Le système des théâtres de copropriété à l’italienne des XVIIIe et XIXe sièclesen Italie centrale est officiellement inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette décision a été prise par le Comité du patrimoine mondial lors de sa 48e session, qui s’est tenue à Busan, en Corée du Sud, du 19 au 29 juillet 2026, avec l’inscription de ce nouveau bien sur la Liste du patrimoine mondial. Cette reconnaissance représente une nouvelle étape importante pour le patrimoine culturel italien, qui compte désormais 62 sites inscrits sur la Liste de l’UNESCO, consolidant ainsi la première place de notre pays en termes de nombre de biens reconnus au niveau mondial.
Au cœur de cette candidature ne se trouve pas un bâtiment isolé, mais un système culturel diffus qui témoigne d’un modèle particulier de création, de gestion et de participation théâtrales, développé principalement dans les régions d’Italie centrale entre le XVIIIe et le XIXe siècle. Les théâtres communautaires à l’italienne constituent en effet un phénomène original dans l’histoire de l’architecture et du spectacle, né de la participation directe des communautés locales, qui étaient impliquées dans la propriété, l’organisation et l’utilisation des espaces théâtraux. Contrairement à d’autres types de théâtres créés à l’initiative de cours royales, d’autorités publiques ou de grandes institutions, ces lieux ont été construits et gérés grâce à une forme de participation collective. Les citoyens, les familles et les représentants des communautés contribuaient à la réalisation des bâtiments et en partageaient la gestion, faisant du théâtre un élément central de la vie sociale et culturelle de ces territoires.
C’est précisément ce lien entre l’architecture, le spectacle et la communauté qui a déterminé la valeur universelle reconnue par l’UNESCO. Les théâtres communautaires témoignent en effet de la capacité des communautés locales à créer des infrastructures culturelles autonomes, capables de diffuser la musique, l’opéra, le théâtre et les différentes formes de spectacle vivant, même dans les petites villes et les villages de l’Italie centrale.
Le patrimoine reconnu comprend des bâtiments se distinguant par une grande qualité architecturale, souvent dotés d’élégantes salles à loges et d’ornements décoratifs d’une valeur particulière, mais il préserve surtout une tradition civique dans laquelle le théâtre est devenu un lieu identitaire, un espace de rencontre et un point de référence pour des générations entières.
La candidature a été portée par la région des Marches, avec la coordination et le soutien technique et scientifique du ministère de la Culture, par l’intermédiaire de la Direction générale des affaires européennes et internationales et du Service UNESCO. Les régions d’Ombrie et d’Émilie-Romagne ont également participé à ce processus, aux côtés de nombreuses collectivités territoriales, à commencer par les communes concernées, ainsi que les acteurs locaux de l’Italie centrale où le phénomène des théâtres de copropriété s’est le plus répandu. Une contribution importante a également été apportée par le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, qui a assuré les relations avec l’UNESCO dans le cadre de ce processus de candidature.
Font partie du réseau reconnu par l’UNESCO le Théâtre Angelo Mariani de Sant’Agata Feltria (Rimini), le Théâtre Pergolesi de Jesi (Ancône), le Théâtre Ventidio Basso d’Ascoli Piceno, le Théâtre Serpente Aureo d’Offida (Ascoli Piceno), le Théâtre dell’Aquila de Fermo, le Théâtre Lauro Rossi de Macerata, le Théâtre Feronia de San Severino Marche (Macerata), le Théâtre Gentile da Fabriano de Fabriano (Ancône), le Théâtre Bramante d’Urbania (Pesaro-Urbino), le Théâtre Nuovo Gian Carlo Menotti de Spoleto (Pérouse).
L’inscription sur la Liste du patrimoine mondial a été accueillie avec satisfaction par les institutions concernées, qui ont souligné l’importance culturelle et sociale de cette reconnaissance.
« C’est avec fierté et satisfaction que nous accueillons la décision du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO d’inscrire les théâtres communautaires de l’Italie centrale sur la Liste du patrimoine mondial », déclare le ministre de la Culture, Alessandro Giuli. « Cette reconnaissance célèbre la valeur universelle exceptionnelle de ces joyaux architecturaux qui, depuis plus de deux siècles, constituent des pôles vitaux de vie culturelle, d’identité et de cohésion sociale pour les communautés qui les préservent. Les théâtres communautaires constituent une infrastructure culturelle italienne d’excellence qui, de manière innovante, a permis à des générations de citoyens des villages et des petites localités d’Italie centrale de profiter de l’opéra, de la musique classique et d’autres formes de spectacles vivants. Leur inscription sur la Liste du patrimoine mondial récompense l’initiative lancée par le président de la région des Marches, Francesco Acquaroli, en collaboration avec le ministère de la Culture, qui soutiendra l’ensemble du réseau national des théâtres communautaires dans le cadre du processus de valorisation engagé avec la candidature à l’UNESCO.
Chacun de ces édifices raconte une histoire qui lui est propre, mais tous partagent le même modèle culturel : celui d’une communauté qui voit dans le théâtre non seulement un lieu de spectacle, mais aussi un espace collectif d’épanouissement, d’échange et de construction de l’identité locale.
Le Théâtre Angelo Mariani de Sant’Agata Feltria, le plus ancien théâtre d’Italie entièrement construit en bois (il date de 1605), constitue un témoignage significatif de la diffusion du modèle de copropriété dans les petits centres historiques. Les autres théâtres des Marches, tels que le Pergolesi de Jesi, le Ventidio Basso d’Ascoli Piceno, le Serpente Aureo d’Offida et le Teatro dell’Aquila de Fermo, témoignent quant à eux de l’extraordinaire vitalité culturelle atteinte par les villes et les villages de la région entre le XVIIIe et le XIXe siècle. Le Théâtre Lauro Rossi de Macerata, le Théâtre Feronia de San Severino Marche, le Théâtre Gentile de Fabriano et le Théâtre Bramante d’Urbania constituent également des exemples d’architecture théâtrale où l’élégance des espaces se mêle à la fonction sociale de l’institution. Le réseau est complété par le Théâtre Nuovo Gian Carlo Menotti de Spoleto, représentatif de la tradition théâtrale ombrienne.
Cette reconnaissance intervient à un moment où la mise en valeur des petites localités et du patrimoine diffus revêt un rôle de plus en plus important dans les politiques culturelles nationales et internationales. Le réseau des théâtres communaux démontre en effet que même des lieux éloignés des grands circuits culturels peuvent receler des témoignages de valeur universelle, capables de raconter l’histoire sociale et artistique d’un territoire.
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| Les théâtres d'immeubles à l'italienne sont inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO |
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