Pour faire comprendre à son lecteur à quel point l’ascension de l’Antipurgatoire était escarpée et pénible, Dante lui suggérait d’imaginer toute une série de lieux inaccessibles, à commencer par Noli, dont l’accès, à la fin du XIIIe siècle, si l’on en croit le quatrième chant du Purgatoire, devait être d’une difficulté exemplaire, puisqu’elle était comparée à celle d’autres lieux obstinément reculés, si cachés qu’ils en étaient presque sauvages, et que les routes de l’époque n’effleuraient même pas : la forteresse de San Leo, la Pietra di Bismantova, le mont Cacume dans les Lepini. Je n’ai aucune idée de la manière dont on se rendait à Noli à l’époque de Dante : je suppose que le moyen le plus confortable consistait à emprunter la voie maritime, car l’alternative, si l’on suit la topographie décrite par Dante, impliquait la peine de devoir descendre vers le village en empruntant un sentier muletier escarpé sur la crête, partant on ne sait d’où, étant donné que la voie romaine la plus proche, la Iulia Augusta, qui continua d’être empruntée même au Moyen Âge, cessait très probablement, une fois arrivée à Vado, de suivre la ligne de côte, traversait les bois de l’arrière-pays en oubliant Noli, puis replongeait dans la mer aux alentours de Finale. Noli, isolée et prospère, enclavée entre le mont Ursino et le cap de falaises arides, escarpées et blanches qui la sépare de Varigotti : c’est à peu près ainsi qu’elle devait se présenter. Une rangée de tours et de maisons en pierre et en briques nichée entre deux promontoires, où la nuit commence à tomber alors qu’ailleurs il fait encore jour, où souffle un vent capricieux, un vent qui engourdit, qui vient troubler la crique dès que le soleil disparaît. Mais c’est très bien ainsi : Noli semble avoir été construite exprès pour attendre les ombres.
Aujourd’hui, les voies de circulation sont devenues plus pratiques : l’Aurelia se charge, en été, de déverser des tonnes de vacanciers de la Brianza et de Turin sur cette timide bande de plage qui s’obstine, en partie, à rester l’apanage des pêcheurs qui y gardent leurs bateaux à sec, et qui est en partie réservée aux baigneurs, une bande de sable fin mêlé de gravier qui, selon les agences de promotion touristique locales, offre un large choix d’établissements balnéaires équipés, idéale pour des vacances reposantes, idéale pour les familles avec enfants, une mer aux eaux cristallines récompensée par le Pavillon Bleu. Sur le front de mer, un manège installé face aux petits palais médiévaux, de ceux que l’on voyait partout dans les années 90, avec ses vaisseaux spatiaux peints à l’aérographe et ornés de personnages de dessins animés, annonce d’emblée la vocation actuelle de la ville. La plupart des gens se rendent donc à Noli pour emmener leurs enfants à la mer, et on ne voit pas pourquoi il en serait autrement. Et pourtant, si l’on s’y rend hors saison, Noli, débordante d’inventivité, se revendique comme la cinquième république maritime. Exactement comme Gaète, exactement comme Ancône, exactement comme Raguse en Dalmatie, exactement comme toutes ces villes côtières qui, vers les XIIIe et XIVe siècles, disposaient de chartes autonomes et qui, cinq ou six siècles plus tard, ont eu le malheur d’être exclues du canon officiel, d’être écartées des armoiries de la Marine militaire, de la carte que l’on apprend à l’école primaire. Les habitants ont alors tenu à affirmer leur désaccord avec l’historiographie officielle en plaçant les armoiries de la ville face à celles de Venise, d’Amalfi, de Gênes et de Pise, sur les pavés situés en face de l’hôtel de ville, et à la vue de ce goniomètre de pierres, on pense naturellement que la question est sérieuse. Mais peut-être suffit-il, pour s’en rendre compte, de poser le regard sur ces deux grandes arcades en ogive du palais, sur les arcs aveugles qui les surplombent, sur le massif carré de la mairie : il ne reste pratiquement rien de l’époque des XIIe et XIIIe siècles, mais les habitants de Noli, au fil des siècles, se sont efforcés de faire en sorte qu’au moins la façade soit préservée et continue de s’harmoniser avec la tour civique qui se dresse à ses côtés et qui est restée plus ou moins intacte depuis l’époque où Dante se plaignait de la peine qu’il avait à descendre vers Noli.
Les tours comptent parmi les rares vestiges de l’époque de Dante qui subsistent à Noli. En laissant libre cours à l’imagination, et en recourant de manière évidente et éculée à la mythographie locale (comme c’est le cas pour toutes les mythographies, ici aussi un seul vers suffit à stimuler l’imagination), on pourrait imaginer le poète qui, en route vers la France, depuis l’une des collines entourant Noli, parvient à entrevoir le profil de la ville : il aurait vu, nichées entre les bois et la mer, une septantaine de tours en briques, effilées, signalant même de loin la prospérité d’une ville qui vivait de ses échanges maritimes. Des sources attestent qu’au XIIIe siècle, Noli comptait soixante-douze tours, et il faut imaginer une flotte tout aussi importante, car selon les lois municipales, quiconque souhaitait ériger une tour, qu’il fût noble ou riche marchand (telles étaient les catégories qui se partageaient les tours), devait nécessairement posséder un navire. Un navire marchand ou un navire de guerre, peu importait : il fallait toutefois un navire. Aujourd’hui, il n’y a plus de navires à Noli : on ne voit tout au plus que les gozzi des pêcheurs, parfaits pour les photos souvenirs. Et il ne reste plus que quatre tours : celle de la mairie, deux des tours qui surplombaient les portes d’entrée de la ville (la tour de Porta Papona, la seule à être restée telle qu’elle était au XIIIe siècle, même à l’intérieur, puisqu’elle n’a jamais été habitée, et la tour San Giovanni : toutes deux érigées à la demande de la mairie, lorsqu’on envisagea d’encercler la ville d’une enceinte, au cas où la rudesse de ses montagnes n’aurait pas suffi à décourager ceux qui voudraient s’en emparer par la terre), ainsi que la tour des Quattro Canti, haute de trente-huit mètres, la plus haute. Pour ceux qui se trouvent déjà à l’intérieur de Noli, elles sont difficiles à apercevoir, car Noli aime se cacher. C’est une ville qui n’apprécie pas les géométries, c’est une ville obscure et introvertie, c’est une ville qui s’est souvenue de chaque instant de son histoire et l’a recouvert du silence de ses ruelles, de l’obscurité des petites places qui s’ouvrent là où l’on pensait qu’une ruelle s’interrompait, par les cris des enfants qui jouent au ballon dans on ne sait quel recoin, par les coups d’une cloche dont on ne comprend pas d’où proviennent les sonneries. Noli elle-même est une ombre.
Ceux qui souhaiteraient découvrir d’autres vestiges de l’époque de Dante auraient du mal à en trouver : il y a bien le château de Monte Ursino, certes, mais ce que l’on voit aujourd’hui n’est plus la forteresse médiévale, mais les ruines d’un édifice compact, massif et imposant datant du XVIe siècle. Le palais des évêques situé en contrebas du château, lui, date de la fin du XVIe siècle et a été reconstruit deux ou trois siècles plus tard ; il en va de même pour la petite église des Grazie que l’on rencontre le long de la montée : on s’y rend pour prendre des photos de Noli depuis les hauteurs et parce que, dans ce qui était autrefois le jardin des évêques, se trouve un excellent bar à cocktails (en essayant de ne pas se faire écraser en tentant d’y accéder, car sous ce qui reste des remparts, une fois la Porta Papona franchie pour monter vers le Vescovado, on a construit une route départementale très fréquentée, qui se trouve être la seule voie pour rejoindre les hameaux situés plus en amont). On y trouve le palais de la mairie, qui était le siège du gouvernement de la république de Noli, mais il paraît qu’il a été largement remanié au fil des siècles. Légèrement excentrée, au milieu des petites villas bourgeoises, se trouve l’église de San Paragorio, la première cathédrale, qui est l’un des édifices romans les plus importants de la Ligurie ; à l’intérieur, on peut également admirer un crucifix du XIIIe siècle semblable au Volto Santo de Lucques, mais nous la voyons telle qu’elle a été restaurée par Alfredo d’Andrade à la fin du XIXe siècle ; or, il est plus facile de la trouver fermée qu’ouverte, et l’on finit alors par traverser à gué le petit ruisseau qui coule en bordure du centre (enjambé par un petit pont en pierre pompeusement appelé « Pont ancien » : les habitants de Nola ont sans doute pensé qu’il y avait déjà trop de vieux ponts, et qu’il fallait donc trouver un autre adjectif) et à retourner se cacher dans les ruelles à la recherche d’autre chose. Il y a quelques maisons-tours, tout au plus, mais il faut prendre la peine de les imaginer sans les artifices qui les alourdissent souvent : La Maison Pagliano est la plus voyante, mais elle date du XIVe siècle, et puis, au début du XXe siècle, un assistant d’Alfredo d’Andrade y a mis la main, si bien qu’on ne sait plus ce qui est gothique et ce qui est néo-gothique. La Maison Repetto ferait l’affaire ; en fait, elle est même plus intéressante que ses autres « sœurs », car elle a été construite sur le socle en pierre verte d’une tour du XIIe siècle, mais c’est la moins voyante. La Casa Maglio et la Casa Garzoglio semblent dater du XIIIe siècle ; il n’en reste pas grand-chose, mais on voit au moins à quoi devaient ressembler les maisons des habitants de Nola qui vivaient au début de la République : des constructions dotées d’une base solide en pierre et d’un premier étage plus aérien, recouvert de terre cuite, agrémenté de fenêtres à deux et trois baies. Il y a la Porte de la Piazza, mais à la fin du XVIIIe siècle, elle a été décorée de fresques par un peintre espagnol, un certain Vicente Suárez, une « étoile filante », comme l’a dit un historien de l’art, Massimo Bartoletti, « qui, avant de disparaître, en l’espace de deux ans ou un peu plus, a produit un nombre assez important de peintures religieuses réparties entre Noli et la Balagne », c’est-à-dire cette région de Corse, rugueuse, peu peuplée et couverte de forêts, qui s’étend autour de Calvi et du mont Cinto : de toute évidence, Suárez aimait les endroits inaccessibles.
À Noli, Suárez a peint l’image sur la Porte de la Piazza et quelques œuvres à l’intérieur de la belle cathédrale Saint-Pierre, qui a commencé à devenir l’église la plus importante de Noli après 1572, année où le siège épiscopal y fut transféré, par bulle du pape Grégoire XIII : des œuvres modestes, auxquelles les habitants de Noli étaient pourtant manifestement attachés (on y trouve également le tableau représentant la gloire du saint patron, saint Eugène), au point d’accorder la citoyenneté à l’Espagnol, le 6 août 1788 ; on ne sait guère plus de la vie de cette étoile filante. À l’intérieur de la cathédrale de la fin du XVIe siècle, qui n’aime pas se montrer et resterait volontiers dissimulée au milieu des ruelles, si ce n’était le clocher qui signale sa présence, on n’y pénètre pas par intérêt : on y pénètre presque par hasard, ou tout au plus par ce devoir de « passage » qui pousse tout visiteur d’un centre historique à se faufiler dans l’église perçue comme la plus importante. On y trouve des œuvres de Suárez, une chaire baroque de la fin du XVIIe siècle, œuvre d’un certain Anselmo Quadro, il y aune Annonciation de Giovanni Battista Maragliano qui tente de s’inspirer du plus célèbre Anton Maria, qui était un de ses parents, et puis il y a, sur le maître-autel, un polyptyque provenant de l’église du Vescovado et que la tradition attribue à Vincenzo Foppa, probablement en raison d’une vague ressemblance entre les traits de la Vierge, assise sur un trône de marbre tenant l’Enfant tandis que des anges jouent autour d’elle du luth, de la vièle et de la harpe, et ceux des Madones du Lombard. Le problème est que ce polyptyque, bien que ravissant, est trop rigide, trop désuet, trop inflexible pour être l’œuvre du maître qui a réalisé les fresques de la chapelle Portinari, qui a peint le Saint Sébastien de Brera, qui a imaginé la Vierge au tapis: il s’agit donc d’une attribution à rejeter sans trop d’hésitation, une attribution qui ne peut être prise au sérieux. S’il faut absolument trouver un nom, le plus plausible devrait être celui de Lorenzo Fasolo, auquel se rapproche le polyptyque conservé aujourd’hui à la Pinacothèque municipale de Savone et qui provient pourtant de la Santissima Annunziata de Spotorno, le village situé juste de l’autre côté de Noli, et qui présente une structure identique à celle du polyptyque de Noli, avec la même mise en page, les mêmes proportions entre les volets, et même le cadre semble presque superposable. Celui de Spotorno nous est parvenu dans un état nettement meilleur que celui que l’on peut considérer, sans grand doute, comme une sorte de pendant de Noli, et qui nous apparaît pourtant plus abîmé, plus défraîchi, plus écaillé. Les indices, en tout cas, convergent tous vers Fasolo : les traits des personnages, en particulier ceux des femmes, la manière perpendiculaire dont le peintre fait retomber les drapés qui ressemblent presque à de lourds rideaux de toile de jute, les musculatures sculpturales. Le polyptyque de Noli a manifestement été réalisé pour remercier les saints Sébastien et Roch, représentés dans les volets latéraux, saints protecteurs contre les maladies, d’avoir épargné à Noli une épidémie quelconque : les fidèles en prière se trouvent là, aux pieds des saints, priant en se tournant vers la Vierge. Une œuvre fascinante, certes, mais aussi une œuvre assez courante à l’époque, destinée à la dévotion d’une petite communauté, et donc d’une qualité pas assez élevée pour laisser supposer que ce soit le maître lui-même qui s’en soit chargé : l’idée selon laquelle il s’agit d’une œuvre de bonne facture issue d’un atelier, ou d’un travail peint par l’un des disciples de Lorenzo Fasolo actif sur la Riviera de Ponente, semble plus plausible.
Quoi qu’il en soit, pour les fidèles qui prient devant ce polyptyque, et qui sont peut-être les seuls, avec les historiens de l’art, à s’échauffer sur ses controverses d’attribution, un Vincenzo Foppa vaut probablement un Lorenzo Fasolo, ou l’un de ses disciples, et c’est très bien ainsi : en dehors des musées, on peut encore avoir la chance de tenter d’écrire une histoire de l’art sans noms. Et à Noli, il n’y a pas de musées : son histoire reste donc dissimulée au milieu de ses ombres, et pour chercher l’écho de ses échanges commerciaux, de ses chantiers, de ses évêques, de ses podestats, de ses familles, de ses guerres, des délibérations de son Conseil des Consuls, des voyageurs qui l’ont admirée, des navigateurs qui sont partis de ses rives pour s’aventurer au milieu des océans quand la mer sentait encore l’inconnu, voilà, pour entendre ces sons, il faudrait peut-être fouiller parmi les pierres et les briques. Mais les pierres et les briques, on peut en être sûr, n’ont guère envie de répondre. Tout au plus peut-on trouver un panneau écaillé indiquant les principaux monuments (et, cas rare, les recettes des plats typiques une fois qu’on a fini de lire l’histoire du Palais épiscopal ou de la Tour Papona), ou tout au plus une plaque du XVIIe siècle, sous la Loggia de la République de Nola, où il est dit que tout étranger ne pouvait rester plus de trois jours s’il n’était pas en possession d’une garantie, délivrée par les autorités, attestant qu’il était une personne respectable, faute de quoi il aurait dû payer une amende et risquer des sanctions supplémentaires. La plaque porte la date de 1666, mais le décret auquel elle fait référence, comme on peut le lire, date de 1620 ; et maintenant que plus de quatre cents ans se sont écoulés, on pourrait dépoussiérer cette mesure pour l’adapter aux besoins du touriste contemporain. Les maires de toutes les localités du littoral devraient inscrire à leur agenda une visite à Noli.
Certains en concluraient que l’hospitalité n’est pas exactement la spécialité de l’endroit. Et en effet, ici, l’expulsion des étrangers a une tradition plus ancienne que celle des anchois farcis, rivalisant peut-être avec la pêche au filet maillant. Et pourtant, à y regarder de plus près, il n’est pas tout à fait vrai que Noli soit une ville d’ombres. Camillo Sbarbaro avait peut-être raison : elle est simplement dédaigneuse de la terre, et elle l’est probablement devenue à force de regarder la mer comme une mouette blessée, à force de voir ses tours se faire mordre par le vent. Son obscurité, alors, se dissout certains jours d’hiver ou de printemps, quand on passe par Noli et qu’on ne voit que les habitants, ceux qui sont restés, et qui se demandent quoi faire de toutes ces maisons vides qui subsistent dans le centre, que faire de l’hôtel abandonné que l’on aperçoit près de la mer, sur la route menant au Vescovado, que faire d’un patrimoine immobilier qui, bien souvent, n’est même pas à la portée de ceux qui vivent ici : en quarante ans, la commune a perdu un tiers de ses habitants, et d’après les chiffres que le maire a présentés au conseil municipal il y a quelques semaines, les deux tiers des appartements de Noli sont aujourd’hui inoccupés. Et puis, l’obscurité s’estompe dès que commence cette promenade qui met tout le monde d’accord, cette promenade où se trouvent les établissements balnéaires, les bars, les restaurants, les hôtels, les parfumeries, ce qui reste des kiosques à journaux, ce qui reste des boutiques pour les vacanciers, ce qui reste des lieux de vie nocturne, cette promenade qui a le pouvoir d’être en quelque sorte la conclusion de l’histoire. Même si l’on ne comprend pas très bien quelle en est la morale. À supposer qu’il y en ait une.
L'auteur de cet article: Federico Giannini
Nato a Massa nel 1986, si è laureato nel 2010 in Informatica Umanistica all’Università di Pisa. Nel 2009 ha iniziato a lavorare nel settore della comunicazione su web, con particolare riferimento alla comunicazione per i beni culturali. Nel 2017 ha fondato con Ilaria Baratta la rivista Finestre sull’Arte. Dalla fondazione è direttore responsabile della rivista. Nel 2025 ha scritto il libro Vero, Falso, Fake. Credenze, errori e falsità nel mondo dell'arte (Giunti editore). Collabora e ha collaborato con diverse riviste, tra cui Art e Dossier e Left, e per la televisione è stato autore del documentario Le mani dell’arte (Rai 5) ed è stato tra i presentatori del programma Dorian – L’arte non invecchia (Rai 5). Al suo attivo anche docenze in materia di giornalismo culturale all'Università di Genova e all'Ordine dei Giornalisti, inoltre partecipa regolarmente come relatore e moderatore su temi di arte e cultura a numerosi convegni (tra gli altri: Lu.Bec. Lucca Beni Culturali, Ro.Me Exhibition, Con-Vivere Festival, TTG Travel Experience).
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