Une cabane métaphysique sur la mer. Intervention de Luca Bertolo pour Hypermaremma


La huitième édition d'Hypermaremma s'ouvre avec Osservatorio M1, une installation itinérante de Luca Bertolo entre Ansedonia et Talamone, une œuvre qui réfléchit au concept d'horizon et de refuge le long de la côte de la Maremme.

La huitième édition d’Hypermaremma débute le samedi 4 avril 2026, inaugurant la nouvelle saison avec le projet Osservatorio M1 de Luca Bertolo (Milan, 1968). Le rendez-vous est fixé à 11h30 sur la plage de La Torba (également connue sous le nom de “Playa La Torba”), à Ansedonia, le long de la côte de la Maremme, dans un contexte naturel caractérisé par des dunes, une végétation spontanée et des présences archéologiques. Le projet, parrainé par la municipalité d’Orbetello, marque le début d’un itinéraire d’exposition qui se poursuivra jusqu’au 31 août 2026 à travers trois étapes différentes : Playa La Torba à Ansedonia du 4 avril au 31 mai, la Tagliata Etrusca, également à Ansedonia, en juin et juillet, et enfin la Spiaggia della Puntata à Talamone au mois d’août. Un itinéraire qui transforme l’œuvre en une présence mobile, capable de traverser le paysage et de dialoguer avec des lieux moins connus mais significatifs de la côte.

L’Osservatorio M1 se présente comme une structure à la fois essentielle et évocatrice : une petite construction en bois placée sur une dune, au milieu de buissons d’hélichrysum, de baccherone et de lys de mer, plantes typiques de cette région, à proximité de vestiges archéologiques. La forme rappelle celle des cabanes de bain, mais réinterprétée de manière imaginative, comme si elle avait été dessinée par un enfant ou un artiste du début du XXe siècle. La structure repose sur deux roues et est décorée de rayures, un rappel visuel qui évoque l’architecture historique et les suggestions picturales.

Luca Bertolo, Observatoire M1 (2026). Photo : Daniele Molajoli. Avec l'aimable autorisation de l'artiste et d'Hypermaremma.
Luca Bertolo, Observatoire M1 (2026). Photo : Daniele Molajoli. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et d’Hypermaremma.
Luca Bertolo, Observatoire M1 (2026). Photo : Daniele Molajoli. Avec l'aimable autorisation de l'artiste et d'Hypermaremma.
Luca Bertolo, Observatoire M1 (2026). Photo : Daniele Molajoli. Avec l’autorisation de l’artiste et d’Hypermaremma.
Luca Bertolo, Observatoire M1 (2026). Photo : Daniele Molajoli. Avec l'aimable autorisation de l'artiste et d'Hypermaremma.
Luca Bertolo, Observatoire M1 (2026). Photo : Daniele Molajoli. Avec l’autorisation de l’artiste et d’Hypermaremma.

À côté du bâtiment se dresse un mât avec un drapeau blanc, tandis qu’un petit télescope, semblable à un viseur, émerge du mur orienté vers le sud. L’appareil est accessible en montant deux marches et permet au visiteur d’observer un seul point : l’horizon. Le viseur, fixe, n’offre aucune possibilité de déviation, imposant un regard concentré et continu vers cette fine ligne séparant le ciel et la mer.

Le projet se développe autour d’une réflexion sur le thème de l’horizon, entendu comme limite et possibilité. L’acte de regarder dans cette direction renvoie symboliquement à des moments cruciaux de l’histoire, comme le voyage de Christophe Colomb qui, le 12 octobre 1492, identifia la perspective d’un “Nouveau Monde” en pleine mer. Dans cette perspective, l’horizon devient un espace de projection, un lieu mental où imaginer des scénarios futurs et des alternatives possibles.

Parallèlement à ce thème, l’œuvre introduit celui de l’architecture du refuge, élément fondamental de l’histoire humaine et de la tradition artistique. La structure conçue par Bertolo est configurée comme un abri minimal, une construction éphémère et mobile qui devient à la fois un espace physique et un dispositif mental. Un point d’observation qui nous invite à ralentir et à reconsidérer la relation entre l’individu, le paysage et le temps.

Le projet inaugure la saison Hypermaremma sur un ton intime et réfléchi, en accord avec la pratique artistique de Bertolo qui, depuis des années, s’interroge sur le rapport entre image et réalité, entre perception et matérialité. L’œuvre entend offrir un regard multiple sur un seul point, suggérant une réflexion sur la façon dont nous observons le monde, souvent conditionnée par la nécessité de se concentrer sur des objectifs précis. L’intervention se veut également un hommage à une tradition artistique plus large, rappelant des références allant de la peinture romantique de Caspar David Friedrich aux atmosphères métaphysiques de Giorgio De Chirico, en passant par les architectures idéales d’Aldo Rossi. On trouve également des références à Carlo Carrà, Giovanni Anselmo et Alberto Garutti, ainsi qu’un dialogue possible avec les avant-gardes historiques, notamment l’interprétation de la Victoire sur le soleil par Kazimir Malevič. La dimension littéraire est également présente dans le projet, comme le suggère la référence à Dino Buzzati et à son roman Le désert des Tartares, évoqué comme une clé pour comprendre le sentiment d’attente et de suspension qui traverse l’œuvre.

Luca Bertolo, Observatoire M1 (2026). Photo : Daniele Molajoli. Avec l'aimable autorisation de l'artiste et d'Hypermaremma.
Luca Bertolo, Observatoire M1 (2026). Photo : Daniele Molajoli. Avec l’autorisation de l’artiste et d’Hypermaremma.
Luca Bertolo, Observatoire M1 (2026). Photo : Daniele Molajoli. Avec l'aimable autorisation de l'artiste et d'Hypermaremma.
Luca Bertolo, Observatoire M1 (2026). Photo : Daniele Molajoli. Avec l’autorisation de l’artiste et d’Hypermaremma.
Luca Bertolo, Observatoire M1 (2026). Photo : Daniele Molajoli. Avec l'aimable autorisation de l'artiste et d'Hypermaremma.
Luca Bertolo, Observatoire M1 (2026). Photo : Daniele Molajoli. Avec l’autorisation de l’artiste et d’Hypermaremma.
Luca Bertolo, Observatoire M1 (2026). Photo : Daniele Molajoli. Avec l'aimable autorisation de l'artiste et d'Hypermaremma.
Luca Bertolo, Observatoire M1 (2026). Photo : Daniele Molajoli. Avec l’autorisation de l’artiste et d’Hypermaremma.

La décision de rendre l’installation itinérante répond au désir de construire un parcours à la fois réel et symbolique. Le déplacement entre les trois lieux de la côte de la Maremme ne représente pas seulement un changement de décor, mais devient partie intégrante du projet, qui vise à mettre en valeur des lieux moins emblématiques et à créer une relation dynamique entre l’œuvre et le territoire.

Né à Milan en 1968, Luca Bertolo vit et travaille à Seravezza et enseigne la peinture à l’Académie des beaux-arts de Bologne depuis 2015. Ses recherches portent sur le potentiel de l’espace pictural, compris à la fois comme une dimension physique et comme une sphère conceptuelle. Dans sa pratique, la peinture se transforme en un dispositif ouvert, capable d’accueillir de multiples niveaux d’interprétation et de dialoguer avec différentes sphères, de la philosophie à la littérature. Au cours de sa carrière, il a exposé dans de nombreuses institutions publiques et privées, notamment au Mart de Rovereto, au Palazzo delle Esposizioni de Rome, à l’Institut culturel italien de Madrid, au Centre européen d’actions artistiques contemporaines de Strasbourg, au MAN de Nuoro, à l’Arcade de Londres, au Marc Foxx de Los Angeles, à la Fondazione Prada de Milan, au GAM de Turin, à la Galleria Nazionale de Rome, au Palazzo Collicola de Spoleto, au Centro Pecci de Prato et au Macro de Rome.

Avec Osservatorio M1, Bertolo ouvre la nouvelle saison d’Hypermaremma en proposant une œuvre qui allie simplicité formelle et profondeur conceptuelle. Un dispositif minimal qui nous invite à regarder loin, mais aussi à nous interroger sur le présent, transformant le geste d’observation en une expérience consciente et partagée.

Une cabane métaphysique sur la mer. Intervention de Luca Bertolo pour Hypermaremma
Une cabane métaphysique sur la mer. Intervention de Luca Bertolo pour Hypermaremma



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