Des miettes pour la culture. Si le gouvernement supprime 90 % de la planification stratégique du MiC


Il y a deux mois, les allocations du FSC pour le ministère de la Culture (cycle 2021-2027) ont été approuvées : il s'agit de ressources cruciales pour la planification stratégique du MiC. Par rapport au cycle précédent, le MiC a reçu 90 % de ressources en moins. Mais il s'agit d'argent essentiel pour des investissements majeurs : comme Pompéi, la Reggia di Caserta, et le Corridor de Vasari. L'article de Federico Giannini.

Des miettes pour la culture : une réduction de 90%, soit 182 millions d’euros au lieu de plus de 1,7 milliard, sur la plus grande partie de la planification stratégique du ministère de la culture, c’est-à-dire sur les ressources du Fonds pour le développement et la cohésion (FSC) : des dotations qui, au cours des dix dernières années, ont permis la réalisation d’importants travaux tels que la rénovation du Musée archéologique national de Naples, la restauration de la Reggia di Caserta, une partie des plans du Grand Pompéi, la restauration du complexe de Santa Maria della Scala à Sienne, la transformation et l’ouverture du Corridor Vasari, les programmes de conservation du Palazzo Ducale de Mantoue et sa mise en valeur muséographique, et bien d’autres choses encore. La nouvelle est plutôt récente : il s’agit de l’affectation du FSC attribué au Ministère de la Culture qui, suite à l’Accordo per la Coesione signé le 31 octobre dernier entre la Première Ministre Giorgia Meloni et le Ministre de la Culture Alessandro Giuli(voici le texte), a reçu une dotation de seulement 182 millions d’euros, entre FSC et cofinancement : sur ces 182 millions, 104,5 concernent l’achèvement d’interventions déjà programmées, tandis qu’une soixantaine ont été affectés à une ligne d’action intitulée “Requalification culturelle et sociale des contextes urbains difficiles” (en substance, ils iront aux banlieues). En outre, 6,8 millions d’euros seront consacrés à l’assistance technique aux entités impliquées dans la programmation. Ces 182 millions ne représentent que 10 % de la dotation que le ministère avait obtenue du même fonds lors du cycle précédent. Il s’agit, comme nous le verrons plus loin, d’une somme qui n’a pas été établie lors de l’accord, mais la substance ne change pas.

Entre-temps, une petite parenthèse pour situer le sujet. Le Fonds pour le développement et la cohésion est, avec les Fonds structurels européens, comme on peut le lire sur le site web de l’Agence pour la cohésion territoriale, le “principal instrument financier par lequel sont mises en œuvre les politiques de développement de la cohésion économique, sociale et territoriale et d’élimination des déséquilibres économiques et sociaux, conformément à l’article 119, paragraphe 5, de la Constitution italienne et à l’article 174 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne”. L’article 119, cinquième alinéa, de la Constitution dispose que l’État affecte des ressources supplémentaires en faveur des communes, des provinces, des villes métropolitaines et des régions lorsque cela est nécessaire pour éliminer les déséquilibres économiques et sociaux, tandis que l’article 174 du traité dispose que l’Union vise à réduire l’écart entre les niveaux de développement des diverses régions d’Europe et le retard des régions les moins favorisées. Il s’ensuit que le Fonds est essentiel pour le développement de l’Italie méridionale, à tel point que la majeure partie des interventions que le ministère de la culture a entreprises ces dernières années avec la dotation du FSC ont concerné des sites des régions méridionales (la loi prévoit d’ailleurs que 80 % des fonds doivent aller aux zones méridionales, le reste étant destiné au centre-nord). Le FSC a un caractère pluriannuel et sa programmation est divisée en cycles de sept ans : le cycle actuel est celui de 2021-2027 et disposait d’une dotation initiale de 50 milliards d’euros (refinancée ensuite par la loi de finances 2022 et augmentée de 23,5 milliards), tandis que le précédent, 2014-2020, disposait d’une dotation initiale de 54,8 milliards d’euros. Il convient de préciser immédiatement que les ressources ne sont pas toutes dépensées au cours de la période de sept ans : le cycle actuel, par exemple, prévoyait initialement des dépenses de 4 milliards pour 2021, de 5 milliards par an pour toutes les années de 2022 à 2029 et de 6 milliards pour 2030 (augmentées ensuite de 3 milliards pour chacune des années de 2022 à 2028 et de 2,5 milliards pour 2029). À ce stade, il est utile d’anticiper que, par rapport aux 182 millions attribués au ministère des Biens culturels dans le cadre de l’actuel FSC, le Collège romain avait réussi à obtenir, lors du cycle précédent, environ 1,740 milliard d’euros, montant qui a ensuite été légèrement réduit lorsque le tourisme a été séparé du patrimoine culturel et que les ressources destinées aux interventions touristiques ont donc été réaffectées au nouveau ministère. Nous pouvons donc répéter brutalement que le MiC a reçu, pour ce cycle, les miettes de ce qu’il avait obtenu pour le FSC 2014-2020.

Mantoue, Palais Ducal. Photo : Palais Ducal
Mantoue, Palais Ducal, façade. Photo : Palazzo Ducale
Le parc du palais royal de Caserte. Photo : Miguel Hermoso Cuesta
Le parc du palais royal de Caserte. Photo : Miguel Hermoso Cuesta
Corridor de Vasari. Photo : Galerie des Offices
Le couloir de Vasari. Photo : Galerie des Offices

Le sujet est assez conséquent, mais pour comprendre ce qui est arrivé au ministère de la Culture, il est possible de faire quelques simplifications, en gardant à l’esprit que les instruments d’allocation des ressources fournies par le FSC ont subi plusieurs changements au cours des dernières années. Le gouvernement Conte I, avec le décret-loi 34 du 30 avril 2019 (article 44), a créé l ’institution des Plans de développement et de cohésion (PSC), c’est-à-dire l’outil de programmation des ressources, créé pour systématiser et donner ordre et unité aux allocations qui étaient auparavant attribuées par des résolutions du CIPE (Comité interministériel pour la planification économique, qui deviendra en 2021 le CIPESS, c’est-à-dire Comitato Interministeriale per la Programmazione Economica e lo Sviluppo Sostenibile) : il s’agit d’un organe dépendant de la présidence du conseil des ministres et composé du président du conseil, qui le préside, et des ministres de l’économie, des affaires étrangères, du développement économique, de l’agriculture, des infrastructures, du travail et de l’environnement) contre la présentation des plans individuels (pour des interventions uniques ou des groupes d’interventions) des différentes administrations centrales et locales : les CSP ont servi à simplifier les programmes et à rationaliser les procédures, et surtout à rassembler les nombreux plans et outils de programmation qui avaient été utilisés jusqu’à cette année-là pour allouer les ressources du FSC en un seul plan pour chaque administration. Chaque DSP devait être approuvé par la CIPESS par voie de résolution. En 2021, la CIPESS a approuvé le Plan de développement et de cohésion du ministère de la Culture, par la résolution n° 7 de cette année-là : le plan présenté par le ministère de la Culture reclassait tous les outils de programmation utilisés jusqu’alors pour allouer les ressources du FSC, pour un montant total de 1,737,41 milliard d’euros, somme approuvée par la CIPESS. Ce montant a ensuite été légèrement revu à la baisse : avec la résolution n° 59 du CIPESS de 2021, 46 millions d’euros ont été transférés au ministère du Tourisme, et 100 millions supplémentaires ont été transférés au tourisme en 2022, avec la résolution n° 45 du CIPESS, de sorte qu’au final, le ministère de la Culture s’est retrouvé avec une dotation totale de 1 590,57 millions d’euros, soit près de 1,6 milliards d’euros. Avec cet argent, il a été possible de financer les interventions mentionnées au début : ceux qui souhaitent les voir toutes peuvent en trouver la liste complète sur le site web de la planification stratégique du ministère.

Pour le cycle 2021-2027, la situation a changé : le gouvernement Meloni, avec le décret-loi n°. 124 de 2023, a remplacé les DSP par les accords de cohésion, c’est-à-dire des accords définis entre les administrations bénéficiaires des ressources et le ministre des Affaires européennes, du Sud, des Politiques de cohésion et du PNRR, et qui fixent les objectifs de développement, la spécification des interventions et des lignes d’action possibles, le calendrier de procédure, le plan financier et ainsi de suite, le tout étant ensuite toujours approuvé par résolution de la CIPESS. L’accord a introduit un changement substantiel dans la procédure, c’est-à-dire que le gouvernement, avec la nouvelle structure, a opéré une “réduction des espaces d’action administrative dans les mains des administrations centrales et régionales”, obligeant les ministères et les régions “à s’accommoder d’un niveau résolument renforcé de coordination centrale” (comme indiqué dans l’essai La sfida dell’integrazione tra approccio PNRR e governance dei fondi strutturali d’Anna Teselli). Les accords avec les ministères ont ensuite été signés par le Premier ministre Giorgia Meloni en octobre dernier.

Il est utile à ce stade de comparer les ventilations des deux cycles. Les tableaux les plus compréhensibles pour le cycle 2014-2020 se trouvent sur le site de l’Agence pour la cohésion territoriale, tandis que les tableaux les plus conviviaux pour le cycle 2021-2027 se trouvent sur le site de la Chambre des députés. En comparant les tableaux, une différence importante apparaît immédiatement (par commodité, nous ne tiendrons compte que des fonds alloués aux régions et aux administrations centrales, excluant ainsi les villes métropolitaines) : alors que dans le cycle précédent, le FSC a donné environ 30 milliards d’euros aux administrations centrales et environ 15 aux régions, le cycle actuel a presque littéralement inversé les allocations, avec environ 30 milliards aux régions et 15 aux administrations centrales (il s’ensuit, par conséquent, que de nombreuses interventions culturelles seront, du moins on le suppose, de la responsabilité des administrations régionales). Ce renversement est principalement dû au fait que la majeure partie des fonds du PNRR est gérée par les administrations centrales. Le problème est que, dans la diminution générale des ressources du FSC qui a touché presque tous les ministères, le ministère de la culture est celui qui a été le plus massacré par les propositions d’allocation soumises au CIPESS et les accords signés avec le Premier ministre. Seuls trois ministères ont obtenu des augmentations : Les sports, qui sont passés de 250 millions dans le cycle précédent à 400 millions dans le cycle actuel ; le tourisme (de 46,84 à 121,1) ; et l’éducation qui a reçu 360 millions contre 60 millions dans le cycle 2014-2020 (même si, en réalité, il s’agit d’une baisse substantielle, puisque pour le cycle précédent, l’éducation pouvait compter sur 425 millions supplémentaires du cycle 2007-2013, le seul cas avec le MiC, qui avait 1,614 milliard du cycle 2014-2020 et 76 millions supplémentaires du cycle 2007-2013). En ce qui concerne les autres ministères, aucun n’a subi une réduction de 90 % (89,35 pour être précis) comme celle qui a affecté le MiC. La réduction moyenne, hors MiC, est de 65 %. Le ministère le mieux loti est celui des Infrastructures, qui voit ses dotations divisées par deux : de 16,9 milliards à 7,9. Il est suivi par la Santé (de 200 millions à 90), l’Environnement (de 3,5 milliards à 1,1), le Développement économique (de 7,1 milliards à 2,2), les MiC (de 1 milliard à 306 millions) et l’Agriculture (de 542 millions à 113). Et entre l’agriculture et les MiC, il y a encore un écart de 10 points de pourcentage sur la réduction. Si le MiC avait bénéficié d’une réduction moyenne par rapport aux autres, le ministre Giuli aurait obtenu près de 600 millions au lieu des 180 millions actuels : il s’agit toujours d’un tiers des ressources du cycle précédent, mais ce ne serait certainement pas les miettes que le MiC a reçues. Pour offrir un terme de comparaison, le plan stratégique “Grands projets du patrimoine culturel”, lancé en 2014, disposait au cours de ses dix premières années d’existence de ressources de 828 millions d’euros qui ont servi à financer 171 interventions.

Il a été dit qu’il ne s’agissait pas d’un chiffre établi au cours de l’accord : l’allocation des ressources aux administrations centrales a été décidée par la résolution CIPESS no. 77 de 2024, sur la base d’une proposition du ministre des Affaires européennes, du Sud, des Politiques de cohésion et du Programme national de réforme (Raffaele Fitto à l’époque) approuvée par la CIPESS elle-même (pour le cycle précédent, en revanche, la proposition avait été formulée par le sous-secrétaire à la Présidence du Conseil, qui était l’autorité politique pour la cohésion à l’époque). La proposition du ministre Fitto, lit-on dans la résolution, a été faite en tenant compte des administrations traditionnellement bénéficiaires des ressources du FSC, des ressources déjà allouées dans le PNRR, le Plan national complémentaire et les programmes européens, ainsi que des “priorités stratégiques spécifiques telles que, par exemple, les investissements pour l’amélioration de la qualité de vie des personnes handicapées, pour le renforcement de la surveillance et de l’action publique, pour l’amélioration de la qualité de vie des personnes handicapées”.pour le renforcement des systèmes de surveillance et de sécurité publique et la numérisation des archives, pour les politiques de protection civile, pour les interventions visant à construire des installations sportives dans les zones dégradées, y compris dans les oratoires, dans le but de lutter contre la dispersion des jeunes, et pour le renforcement de l’initiative du ministère des affaires étrangères et de la coopération internationale intitulée “Tourisme des racines”". En résumé, il ressort clairement de cette résolution que la culture ne figure pas parmi les principales priorités de l’agenda du gouvernement Meloni : nous nous trouvons dans une situation totalement différente de celle des saisons passées, lorsque les différentes priorités des gouvernements précédents et l’autorité politique de Dario Franceschini, à la tête du Collegio Romano avec quatre gouvernements différents, ont permis au ministère de la culture d’avoir un poids jusqu’ici inégalé dans l’histoire récente.

Ministère de la Culture. Photo : Finestre sull'Arte
Ministère de la Culture. Photo : Finestre sull’Arte

On pourrait penser à ce stade qu’il y a des circonstances atténuantes, appelées PNRR et programmes européens, c’est-à-dire : peut-être que le MiC a reçu si peu parce qu’il avait reçu beaucoup auparavant. En réalité, si l’on fait la comparaison avec d’autres ministères qui ont reçu des sommes importantes du PNRR, on ne retrouve pas la même linéarité. Une comparaison côte à côte entre Culture, Santé et Entreprise (anciennement Développement économique) montre que les trois ministères gèrent des parts du PNRR de 4,2 milliards, 15,63 milliards et 28,842 milliards respectivement, contre des réductions du FSC de89,35%, 55% et 68,41% respectivement (la Santé a reçu des fonds FSC de 90 millions d’euros, contre 200 dans le cycle précédent, tandis que Mimit 2,250 milliards contre 7,124 dans le cycle 2014-2020), et par rapport à des budgets d’environ 3, 2,5 (auxquels il faut ajouter l’important fonds national de santé, qui est toutefois réparti entre les collectivités locales : Le budget de l’UE est d’environ 140 milliards d’euros) et de 15 milliards d’euros. En ce qui concerne les fonds du FEDER, le MiC s’est vu accorder un peu moins de 200 millions de plus pour le cycle 2021-2027 que pour le précédent (pour un total de 648,33 millions d’euros) : avec ces ressources, le MiC soutient le Plan national pour la culture. En bref, il semble assez clair que les raisons des 182 millions de ressources du FSC au ministère de la Culture sont purement politiques.

Pour donner une idée de l’ampleur du phénomène, quelques exemples suffisent : pour l’achèvement de la restauration du Palazzo Barberini, le Plan de développement et de cohésion a débloqué 8,7 millions d’euros, 19,7 autres ont été utilisés pour réparer le parc de Paestum et Velia, et les travaux de la Reggia di Caserta ont été financés à hauteur de 39,5 millions d’euros. Le CSP a permis de soutenir environ 120 interventions. Certes, toutes n’ont pas bénéficié des montants garantis pour la Reggia di Caserta (mais il y a eu aussi des dotations beaucoup plus importantes : la prison de Santo Stefano à Ventotene a reçu 70 millions d’euros, et 90 ont été alloués au centre historique de Naples), mais même avec des plans individuels plus modestes, il a été possible de mettre en route des chantiers très importants. Avec les 180 millions d’euros résultant de l’accord entre Giuli et Meloni, en revanche, rien n’a pu être fait. Et “rien” est à prendre au sens littéral, car si 100 millions seront utilisés pour achever les travaux du cycle précédent et que le reste ira à la banlieue, il n’y aura pas de ressources du FSC pour les interventions sur les monuments, les centres historiques, les sites archéologiques, les musées et le patrimoine culturel en général.

Les sommes accordées au MiC ne sont pas immuables : elles peuvent être complétées, remodelées, refinancées par des résolutions du CIPESS et divers actes complémentaires, comme cela a déjà été fait dans le passé. Le problème est qu’il est difficile d’imaginer des déviations et des renégociations majeures, car le FSC 2021-2027 est déjà fortement engagé et a apparemment d’autres priorités politiques que la culture. Les ajouts éventuels dépendront essentiellement de la disponibilité résiduelle du FSC. Et ils dépendront surtout de facteurs purement politiques. Le problème est que si la culture (du moins si elle est comprise comme un élément de la cohésion nationale, étant donné la nature de ces fonds) ne devient pas une des priorités du gouvernement Meloni, il n’y aura pas grand-chose à faire. Une réduction de 90% par rapport à une moyenne de 65% est probablement une indication assez claire : Il faudra alors espérer dans la capacité de négociation du ministre, qui devra démontrer que son action est basée sur une vision stratégique (rappelons que les presque 2 milliards du cycle précédent sont arrivés en même temps que la saison des réformes Franceschini, historiques puisqu’elles ont radicalement changé le visage du ministère, quel que soit le degré d’appréciation qu’elles ont pu susciter).d’appréciation qu’elles ont pu susciter), défendre politiquement son secteur et l’importance des investissements dans ses sites, et enfin démontrer que chaque centime des ressources allouées au ministère de la Culture est un centime bien dépensé, si la culture veut espérer arracher quelques millions d’euros supplémentaires.


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