Suite au vol de la Fondation Magnani-Rocca à Mamiamo di Traversetolo, un événement qui a durement touché le patrimoine culturel italien, la Fondation elle-même lance un appel collectif à réagir par la participation et le partage de la beauté. Suite au vol des trois œuvres (une de Pierre-Auguste Renoir, une de Paul Cézanne et une d’Henri Matisse) de la collection permanente de la Fondation Magnani-Rocca, l’institution elle-même a choisi d’intervenir publiquement avec une lettre ouverte adressée au public, aux médias, aux institutions et au monde de la production.
Le vol s’est produit dans la nuit du 22 au 23 mars 2026 à l’intérieur de la Villa dei Capolavori à Mamiano di Traversetolo, dans la province de Parme. Les voleurs ont emporté trois tableaux de la salle des Maîtres français. Trois œuvres symboliquement décrites par la Fondation comme des “fenêtres sur le monde”, faisant partie intégrante de la vision culturelle du fondateur Luigi Magnani.
L’enquête est actuellement menée par le service des carabiniers pour la protection des biens culturels, que la Fondation remercie expressément pour sa rapidité et son engagement. Une intervention rapide qui, selon le communiqué, a permis d’éviter des conséquences encore plus graves, grâce également à l’action coordonnée avec les gardes internes et le service de sécurité.
La réaction de la Fondation ne se limite toutefois pas à la dimension judiciaire. Le texte diffusé représente une prise de position claire sur la signification de l’art et sa fonction publique. Au cœur de la réflexion se trouve l’idée que la beauté ne peut être enlevée matériellement, car elle ne coïncide pas avec l’objet physique, mais avec l’expérience qu’il génère. La beauté n’est pas la toile, lit-on dans la lettre, mais l’émerveillement que cette toile provoque chez celui qui la regarde. Vous trouverez ci-dessous le texte intégral de la lettre :
"La Fondation Magnani-Rocca est née d’un acte d’amour. Luigi Magnani (musicologue, essayiste et l’un des meilleurs intellectuels du XXe siècle italien) a transformé sa maison en un cadeau pour tous : une maison-musée où Titien dialogue avec Goya, où Morandi côtoie Dürer et où le parc romantique abrite encore les paons blancs qui étaient le symbole de sa vision du monde.
Dans ces pièces résonnent encore les belles conversations de Magnani avec ses illustres invités tels que Morandi, Montale, Guttuso et Ungaretti. Un unicum sans équivalent en Italie, apprécié et étudié dans le monde entier. Immergée dans la campagne de Parme, la Villa dei Capolavori est une véritable oasis de beauté.
Dans la nuit du 22 au 23 mars, un individu s’est introduit dans la Villa et a volé trois œuvres de la salle des maîtres français. Un Renoir. Un Cézanne. Un Matisse. Trois fenêtres sur le monde que Magnani avait ouvertes pour nous tous. Sans la promptitude de nos gardiens, des carabiniers et de Metronotte - que nous remercions sincèrement pour leur courage et leur rapidité - les conséquences auraient été encore plus graves. L’enquête se poursuit.
C’est un acte qui fait mal. Et qui mérite une réponse. Ceux qui ont agi cette nuit-là pensaient voler la beauté. Mais la beauté ne s’emporte pas sous le bras. La beauté n’est pas la toile. C’est l’étonnement que cette toile provoque chez celui qui la regarde. C’est la transformation silencieuse qui s’opère chez ceux qui s’arrêtent devant un chef-d’œuvre et oublient un instant tout le reste. Cela ne s’arrache pas d’un mur.
L’art a toujours eu cette capacité : faire ressortir le vertueux de l’hideux. De répondre à la violence par la création, à la soustraction par le don.
Quand on choisit d’ouvrir sa beauté au monde, on devient vulnérable. C’est le prix de la générosité. Mais subir la violence n’est pas une raison pour cesser de s’ouvrir, c’est au contraire une raison pour le faire encore plus.
Luigi Magnani aurait pu tout garder pour lui. Il a choisi de partager. C’est ce choix qui a fait de ce lieu ce qu’il est : un héritage pour tous. Aujourd’hui, nous reprenons ce même héritage et faisons le même choix. Ils veulent enfermer l’art dans un tiroir. Nous voulons le montrer à tous. La meilleure façon de répondre à ceux qui volent la beauté est de venir la voir à nouveau : de la raconter, de la partager.
La Fondation Magnani-Rocca est ouverte. L’exposition Il Simbolismo in Italia (plus de 150 œuvres, parmi les plus importantes de ces dernières années) se poursuit jusqu’au 28 juin. La collection permanente vous attend, blessée mais toujours merveilleuse.
Venez, emmenez quelqu’un avec vous. Ne l’abandonnons pas.
En ces heures, des milliers de personnes du monde entier qui aiment l’art, les belles choses et la culture nous demandent comment elles peuvent nous aider et nous faire sentir leur proximité.
La réponse est simple : faites ce que Luigi Magnani voulait. Venez partager la beauté. C’est le geste le plus concret, le plus puissant et le plus nécessaire qui soit.
Préserver la beauté et l’ouvrir au monde a toujours été un acte collectif.
Ceux qui dirigent cette fondation le font de manière totalement gratuite, au service de la communauté. Une fondation qui accueille chaque année des milliers d’enfants avec des programmes éducatifs gratuits, qui forme des enseignants, qui touche plus de 10 millions de personnes avec sa communication et qui a connu ces dernières années les plus fortes audiences de son histoire.
Cette communauté existe déjà et nous l’invitons aujourd’hui à s’agrandir encore.
Nous demandons aux institutions et aux entreprises qui partagent ces valeurs de se rapprocher. Il ne s’agit pas d’une réponse au vol, mais d’un choix de terrain. Aidez-nous à garder cette maison ouverte, à la faire connaître, à la faire vivre. Nous sommes en train de construire le programme Amici della Fondazione Magnani-Rocca : un espace pour ceux qui choisissent d’être du côté de la beauté, de manière structurelle et durable. Pour ceux qui veulent en savoir plus, nous sommes disponibles.
Aux journalistes et aux médias du monde entier qui nous ont contactés ces derniers jours, nous demandons une chose simple : venez. Non pas pour rendre compte du vol, mais pour découvrir ce qui existe, une histoire plus grande, plus ancienne et plus belle que n’importe quel crime.
Les dommages causés cette nuit-là sont des dommages au patrimoine culturel de tous les Italiens.
La beauté ne peut pas être piétinée. Venez la défendre.
Fondation Magnani-Rocca".
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| Vol à la Magnani-Rocca, appel au public : "Venez défendre la beauté". |
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