Le 21 mai à Cologne, la maison de vente Lempertz clôturera sa semaine consacrée aux maîtres anciens par une vente de peintures et de dessins réunissant 250 lots, offrant une large traversée de l’histoire de l’art européen, de la Renaissance du Nord au XIXe siècle italien. La vente, divisée en deux sessions, propose une sélection hétérogène qui comprend le maniérisme flamand, la vedute italienne, la peinture d’histoire et la nature morte, traçant un parcours qui entremêle les genres et les écoles.
Parmi les protagonistes de la section consacrée à l’art italien du XIXe siècle figure Francesco Hayez avec son Portrait du comte Francesco Borgia, estimé entre 30 000 et 40 000 euros. Cette œuvre est l’un des points forts de la vente aux enchères. Commandée par Borgia lui-même, elle témoigne de la place centrale du portrait dans la production de l’artiste, défini par Stendhal comme “premier peintre vivant”. Hayez, connu pour ses peintures historiques monumentales inspirées de l’art classique, s’est forgé une réputation importante de son vivant également grâce à la qualité de ses portraits. Dans le tableau mis aux enchères, le comte est représenté à mi-corps, le regard fixé sur le spectateur, dans une composition alliant sobriété et intensité psychologique.
Toujours dans la sphère italienne, le climat du Risorgimento s’exprime dans l’œuvre de Dario Querci, Cola di Rienzo prononce un discours au peuple romain devant l’église San Giorgio in Velabro, proposée à une estimation comprise entre 25 000 et 30 000 euros. Le tableau, primé à l’Exposition universelle de Vienne en 1873, reflète l’engagement politique de l’artiste, qui a participé aux insurrections de 1848 et s’est rallié à Garibaldi en 1860. La figure de Cola di Rienzo, protagoniste de la fin du Moyen Âge, est ici réinterprétée comme un symbole du nationalisme libéral du XIXe siècle, conformément à la réinterprétation historique qui en fait un précurseur du Risorgimento.
La section consacrée au XVIIe siècle hollandais est représentée par la Femme cousant près d’une fenêtre avec une servante et un enfant de Pieter de Hooch, estimée entre 120 000 et 140 000 euros. L’œuvre reflète l’un des aspects les plus distinctifs de la peinture de l’artiste, à savoir la représentation d’intérieurs domestiques et de relations intimes, en particulier celle entre la mère et l’enfant, qui constitue l’une des contributions les plus significatives à la peinture hollandaise de cette période.
Parmi les natures mortes, l’œuvre de Jan Davidszoon de Heem, Une somptueuse nature morte avec des couverts en argent, une coupe de fruits Wanli, des huîtres sur un plateau en argent et un luth au premier plan, se distingue par une estimation comprise entre 300 000 et 400 000 euros. Le tableau dépeint une richesse sensorielle qui renvoie à la prospérité d’Anvers, combinant des éléments symboliques et matériels dans une composition qui rappelle le thème de la vanité, comprise non pas tant comme un avertissement sur le caractère éphémère de la vie que comme une célébration consciente de sa préciosité.
La vente comprend également une feuille de Jan Brueghel l’Ancien, Paysage d’hiver avec canal gelé et patineurs sur le recto et Le piège à oiseaux sur le verso, estimée entre 40 000 et 60 000 euros. Il s’agit d’un dessin peint sur les deux faces, qui offre l’une des représentations les plus caractéristiques de l’imagerie hivernale flamande, avec des scènes de la vie quotidienne immergées dans un paysage glacé.
Une attention particulière est accordée à la peinture italienne des XVIe et XVIIe siècles. Parmi les lots, Adam et Eve de Jacopo Palma il Giovane est estimé entre 50 000 et 70 000 euros. L’artiste, formé entre Urbino et Rome, est devenu une figure centrale de la peinture vénitienne après son retour dans la ville en 1570. Dans ce tableau, Adam occupe le premier plan tandis qu’Eve domine la composition au centre, représentée nue avec de longs cheveux blonds, dans une pose qui rappelle les représentations de Vénus du Titien. L’œuvre peut avoir été conçue comme un élément d’un cycle religieux ou comme une œuvre autonome destinée à un collectionneur privé.
Toujours dans le domaine du XVIIe siècle, Domenico Fetti est présent avec Melancolia, estimé entre 150 000 et 200 000 euros. Le tableau s’inscrit dans la tradition iconographique de la mélancolie, redécouverte à la Renaissance, et offre une interprétation complexe où s’entremêlent éléments christologiques et symbolisme stratifié. L’œuvre a également été interprétée comme un possible hommage à Ferdinando Gonzaga, duc de Mantoue, connu pour son caractère mélancolique et pour son rôle de mécène à la cour duquel travaillait Fetti.
La nature morte trouve également sa place dans la production de Fede Galizia avec le Bol de pêches et de poires, estimé entre 80 000 et 100 000 euros. L’artiste, active à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle, était déjà très jeune internationalement reconnue pour sa capacité à combiner la tradition naturaliste lombarde avec l’utilisation de la lumière par le Caravage. Dans le tableau mis aux enchères, la simplicité de la composition s’accompagne d’un rendu lumineux qui met en valeur le naturel des fruits disposés dans une coupe en métal.
La sélection se termine par une œuvre de Giovanni Battista Tiepolo, Tête d’homme de profil de trois quarts, estimée entre 100 000 et 120 000 euros. Le tableau a été identifié comme autographe grâce aux études de George Knox, qui l’a rapproché d’une gravure du même sujet réalisée par son fils Domenico. Cette attribution ajoute à l’intérêt d’une œuvre qui fait partie de la production de portraits de l’artiste vénitien.
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| Le portrait de Francesco Borgia par Francesco Hayez est mis aux enchères à Cologne |
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