moyenne des collections de 70 œuvres, soit près du double des 36 œuvres de la génération Z. Ce que feront les héritiers de ces œuvres, observe le rapport, aura un poids significatif sur le marché au cours des vingt ou trente prochaines années.
Autre élément : les moins de 30 ans font des recherches. 80 % des collectionneurs de la génération Z déclarent effectuer des recherches personnelles « modérées » (43 %) ou « importantes » (37 %) avant d’acheter, contre 59 % de la génération X et 69 % des baby-boomers. Lorsqu’ils demandent conseil, ils s’adressent davantage que les autres à des conseillers en art (35 %) et à des artistes (33 %). Ils sont également plus nombreux à se tourner vers les réseaux sociaux : 22 % déclarent avoir suivi des recommandations sur Instagram et 23 % sur X. Concernant les applications et les outils d’intelligence artificielle, le pourcentage s’élève à 23 %, soit légèrement au-dessus des 21 % de la génération X et des baby-boomers : une différence marginale, comme le précise le rapport lui-même.
Les plus jeunes sont également les moins prudents en matière d’artistes. 56 % de la Génération Z a acheté des œuvres d’un artiste tout juste découvert, contre 36 % des baby-boomers. Ce chiffre prend toute son importance si l’on considère l’échantillon dans son ensemble : la proportion de ceux ayant acheté une œuvre d’un artiste inconnu est tombée à 45 %, son niveau le plus bas depuis cinq ans, contre 66 % en 2025. Selon le rapport, cela témoigne d’ une plus grande aversion au risque et d’ un retour vers les noms établis. Les jeunes, en revanche, prennent le contre-pied de cette tendance. Ils envisagent en outre le marché avec confiance : ils constituent la génération la plus optimiste à tous les égards, notamment à long terme. Le rapport précise que cet optimisme se concentre sur l’art, tandis que pour les autres secteurs de collection, les attentes s’atténuent à long terme.
À la question de savoir ce qui les pousse à collectionner, les membres de la Génération Z citent plus souvent que les autres la passion ou la compulsion de collectionner (23 %). La proportion de ceux qui évoquent la préservation des traditions familiales est également supérieure à la moyenne (16 %, contre 11 % au total). Et lorsqu’on demande aux moins de 30 ans ce qui compte le plus dans la possession d’une œuvre, la réponse la plus fréquente est l’unicité ou la rareté : 48 % des collectionneurs de la Génération Z la citent, contre 38 % des baby-boomers. Les œuvres estimées par les experts ou admirées dans les cercles de collectionneurs comptent moins pour eux que pour leurs aînés (34 % contre 43 %).
Une interprétation possible, que le rapport suggère, est que cette génération recherche davantage une distinction individuelle que l’approbation du milieu. En matière de philanthropie, d’ailleurs, la fondation ou le musée privé constituent le projet le plus prisé par les collectionneurs de la Génération Z (29 %).
Il reste le chiffre par lequel nous sommes partis. Au cours de l’année écoulée, 39 % des collectionneurs de la Génération Z ont limité la vue en direct de leurs œuvres à leur famille ou à leurs amis les plus proches. C’est près du double de n’importe quelle autre génération. En ligne aussi, la Génération Z est la plus réservée: 36 % d’entre eux limitent l’accès aux contenus relatifs à leur collection à des cercles privés. Seuls 25 % les partagent publiquement, contre 36 % des milléniaux, et seuls 24 % déclarent que d’autres ont publié quelque chose sur leur collection, contre 36 % des milléniaux.
Pourtant, les jeunes ne veulent certainement pas se cacher : certaines données semblent contredire cette attitude. La Génération Z est en effet aussi celle qui partage le plus au sein de groupes restreints ou sur invitation : 42 %, contre 30 % pour la Génération X. La conclusion du rapport est que ces collectionneurs préfèrent restreindre leur public plutôt que de renoncer à partager. Lorsqu’ils partagent en ligne, ils le font avant tout pour leur plaisir personnel (28 %, le pourcentage le plus élevé parmi les générations), puis pour obtenir de la visibilité ou de la reconnaissance (25 %) et pour démontrer leurs connaissances (23 %). Les auteurs font remarquer que la Génération Z ne signale peut-être pas moins que les autres générations, mais qu’elle le fait de manière plus sélective.
L’écart entre les sexes va à contre-courant du reste de l’échantillon. En général, les hommes sont plus réservés que les femmes (23 % contre 20 %), mais chez la Génération Z, c’est l’inverse qui se produit : 37 % des collectionneuses ne montrent leurs œuvres qu’au sein de leur foyer, et 8 % supplémentaires ne les montrent qu’à leur famille et à leurs amis proches. Chez les collectionneurs masculins, ces proportions sont respectivement de 16 % et 12 %. Il s’agit de l’écart entre les sexes le plus important de toutes les générations, et il va à l’encontre de la tendance observée dans le reste de l’échantillon. Le rapport fait référence à des études antérieures selon lesquelles les jeunes collectionneuses sont plus réticentes à prendre des risques et plus sensibles au jugement social, et note que la proportion de femmes enclines à prendre des risques augmente avec l’âge.
Comment expliquer tout cela ? Le rapport avance plusieurs hypothèses, qu’il distingue clairement. L’une d’elles est évidente : les membres de la génération Z collectionnent depuis moins longtemps et possèdent donc des collections plus modestes (seuls 3 % possèdent plus de cent œuvres, contre 18 % des baby-boomers) ; ils pourraient donc simplement avoir moins de choses à montrer. Une autre s’appuie sur des études consacrées aux jeunes consommateurs, citées dans le texte : la Génération Z est plus attentive à son empreinte numérique et se préoccupe moins de la fraude au sens strict que de la manière dont ce qu’elle publie peut être partagé à son tour, avec le risque de jugements, de préjudices professionnels et d’une attention non désirée. C’est pourquoi, peut-on lire, elle préfère des publics restreints et triés sur le volet. La hiérarchie des préoccupations au sein de l’échantillon le confirme. La transparence du marché ( prix opaques, commissions non déclarées, conflits d’intérêts) arrive en tête pour les milléniaux, la génération X et les baby-boomers, mais occupe la deuxième place pour la génération Z. La première préoccupation est la sécurité des données personnelles, financières et relatives à la collection en ligne.
Les jeunes passent eux aussi par les galeries: dans l’échantillon général, 87 % ont acheté auprès d’un marchand au cours de l’année écoulée, et le canal le plus utilisé directement est la relation avec le galeriste, même si environ deux tiers de ceux qui préfèrent les marchands déclarent conclure leurs achats via un site web, par téléphone, par e-mail ou sur Instagram plutôt qu’en galerie. La Génération Z se distingue par son utilisation multiple des canaux: 69 % d’entre eux les combinent. Ce sont également ceux qui sont les moins enclins à acheter uniquement en personne, et 73 % ont effectué des achats lors de salons, un chiffre proche de celui des baby-boomers (77 %). 59 % des membres de la génération Z ont acheté aux enchères, contre 46 % de la génération X et 43 % des milléniaux.
On observe également une augmentation des relations directes avec l’artiste : dans l’échantillon général, 69 % ont acheté directement auprès d’un artiste, soit plus du double par rapport à 2024. Les achats auprès des ateliers représentent 48 % du total, les commandes 40 % et les achats sur Instagram 38 %. La vente directe par les artistes est le deuxième canal en valeur, avec 19 % des dépenses, devant les salons (15 %) et les ventes aux enchères (10 %).
Le tableau qui se dégage du rapport est donc plus nuancé que les idées reçues sur l’arrivée des jeunes sur le marché. Ces collectionneurs de moins de 30 ans sont fortunés, souvent grâce à leur famille, et s’intéressent à l’art principalement par le biais de leur foyer et de leurs visites dans les musées, plutôt que par le biais des écrans, des réseaux sociaux ou des algorithmes. Ils dépensent beaucoup, achètent dans tous les domaines, prennent quelques risques sur les nouveaux artistes et conservent pour eux-mêmes ce qu’ils possèdent.
Les réserves restent toutefois nombreuses. L’échantillon de la Génération Z est restreint, représentant environ 9 % des 3 100 personnes interrogées. Il s’agit de déclarations, et non de transactions vérifiées, et concernant les dépenses du premier semestre, le rapport lui-même signale un risque de surestimation dû à la mémoire et à un certain optimisme dans la déclaration des achats récents. De plus, les comparaisons avec les années précédentes ne constituent que des données de contexte, car la composition et la taille de l’échantillon varient d’une édition à l’autre. Enfin, l’optimisme des jeunes doit être replacé dans le contexte de leur arrivée récente sur le marché : 61 % des membres de la Génération Z collectionnent depuis cinq ans ou moins.
Pour ceux qui travaillent dans le domaine des collections, des musées et des galeries, le point le plus intéressant est peut-être un autre : si les plus jeunes collectionneurs sont aussi ceux qui sont les moins enclins à s’exposer, et si le désir d’anonymat ou de reconnaissance discrète prévaut en général, le rapport laisse penser que la visibilité des collections privées pourrait devenir de moins en moins ouverte. Le rapport indique que le moment de la découverte et les conversations qui s’ensuivent restent au cœur du marché. Mais pour ces jeunes, ces conversations se déroulent dans des cercles de plus en plus restreints.
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| La génération Z est celle qui dépense le plus dans l'art (mais elle ne souhaite pas montrer ses collections) |
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