by Noemi Capoccia 15/10/2026
Catégories: Interviews / Avis de non-responsabilité
Concilier l'accueil des visiteurs et la préservation de la dimension spirituelle des lieux sacrés : le frère Francesco Piloni, gardien du sanctuaire de Saint-Damien à Assise et président de la Fondation Saint-François, revient dans cet entretien avec Noemi Capoccia sur la relation entre tourisme et foi, sur le rôle des communautés religieuses et sur la pastorale des sanctuaires.
Le frère Francesco Piloni, frère mineur, est gardien du sanctuaire de Saint-Damien à Assise et président de la Fondation Saint-François. Son expérience au sein des lieux franciscains l’amène à se confronter quotidiennement à une question de plus en plus d’actualité : comment accueillir le nombre croissant de visiteurs sans perdre la nature spirituelle des lieux de culte. Le sanctuaire de Saint-Damien à Assise, lié à l’histoire de François et de Claire ainsi qu’à la composition du Cantique des Créatures, constitue un cas particulièrement significatif. Le sanctuaire est aujourd’hui la destination d’un tourisme en constante augmentation, mais il continue d’être habité par une communauté religieuse qui en préserve la dimension de prière et en maintient vivante la fonction originelle. Pour frère François, la distinction ne réside pas simplement dans le nombre de visiteurs, mais dans la capacité du lieu à offrir une expérience différente de celle d’une simple visite de monument : le silence, l’accueil, la présence des frères, la liturgie et la possibilité de découvrir les histoires de François et de Claire deviennent autant d’outils pour accompagner le visiteur vers une dimension plus profonde. C’est de là que naît également la réflexion sur le rapport entre mise en valeur et spectacularisation, sur l’organisation des accès et sur la nécessité, dans certains cas, de fixer des limites pour préserver la nature même du sanctuaire. Un thème qui concerne Saint-Damien, mais aussi les grands lieux de la chrétienté tels que Saint-Pierre et le Saint-Sépulcre. Dans l’entretien avec Noemi Capoccia, le frère François aborde également le rôle de la pastorale du tourisme et des sanctuaires, la nécessité de créer un réseau entre les lieux franciscains et, surtout, la possibilité de transformer le tourisme religieux en une expérience capable de faire passer le visiteur de la simple connaissance d’un lieu à une rencontre personnelle avec son message.
NC. L’église de Saint-Damien à Assise est avant tout un lieu de foi, mais c’est aujourd’hui aussi une destination touristique. À partir de quand l’afflux de visiteurs risque-t-il de prendre le pas sur la dimension spirituelle du lieu ?
FP. Il est certain que, ces dernières années, nous avons constaté une forte augmentation de la fréquentation de notre sanctuaire de Saint-Damiano. Quoi qu’il en soit, bien que l’afflux de visiteurs ait considérablement augmenté, la dimension la plus spirituelle du lieu est restée intacte, notamment grâce au cadre dans lequel s’inscrit San Damiano : la verdure, les oliviers et le paysage environnant. Les personnes qui arrivent au sanctuaire, que ce soit depuis le parking, situé à environ 200 mètres, ou à pied, en parcourant un chemin d’au moins un kilomètre, entrent inévitablement dans une autre dimension. Ce trajet à pied les conduit vers une atmosphère plus sereine et plus calme. La présence de la verdure et d’un paysage si intense et évocateur les prépare à vivre San Damiano non seulement comme une destination touristique. C’est un premier pas vers une dimension de silence et d’écoute, presque une rencontre avec quelque chose qui, à première vue, peut sembler petit et simple, mais qui se révèle ensuite bien plus grand par la résonance qu’il parvient à susciter au niveau personnel. Il est donc certain que le lieu lui-même favorise le passage d’une simple expérience touristique à la possibilité d’une écoute et d’une rencontre avec quelque chose de plus profond, à commencer précisément par l’environnement qui entoure le sanctuaire.
De nombreux visiteurs viennent à San Damiano pour découvrir un lieu lié à l’histoire de saint François et au Cantique des créatures, mais pas nécessairement pour le vivre comme un lieu de prière. À quel point est-il important que ceux qui y entrent soient conscients de se trouver dans un lieu encore vivant d’un point de vue religieux, et pas seulement devant un monument ?
Il est fondamental de savoir que le sanctuaire, en général, depuis les Écritures saintes et la Bible, est un lieu de manifestation de Dieu. Même ceux qui sont éloignés de la prière, en arrivant à San Damiano, peuvent percevoir l’invitation à entrer dans une dimension plus profonde. Un panneau invite au silence et au respect du lieu : tout le monde ne le remarque pas, mais beaucoup adoptent néanmoins spontanément cette attitude. Qu’est-ce qui devient alors extrêmement important pour que Saint-Damien reste un lieu de rencontre avec l’histoire de François, de Claire et du Cantique ? Tout d’abord, la présence constante de frères et de sœurs franciscains capables d’accueillir. Un accueil qui commence par une simple salutation et par la disponibilité à accompagner les visiteurs dans leur découverte du lieu, afin de leur faire comprendre immédiatement que San Damiano, au-delà du monument en soi, a été un lieu fondamental dans la vie de François et de Claire. Claire y vivra pendant quarante-deux ans. Pour François, en revanche, ce lieu est essentiel surtout au début de son cheminement, à partir de la rencontre avec le Crucifié : ces yeux ouverts qui croisent les siens et font naître en lui un cri de confiance, une demande d’aide de la part du jeune François. San Damiano est également le lieu où fut composé le Cantique des Créatures. L’accueil et la possibilité d’écouter l’histoire de François et de Claire revêtent donc une importance fondamentale. À travers ce récit, on remet aux personnes de véritables clés de sagesse pour mettre en relation ces deux témoins avec leur propre vie, avec les questions de sens et avec la quête que chacun porte dans son cœur. Avec ces ténèbres qui étaient présentes en François et qui, bien souvent, habitent aussi notre cœur, mais aussi avec ce désir profond de louange et de gratitude qui jaillit du Cantique des créatures. Un accueil, donc, mais aussi un accompagnement et, surtout, des clés de sagesse pour pouvoir vivre les lieux visités comme des lieux de formation. La visite guidée par les frères n’est pas seulement informative, mais elle conduit plus en profondeur, vers une formation, afin qu’une transformation puisse s’opérer au niveau personnel. Et nombreux sont ceux qui quittent ce lieu en reconnaissant son caractère absolument unique. Pourquoi ? Parce que Saint-Damien les a conduits vers l’intériorité et la profondeur, en les aidant à s’arrêter et à laisser de côté ce risque de superficialité et de précipitation qui nous fait souvent manquer les rendez-vous les plus importants avec notre moi le plus profond.
Selon vous, comment peut-on éduquer le visiteur au sacré sans transformer l’expérience religieuse en quelque chose d’imposé ? À San Damiano, quels outils, règles ou attentions sont mis en œuvre pour aider ceux qui viennent en tant que touristes à comprendre qu’ils ne se contentent pas de visiter un monument ?
C’est une très belle question, car San Damiano est sans aucun doute l’un de ces lieux. C’est un sanctuaire et, comme tout lieu sacré, il n’a pas besoin d’imposer une expérience religieuse. San Damiano est plutôt capable de faire émerger la quête et la question religieuse même chez une personne qui ne se considère pas d’emblée comme religieuse, mais qui entre en contact avec la richesse des langages du sanctuaire. Chaque sanctuaire, en effet, possède de nombreux langages. Il y a le langage de l’accueil, celui de l’annonce, celui de l’expérience vécue par les témoins, comme François et Claire, et il y a le langage du sacrement et de la liturgie. Mais il y a aussi le langage de la beauté, celui de l’attention, celui du respect et même celui des pierres, qui sont capables de se faire la voix de tous ces langages. Chacun arrive et peut y percevoir quelque chose de différent : certains sont touchés par la liturgie, d’autres par l’accueil, d’autres encore par la beauté, d’autres enfin par l’essentialité et la pauvreté des pierres et des lieux. Ce sont là des éléments divers qui peuvent toucher des cordes sensibles différentes. Voilà, un sanctuaire doit disposer de plusieurs langages. Ce sera alors un langage qui résonnera davantage qu’un autre, qui touchera une corde particulière, qui interpellera, qui suscitera les bonnes questions et ces moments d’émerveillement que l’on observe sans cesse chez les personnes qui viennent. L’important est que le sanctuaire reste ouvert à l’idée de parler véritablement plusieurs langues, afin de pouvoir accueillir tout le monde et permettre à chacun de trouver dans ces lieux un accueil, une attente et le sentiment d’être compris. Pour aider ceux qui viennent en tant que touristes à comprendre qu’ils ne se contentent pas de visiter un monument, la première chose qui compte, c’est justement la manière dont le sanctuaire est organisé. Nous avons des horaires de visite : de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h en été, tandis qu’en hiver, c’est de 14 h à 16 h. Pourquoi ces horaires ? Parce que cela montre déjà qu’ici vit une communauté dont la priorité est la prière. Le sanctuaire respecte ces horaires, tandis que l’église reste toutefois ouverte. Cette simple organisation permet elle aussi de communiquer la priorité du lieu : la rencontre avec le mystère, avec le divin, avec Dieu. Un autre élément qui frappe beaucoup est que les moments de la journée sont rythmés par la cloche, qui appelle à la prière et au silence. C’est un instrument très simple, mais qui aide immédiatement les personnes à s’accorder à la dimension du lieu. Une attention particulière est également portée à l’organisation des visites. Le site Internet permet de réserver les visites de groupe, afin d’éviter une affluence excessive et de répartir les groupes tout au long de la journée. Ce sont là des attentions simples, mais elles permettent de préserver ce respect mutuel, ce silence et cet accueil qui font que chaque personne se sent attendue dans ce lieu.
Lorsqu’un lieu de culte devient également une destination touristique, la manière dont il est vécu et perçu change inévitablement. Dans quelle mesure peut-on mettre en valeur un lieu sacré sans le transformer en produit touristique ? Et où se situe, selon vous, la frontière entre mise en valeur et spectacularisation ?
Nous y sommes très attentifs. Saint-Damien, comme beaucoup d’autres sanctuaires où j’ai vécu, tant ici qu’à Jérusalem, possède une caractéristique fondamentale : c’est une communauté qui vit et réside sur place. Si on le laisse uniquement entre les mains de bénévoles – qui constituent pourtant une aide précieuse et un véritable cadeau –, ou de personnes extérieures et de simples gardiens, on court vraiment le risque que ce lieu ne devienne qu’une destination touristique, un monument ou un musée. La différence réside précisément dans la frontière entre la mise en valeur et la spectacularisation. C’est la communauté qui fait la différence : ce sont les personnes qui accueillent, ce sont les frères et ceux qui habitent ce lieu, qui en prennent soin et font en sorte que les visiteurs se sentent partie prenante du message, du charisme et de la mission du sanctuaire. Un gardien veille, sur le plan de la gestion, à ce que tout fonctionne et à ce que le lieu soit entretenu de la meilleure façon possible. La communauté qui y vit, en revanche, l’anime : elle lui donne une âme. Elle est le témoin du message et du charisme conservés par ces lieux, ces pièces, ces pierres. En les traversant, elle manifeste la vitalité, c’est-à-dire la vie qui y a été vécue, et met cette vie en contact avec les personnes qui traversent aujourd’hui ces mêmes espaces. Elle crée ainsi un lien entre le passé et le présent. Le juste équilibre réside donc certainement dans l’animation à tous les niveaux, en tenant compte des différents langages dont je parlais tout à l’heure. Une animation qui ne doit pas devenir un spectacle, mais la transmission d’un message, d’un charisme que ces pierres vivantes recèlent. Et pour le transmettre, elles ont besoin de notre présence, de notre corporéité, de notre témoignage, de cette vitalité qui, un jour, nous a également touchés, qui nous a émus et continue de nous émouvoir. Et c’est précisément cette émotion qui peut devenir un cadeau pour les personnes qui viennent ici.
Il y a là un paradoxe : pour maintenir en vie et préserver un lieu comme San Damiano, il faut des ressources, de l’attention et donc aussi des visiteurs ; en même temps, un trop grand nombre de visiteurs peut compromettre son silence, sa spiritualité et son identité même. Si vous deviez aujourd’hui indiquer le point d’équilibre entre ouverture et préservation, où le situeriez-vous ?
Je dirais que c’est un sujet que nous abordons souvent en tant que communauté, lors de nos chapitres, précisément pour comprendre comment nous pouvons au mieux servir le sanctuaire. L’Évangile m’a appris, et nous nous le rappelons souvent les uns aux autres, que nous ne devons pas nous servir d’un lieu comme San Damiano, mais servir San Damiano. Et servir Saint-Damien, cela signifie s’arrêter, vérifier comment les choses se passent et, lorsque c’est nécessaire, aller de l’avant : organiser de manière toujours plus rigoureuse les groupes qui arrivent, tout en restant à l’écoute de chaque personne. Cela signifie, par exemple, ne pas déléguer entièrement les explications aux machines, mais veiller à ce que la rencontre continue d’être préservée. La rencontre qui a eu lieu entre François et le Crucifix de Saint-Damien, celle entre Claire et toutes les personnes qui venaient ici frapper à la porte pour demander des prières : c’est précisément cette dimension de la rencontre que nous devons préserver. C’est pourquoi l’afflux croissant de visiteurs ne nous fait pas peur. Cela ne devient un problème que si cette augmentation n’est pas accompagnée d’une offre sans cesse repensée et perfectionnée. Les choses doivent être mises en place, accompagnées, puis évaluées. Maintenir l’équilibre entre ouverture et protection fait donc partie d’une bonne gestion, qui devient encore plus nécessaire en période d’affluence. Cela signifie également avoir la liberté, lorsque de nombreux groupes demandent à venir, de leur dire que l’agenda est complet et qu’il n’y aurait pas de personnes disponibles pour les accompagner et les guider lors de la visite du sanctuaire, en leur proposant éventuellement d’autres jours ou d’autres horaires. L’accueil doit toujours rester une possibilité, mais il faut aussi expliquer que le lieu est petit et qu’il véhicule un message qui ne peut être pleinement saisi qu’à travers le respect de ce lieu lui-même. Nous constatons que les gens comprennent très bien tout cela. Au contraire, beaucoup ressentent justement cette bienveillance et cette attention : non pas comme un refus, mais comme une forme de bienveillance à leur égard. Car notre souhait est de leur offrir la meilleure expérience possible d’une spiritualité qui a besoin d’espace, qui n’a pas besoin de précipitation, mais de temps et de possibilités de rencontre. Une expérience qui puisse véritablement restituer le sens d’un espace et d’un temps habités, mais toujours dans le respect du message de François et de Claire.
Pensons à la basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem, à Saint-Pierre à Rome ou à la cathédrale de Pise : des lieux dotés d’une identité religieuse et spirituelle très forte, mais traversés chaque jour par de grandes foules de visiteurs. Comment éviter que la dimension touristique ne finisse par phagocyter la dimension sacrée ?
Le risque est énorme, et je connais bien tant la réalité de Jérusalem que celle de Rome. Pour moi, ayant accompagné vingt-quatre fois des pèlerins à Jérusalem et d’innombrables fois à Saint-Pierre et dans d’autres lieux de Rome, tout ce qui précède le pèlerinage, le pèlerinage lui-même et ce qui vient après est fondamental. Donc : l’avant, le pendant et l’après. Je crois qu’une véritable pastorale du tourisme, qu’il s’agisse d’un tourisme lent ou d’un tourisme plus rapide, nécessite une préparation. Les clés fondamentales doivent être transmises avant l’expérience, car elles nécessitent rencontre, information et formation. Lorsque nous transformons simplement ces lieux en musées ou en monuments agréables à voir, mais qui restent ensuite insignifiants dans la vie quotidienne des gens, nous avons déjà perdu une partie essentielle de leur fonction. Je suis convaincu, en revanche, qu’il est fondamental de faire en sorte que ce que l’on va visiter ait non seulement la capacité de nous toucher extérieurement, mais aussi de nous interroger intérieurement. Et ces clés doivent être offertes au préalable, en mettant en relation le message et la signification de ce lieu avec ce que les gens vivent concrètement. Si je me rends à Saint-Pierre, par exemple, il est évident que la dimension artistique est un langage important. Mais si je m’en tiens à cela sans raconter qui est Pierre, quelle a été son expérience, qui il était avant d’arriver à Rome, ce qui s’est passé à Rome et comment, précisément à partir de Rome, son expérience s’est ensuite ouverte à une dimension universelle, je n’aurai utilisé qu’un seul des langages possibles. Il faut au contraire utiliser tous les langages et préparer également le temps qui précède l’expérience. La veille au soir, par exemple, on peut présenter les étapes qui seront franchies et les objectifs du pèlerinage. C’est précisément parce qu’il s’agit de lieux religieux qu’il est important d’arriver préparé également à leur dimension spirituelle. À l’arrivée, il peut être utile de créer une ambiance, de lire un passage de l’Évangile qui rappelle les événements survenus en ce lieu ou, si l’on visite un sanctuaire, de rappeler l’histoire d’un saint, de Marie ou des personnes auxquelles ce lieu est lié. Et puis, il faut laisser un espace personnel, même modeste, où chacun puisse prier, vivre un moment de silence, formuler une intention ou simplement confier une question à ce lieu. Le sanctuaire est un lieu de grâce, le lieu où Dieu s’est manifesté. Et cette grâce peut répondre à nos questions. Y laisser une question, la confier, l’offrir, c’est donner à ces lieux la possibilité non seulement d’être visités, mais aussi de visiter à leur tour notre quête la plus profonde de vérité, de sens et d’avenir.
Face à la transformation de nombreux lieux de culte en grandes attractions touristiques, l’Église s’interroge-t-elle suffisamment sur le risque que le caractère sacré soit progressivement subordonné aux exigences du tourisme ? Et, plus radicalement, existe-t-il selon vous une réflexion sur les lieux qui devraient être protégés, même en limitant leur accès, au lieu de considérer l’ouverture aux visiteurs comme une valeur en soi ?
Plus précisément, il existe au sein de l’Église une pastorale du tourisme et des sanctuaires. Les responsables des sanctuaires se réunissent régulièrement et travaillent précisément pour proposer des parcours capables de transformer de plus en plus les visiteurs de touristes en pèlerins : des personnes qui arrivent dans ces lieux et en retirent un message, un sens. Dans notre cas, par exemple, nous nous réunissons régulièrement, plusieurs fois par an, en tant que responsables des sanctuaires du centre de l’Italie, où se trouvent plusieurs sanctuaires franciscains. Nous essayons de créer un réseau et de mettre en place des parcours, afin que ceux qui viennent à San Damiano puissent ensuite trouver à Greccio, à La Verna, à l’Ermitage des Carceri ou à la Porziuncola quelque chose de différent. L’objectif est d’identifier la spécificité de chaque lieu, de raconter les épisodes et les aspects de l’expérience de François liés précisément à ce sanctuaire, en évitant que les mêmes choses ne se répètent partout. En ce sens, le travail en réseau se développe de plus en plus. Nous sortons d’une période où tout fonctionnait plutôt en compartiments étanches ; aujourd’hui, nous passons de plus en plus de ces compartiments étanches à des vases communicants. L’offre, cependant, doit non seulement être importante, mais aussi capable d’apporter, grâce à une nouvelle pédagogie des sanctuaires, quelque chose qui enrichisse les visiteurs non seulement sur le plan des connaissances, mais aussi sur celui du sens, de l’Évangile et de la spiritualité. Car il existe une soif très profonde. Beaucoup de personnes qui viennent dans les sanctuaires ont une grande soif qui n’est pas nécessairement, du moins au début, une soif de Dieu. C’est une soif de vérité, de quelque chose d’authentique et d’honnête. Elles ont soif de témoignages crédibles et, précisément pour cette raison, capables d’être accueillis et crus. Elles ont besoin de repères solides. Puis, en rencontrant le saint, sa vie et son témoignage, en rencontrant l’Évangile ou la Vierge Marie, elles peuvent parvenir à pénétrer plus profondément en elles-mêmes. Car ces lieux ont apporté quelque chose de précieux à leur vie. Il y a ensuite une réflexion importante sur les lieux qu’il faut protéger, voire en limitant éventuellement leur accès. Mais il faut être très honnête : si un lieu peut accueillir cent personnes, je ne peux pas envisager d’en faire entrer mille simplement parce que je veux toutes les accueillir. C’est une question de respect du lieu et du message que ce lieu recèle. C’est un peu comme avoir un appartement de cent mètres carrés : nous comprenons tous qu’il est impossible d’y organiser une fête pour trois cents personnes. Il en va de même pour un sanctuaire. Il faut aider les gens, les éduquer et les former également à la lecture de la réalité. Cela ne signifie pas ne pas accueillir. Cela signifie reconnaître que ce lieu leur appartient aussi et que, précisément pour cette raison, ils ont également la responsabilité de le préserver. Lorsque tout devient excessif, lorsqu’il y a toujours un peu plus, on risque de dévaloriser le message lui-même. Je crois donc que nous devons avoir de plus en plus le courage d’être des hommes et des femmes capables, dans les lieux qui nous sont confiés, de dire : « Ce lieu est si précieux qu’aujourd’hui, seules ces personnes peuvent y entrer, tandis que d’autres viendront à un autre moment. » C’est là aussi une manière de respecter la préservation du lieu et de mener une pastorale qui ne soit pas avide, dont le seul objectif ne soit pas d’augmenter le nombre de visiteurs et, par conséquent, les recettes. Car sinon, on finit par faire preuve de désintérêt non seulement envers le lieu, mais aussi envers la personne. Faire ces pas vers la réalité et la vérité, c’est redonner à ces lieux une belle mission : offrir un discours honnête et authentique et reconnaître l’importance des personnes qui les visitent, au point de les aider, si nécessaire, même par le biais d’une discipline et d’une réglementation.
Avertissement : la traduction en français de l'article original italien a été réalisée à l'aide d'outils automatiques. Nous nous engageons à réviser tous les articles, mais nous ne garantissons pas l'absence totale d'inexactitudes dans la traduction dues au programme. Vous pouvez trouver l'original en cliquant sur le bouton ITA. Si vous trouvez une erreur,veuillez nous contacter.