Les fonds marinsde l’île d’Elbe continuent de livrer de précieux témoignages d’un passé qui s’étend sur plusieurs siècles le long des routes commerciales de la mer Tyrrhénienne. Un dolium, c’est-à-dire un grand récipient, datant de l’époque romaine, et une épave potentielle, ce dernier faisant encore l’objet d’études et ne pouvant pas encore être daté avec certitude, constituent les deux nouvelles découvertes archéologiques repérées dans les fonds marinsde l’archipel toscan au cours des activités de surveillance du patrimoine archéologique subaquatique menées par la Surintendance de l’archéologie, des beaux-arts et du paysage pour les provinces de Pise et de Livourne. Les opérations ont été menées en collaboration avec l’unité des carabiniers chargée de la protection du patrimoine culturel de Florence et l’unité des carabiniers plongeurs de Gênes, dans le cadre d’un travail conjoint alliant les compétences scientifiques de la Surintendance à celles, opérationnelles et d’enquête, de l’Arma dei Carabinieri spécialisée dans la protection des biens culturels.
Le surintendant Valerio Tesi a commenté cette découverte, soulignant la valeur extraordinaire de cette partie de la mer pour le patrimoine archéologique italien. « La mer de l’archipel toscan », a-t-il déclaré, « est un gisement exceptionnel de biens archéologiques et ces nouvelles découvertes en confirment une fois de plus la valeur. Ces résultats sont le fruit d’une collaboration bien établie entre la Surintendance et le Corps des carabiniers, en particulier avec le Nucleo Tutela Patrimonio Culturale de Florence et le Nucleo Subacquei de Gênes, ainsi que de l’engagement de l’archéologue Gloriana Pace, qui développe une précieuse collaboration avec les centres de plongée afin de les impliquer activement dans la protection d’un patrimoine aussi riche que fragile »
Les travaux qui ont permis la mise au jour de ces deux nouveaux vestiges archéologiques ont débuté en mai 2026 et concernent les eaux relevant de la compétence territoriale de la Surintendance, en particulier la zone maritime comprise entre le canal de Piombino et les îles composant l’archipel toscan, une zone d’une importance historique extraordinaire car traversée depuis l’Antiquité par les principales routes commerciales de la Méditerranée occidentale. L’intervention menée ces dernières semaines s’inscrit dans le cadre d’un programme de protection plus large, conçu non seulement pour identifier de nouveaux sites, mais aussi pour vérifier l’état de conservation des sites submergés déjà connus et recensés auparavant.
Parmi les objectifs du programme figure en effet le contrôle systématique de la localisation des vestiges déjà identifiés ces dernières années, une opération fondamentale pour s’assurer que les biens archéologiques n’ont pas subi de déplacements dus aux courants marins, à des phénomènes d’érosion des fonds marins ou, dans les cas les plus graves, à des interventions non autorisées. Parallèlement à cette activité de vérification, le programme prévoit égalementla mise à jour de la documentation cartographiquerelative aux sites sous-marins de la zone, un outil indispensable à la bonne gestion et à la protection du patrimoine submergé au fil du temps, ainsi que la vérification des nouveaux signalements parvenus à la Surintendance, souvent grâce à la collaboration de plongeurs, de pêcheurs et de professionnels du secteur de la plongée qui fréquentent régulièrement ces fonds marins. L’ensemble de ces activités a permis, selon les informations fournies par la Surintendance elle-même, d’élargir de manière significative l’état des connaissances relatives au patrimoine archéologique subaquatique de l’ensemble de la zone de l’archipel toscan.
Parmi les résultats les plus significatifs obtenus au cours de cette première phase de surveillance figure sans aucun doute, comme annoncé, la découverte d’un dolium, un grand récipient en terre cuite largement utilisé dans le monde antique pour le transport et la conservation de denrées alimentaires, en particulier le vin, d’huile et de céréales, produits qui constituaient le cœur du commerce maritime en Méditerranée à l’époque romaine. Compte tenu de ses caractéristiques techniques et du contexte dans lequel il a été découvert, la pièce découverte dans les fonds marins de l’île d’Elbe est vraisemblablement liée à l’un de ces « navires à dolium », des embarcations marchandes particulières utilisées entre le Ier siècle avant J.-C. et le Ier siècle après J.-C. pour le transport du vin en vrac le long des principales routes commerciales traversant la mer Tyrrhénienne. Les navires à dolia constituent un type de bateau particulièrement intéressant d’un point de vue historique et archéologique, car ils se distinguaient des navires de transport plus courants qui transportaient le vin dans des amphores : à bord de ces navires étaient en effet installés de grands récipients fixes, les « dolia » précisément, qui permettaient de transporter des quantités bien plus importantes de produit liquide que le système traditionnel basé sur les amphores, optimisant ainsi les chargements et réduisant les coûts de transport sur de longues distances.
La deuxième découverte annoncée par la Surintendance concerne quant à elle une épave présumée, repérée au cours des mêmes activités de reconnaissance sous-marine. Il s’agit d’une structure d’environ cinq mètres de long et deux mètres de large, dont les dimensions laissent supposer qu’il s’agit d’un bateau de proportions modestes par rapport aux grandes embarcations commerciales de l’Antiquité. L’épave est aujourd’hui presque entièrement recouverte de mucilage, un phénomène qui touche de plus en plus les eaux de la Méditerranée ces dernières années et qui, dans ce cas précis, limite fortement les possibilités d’observation directe de la structure submergée par les archéologues sous-marins.
Malgré ces difficultés, les prospections menées ces derniers mois ont néanmoins permis d’identifier certains éléments significatifs de la structure, notamment des vestiges du bordé, c’est-à-dire le revêtement extérieur de la coque, divers éléments structurels en bois attribuables à la structure d’origine du navire et de nombreux clous en bronze, vraisemblablement utilisés pour l’assemblage des parties en bois de la coque. L’état de conservation du site ne permet toutefois pas, au stade actuel des recherches, d’établir une datation certaine du contexte archéologique, qui, selon les premières évaluations des chercheurs, pourrait s’inscrire chronologiquement dans une période assez large, comprise entre l’Antiquité tardive et le Moyen Âge, une période historique qui, en ce qui concerne les témoignages de l’archéologie navale, reste encore relativement peu documentée par rapport à d’autres époques.
Comme l’a souligné la Surintendance ABAP de Pise et Livourne, les nouveaux éléments mis au jour dans les fonds marins de l’île d’Elbe confirment le fort potentiel archéologique de l’ensemble de l’archipel toscan et, dans le même temps, réaffirment l’importance stratégique des activités de surveillance systématique aux fins de la protection, de la recherche scientifique et de la valorisation culturelle du patrimoine submergé qui caractérise ces eaux.
Afin d’approfondir encore la connaissance du site identifié, la Surintendance a déjà programmé pour l’automne 2026 une deuxième campagne de fouilles sous-marines, au cours de laquelle seront menées des fouilles archéologiques exploratoires visant à clarifier plus précisément la nature, la chronologie et les caractéristiques structurelles de l’épave découverte ces dernières semaines.
Parallèlement à la programmation de cette nouvelle campagne de fouilles, la Surintendance a également exprimé son intention d’associer dès que possible la Surintendance nationale du patrimoine culturel subaquatique, l’organisme chargé, au niveau national, de la protection des biens archéologiques submergés, à des inspections spécifiquement consacrées aux épaves situées à moyenne et grande profondeur dans les eaux de l’archipel toscan.
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| Un dolium romain et ce qui pourrait être une épave ont été découverts dans les fonds marins de l'île d'Elbe |
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