Le prix de peinture « Triglia d’Oro » de Marina di Carrara renaît dans les travaux de la chercheuse Maria Mattei


De la fin de l’été à la mémoire des prix de peinture : le cas de la « Triglia d’Oro », manifestation créée à Marina di Carrara à l’initiative d’Arturo Dazzi, entre les années 1950 et 1960, fait aujourd’hui l’objet des travaux de la chercheuse Maria Mattei.

« Celeste nostalgia », chantait Riccardo Cocciante en 1982. Et avec la fin de l’été, lorsque les stations balnéaires commencent à se vider, que les parasols sont repliés et que la saison des vacances semble déjà lointaine, revient aussi une certaine nostalgie d’un été différent, celui des prix de peinture. Plus précisément, entre les années 1950 et 1960, de nombreuses localités italiennes ont accueilli des concours et des manifestations consacrés à la peinture, faisant sortir les artistes, les œuvres et le public des centres artistiques traditionnels et créant ainsi des occasions d’échange, de visibilité et de rencontre. C’était une époque où, avant l’avènement des réseaux sociaux et la généralisation d’Internet, ces prix constituaient également l’un des principaux moyens par lesquels les artistes pouvaient faire connaître leur travail et leur nom.

C’est le cas d’une série de prix aujourd’hui largement tombés dans l’oubli : du Prix national de peinture « Golfo della Spezia » au « Pineta di Linguaglossa » de Linguaglossa (Catane), du Prix national de dessin « Diomira » de Milan au Prix national de paysage « Autostrada del Sole », en passant par l’Astuti d’Alessandria, le « Città di Fiesole », le « Lorenzo Viani » de Lido di Camaiore, le « Luigi Lanzi » de Corridonia (Macerata), l’« Enrico Toti » de Rome et le Prix national de peinture « Province de Frosinone ».

Le Prix national de peinture « La Triglia d’Oro » de Marina di Carrara s’inscrit également dans cette géographie ; il revêt une importance particulière en raison de son lien avec la ville de Carrare, dont l’identité culturelle et productive est historiquement liée au marbre et à la sculpture. Ce prix a été créé à l’initiative du sculpteur Arturo Dazzi etd’ t Ceccardo Roccatagliata Ceccardi, s’inscrivant dans un contexte où les traditions sculpturale et picturale cohabitaient avec une activité culturelle très animée. Dans une Italie dépourvue de réseaux sociaux et avant la généralisation d’Internet, ces prix constituaient donc pour les artistes une formidable occasion de présenter leur travail, d’acquérir de la visibilité, d’échanger avec d’autres créateurs et de toucher un large public. Ces manifestations étaient également des moments de rencontre permettant de mettre en relation la recherche artistique avec les territoires.

Marina di Carrara, place Menconi. Photo : Wikimedia Commons – Gregorovius | Licence Creative Commons Attribution-Partage dans les mêmes conditions 3.0 Unported.
Marina di Carrara, place Menconi. Photo : Wikimedia Commons – Gregorovius | Licence Creative Commons Attribution-ShareAlike 3.0 Unported.

Aujourd’hui, l’histoire de la Triglia d’Oro fait l’objet de recherches et d’études menées par la chercheuse Maria Mattei, lancées en 2020 à partir de la participation d’Antonio Ligabue à l’édition de 1964, organisée pour célébrer les dix ans du prix. Cette édition a vu la participation, entre autres, de Pietro Annigoni, Carlo Carrà, Mino Maccari, Ardengo Soffici, Ernesto Treccani, Umberto Vittorini, Felice Carena et Giovanni Colacicchi. À cette occasion, la « Triglia d’Oro », réalisée par le sculpteur Bino Bini pour célébrer la mer et ses créatures, fut décernée à Ligabue lui-même.

Au cours de ses recherches, Mattei a également retrouvé certaines toiles ayant participé aux différentes éditions, parmi lesquelles des œuvres d’Umberto Vittorini, de Renato Santini et de Pietro Pelliccia. Certaines de ces peintures ne sont pas encore cataloguées et sont toujours conservées dans des conditions précaires. En 2024, un article publié dans *Il Tirreno* a rendu compte de ces recherches, tandis qu’une motion visant à lancer leur catalogage, incluant également la sculpture d’Angiolo Vannetti, a été présentée au Conseil municipal de Carrare. À ce jour, le travail de reconstitution mené par l’historienne Mattei est toujours en cours et fera l’objet d’une petite publication consacrée à l’histoire d’un prix qui jouissait d’une certaine notoriété à Carrare, au moins jusqu’à son dixième anniversaire en 1964, avant de sombrer progressivement dans l’oubli.

Reconstituer aujourd’hui l’histoire de la « Triglia d’Oro » revient donc à retracer les traces d’une époque où les prix faisaient partie intégrante de la vie culturelle des territoires et contribuaient à la diffusion des œuvres et des noms des artistes. Les recherches de Maria Mattei, toujours en cours, visent à rassembler des documents, des œuvres et des témoignages épars, afin de redonner à la mémoire de Marina di Carrara un événement que le temps avait progressivement effacé. Une histoire qui, comme beaucoup de celles liées aux prix de peinture du passé, refait surface aujourd’hui, alors même que cet été semble désormais terminé.

Le prix de peinture « Triglia d’Oro » de Marina di Carrara renaît dans les travaux de la chercheuse Maria Mattei
Le prix de peinture « Triglia d’Oro » de Marina di Carrara renaît dans les travaux de la chercheuse Maria Mattei



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