Martin Schongauer, au Louvre l'exposition sur le maître de la fin du Moyen Âge


Du 8 avril au 20 juillet 2026, une grande exposition au Louvre retrace la carrière et l'héritage de Martin Schongauer, artiste majeur entre le Moyen Âge et la Renaissance, à travers une centaine d'œuvres dont des gravures, des peintures et des dessins.

Surnommé “ Martin Schön ” ou “ le beau Martin ” par Albrecht Dürer, Martin Schongauer (Colmar, vers 1445 - Vieux-Brisach, 1491), l’un des plus grands peintres allemands du XVe siècle, revient sur le devant de la scène avec une grande exposition au Louvre du 8 avril au 20 juillet 2026, intitulée Martin Schongauer. Le bel immortel consacrée à l’un des protagonistes les plus influents et à la fois les plus méconnus de la fin du Moyen Âge européen. L’exposition, organisée par Pantxika Béguerie de Paepe et Hélène Grollemund, et construite autour d’un corpus d’une centaine d’œuvres, vise à restituer la complexité de la figure de Schongauer, peintre, dessinateur et surtout graveur d’une extraordinaire habileté. À travers un parcours articulé, le projet ne se contente pas de reconstituer sa production artistique, mais étudie également sa réception et son impact sur la culture visuelle européenne des siècles suivants, offrant une interprétation large et stratifiée de son héritage.

Né à Colmar vers 1445 et mort à Vieux-Brisach en 1491, Schongauer appartenait à une famille d’orfèvres, un milieu qui a probablement contribué à former sa sensibilité exceptionnelle pour le détail et la précision technique. Son activité s’est développée dans une période transitoire, marquée par la transition entre le monde médiéval et les nouvelles instances de la Renaissance, et s’est caractérisée par une capacité unique à combiner le raffinement formel et l’intensité narrative.

L’exposition est divisée en deux grandes sections. La première est consacrée à la vie et à l’œuvre de l’artiste, dont il reste peu de sources documentaires, mais dont l’important corpus témoigne d’une extraordinaire maturité expressive. Ses gravures, réalisées avec la technique du burin, révèlent une maîtrise impeccable du signe et une profonde compréhension de l’espace et de la profondeur, éléments qui lui permettent de dépasser les modèles précédents comme le Maestro ES, portant l’art de la gravure à des niveaux d’excellence jusqu’alors inégalés.

Martin Schongauer, La Vierge de la roseraie © Région Grand Est - Inventaire général, Bastien Garnier
Martin Schongauer, La Vierge de la roseraie © Région Grand Est - Inventaire général, Bastien Garnier
Martin Schongauer, L'encensoir © GrandPalaisRmn (musée du Louvre), Philippe Fuzeau
Martin Schongauer, L’encensoir © GrandPalaisRmn (musée du Louvre), Philippe Fuzeau
Martin Schongauer, Vierge folle © GrandPalaisRmn (musée du Louvre), Tony Querrec
Martin Schongauer, Vierge folle © GrandPalaisRmn (musée du Louvre), Tony Querrec
Martin Schongauer, Retable d'Orlier ouvert © Musée Unterlinden, Christian Kempf
Martin Schongauer, Retable ouvert d’Orlier © Musée Unterlinden, Christian Kempf
Martin Schongauer, Retable d'Orlier fermé © Musée Unterlinden, Christian Kempf
Martin Schongauer, Retable d’Orlier fermé © Musée Unterlinden, Christian Kempf
Martin Schongauer, Griffon © GrandPalaisRmn (musée du Louvre), Tony Querrec
Martin Schongauer, Griffon © GrandPalaisRmn (musée du Louvre), Tony Querrec
Martin Schongauer, Décor de volutes ornementales avec chouette effraie © GrandPalaisRmn (musée du Louvre), Tony Querrec
Martin Schongauer, Décor de volutes ornementales avec chouette effraie © GrandPalaisRmn (musée du Louvre), Tony Querrec

Le dialogue avec la grande peinture des Pays-Bas méridionaux, en particulier avec des figures comme Rogier van der Weyden, mais aussi avec le milieu artistique de Nuremberg, ville que Schongauer aurait fréquentée lors d’un voyage qu’il aurait effectué entre 1465 et 1470 environ, apparaît dès ses premières œuvres. Cette ouverture internationale contribue à définir un langage visuel capable de franchir les frontières géographiques et culturelles.

Outre les gravures, l’exposition présente un rare et précieux noyau de peintures, parmi lesquelles des retables et des panneaux destinés à la dévotion privée. Parmi elles, la célèbre Vierge à la roseraie de 1473, unique tableau daté de l’artiste et considéré comme l’un des sommets de sa production. Dans ces œuvres, une attention particulière est accordée à la représentation de la figure humaine et de l’environnement, caractérisée par un rendu méticuleux des détails ornementaux et naturalistes.

Les petits panneaux destinés à la dévotion domestique introduisent une nouvelle dimension intime dans la relation entre la Vierge et l’Enfant, en soulignant la sérénité des scènes et le rôle central de la figure mariale. En revanche, les grands ensembles picturaux commandés par les institutions religieuses, placés à l’origine dans les églises de Colmar ou d’Issenheim, témoignent d’une production destinée à l’espace public et à l’usage collectif, et sont peu visibles aujourd’hui en dehors du contexte alsacien.

Mais c’est dans le domaine de lagravure que Schongauer atteint le sommet de son art. Son extraordinaire maîtrise technique s’allie à une profonde connaissance des sources religieuses, notamment des textes apocryphes et des commentaires sur la vie des saints, pour donner naissance à des images d’une grande puissance narrative et symbolique. Ses œuvres vont des sujets sacrés aux thèmes fantastiques, animaliers et décoratifs, révélant une polyvalence qui lui permet de s’adresser à un public large et diversifié.

Martin Schongauer, Bénédiction du Christ © Cabinet photographique des galeries des Offices
Martin Schongauer, Bénédiction du Christ © Cabinet photographique des galeries des Offices
Martin Schongauer, Baiser de Judas CC BY-SA 4.0 Musée historique de Bâle, Peter Portner
Martin Schongauer, Baiser de Judas CC BY-SA 4.0 Musée historique de Bâle, Peter Portner
Martin Schongauer, La mort de la Vierge © GrandPalaisRmn (musée du Louvre), Tony Querrec
Martin Schongauer, La mort de la Vierge © GrandPalaisRmn (musée du Louvre), Tony Querrec
Plaque, Mort de la Vierge © The Trustees of the British Museum
Plaque, La mort de la Vierge © The Trustees of the British Museum
Martin Schongauer, Saint Antoine tourmenté par les démons © GrandPalaisRmn (musée du Louvre), Gabriel De Carvalho
Martin Schongauer, Saint Antoine tourmenté par les démons © GrandPalaisRmn (musée du Louvre), Gabriel De Carvalho
Martin Schongauer, La grande procession de la croix © GrandPalaisRmn (musée du Louvre), Gabriel De Carvalho
Martin Schongauer, La grande procession de la croix © GrandPalaisRmn (musée du Louvre), Gabriel De Carvalho
Federico Zuchi, Composition dédiée à la Sainte-Croix © GrandPalaisRmn (musée du Louvre), Philippe Fuzeau
Federico Zuchi, Composition dédiée à la Sainte Croix © GrandPalaisRmn (musée du Louvre), Philippe Fuzeau
Le Maître du Grand Front, Scènes de la Passion CC0 Paris Musées, Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
Le Maître du Grand Front, Scènes de la Passion CC0 Paris Musées, Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris

La seconde partie de l’exposition est consacrée à l’héritage de l’artiste, mettant en lumière la diffusion et l’influence de ses gravures dans le paysage européen entre la fin du XVe et le XVIIe siècle. En effet, après sa mort, les œuvres de Schongauer ont continué à exercer une forte attraction sur les artistes de différentes zones géographiques, de l’Italie à l’Espagne, de la France à la Bohême. Dessins, peintures, gravures, livres et objets d’art témoignent d’une large diffusion de ses modèles iconographiques, souvent réinterprétés avec plus ou moins de liberté.

La sélection présentée dans l’exposition, choisie parmi plus d’un millier d’œuvres liées à son influence, restitue l’ampleur de ce phénomène, soulignant comment le langage visuel de Schongauer a contribué à façonner l’imaginaire européen bien au-delà des frontières du Saint Empire romain germanique. Une persistance qui justifie pleinement le qualificatif d’“immortel” qui lui a été attribué et qui trouve aujourd’hui une nouvelle confirmation dans cette exposition.

Dans un contexte historique où l’art de l’imprimerie transformait le mode de diffusion des images, Schongauer est apparu comme une figure centrale, capable d’anticiper des dynamiques qui allaient devenir fondamentales au cours des siècles suivants. L’exposition offre donc non seulement l’occasion de redécouvrir un grand maître, mais aussi de réfléchir aux origines de la culture visuelle moderne et au rôle de l’image dans la construction de l’expérience artistique.

Martin Schongauer, au Louvre l'exposition sur le maître de la fin du Moyen Âge
Martin Schongauer, au Louvre l'exposition sur le maître de la fin du Moyen Âge



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