Comment des archives transforment 90 ans d'histoire en une émotion visuelle


Comment un service d'archives fait-il vivre son sujet ? C'est ce que nous explique Ilaria Pescini, responsable des archives de la Région Toscane, à propos de la Foire de l'artisanat, qui fête ses 90 ans. De la naissance de l'Ente Mostra en 1938 aux défis de la numérisation, voici comment le patrimoine documentaire devient un outil vivant pour interpréter les transformations productives, culturelles et sociales.

Avec la nouvelle édition de La Mostra in mostra. Novant’anni tra storia e futuro (Quatre-vingt-dix ans entre histoire et avenir), qui se tiendra à Florence à partir du 25 avril 2026 à la Fortezza da Basso (Florence), l’histoire de la Foire de l’Artisanat se confronte à un anniversaire qui exige une interprétation de son patrimoine documentaire. La contribution d’Ilaria Pescini, responsable du système documentaire et des archives de la Région Toscane, s’inscrit dans ce parcours, appelée à restituer le sens d’une histoire qui s’étend sur près d’un siècle de transformations productives, culturelles et institutionnelles. L’archiviste coordonne le bureau qui s’occupe à la fois du système documentaire des archives numériques, lié à la documentation produite aujourd’hui par les bureaux régionaux dans l’exercice de leurs fonctions, et de la conservation des archives historiques sur papier, constituées au fil des décennies par les administrations locales. Inséré dans le département des systèmes d’information de la région de Toscane, son travail se développe entre mémoire et futur : d’une part la protection des documents historiques, d’autre part la gestion de ce qui deviendra demain le patrimoine archivistique. Une activité qui nécessite la sélection, l’étude, la description et la valorisation des sources, la reconstitution de leur provenance, de leurs fonctions et de leurs relations internes.

Ilaria Pescini a été vice-présidente de l’Association nationale italienne des archives, a participé à des panels nationaux et à des groupes de travail sur les questions d’archives et a enseigné l’archivistique informatique à l’université de Pise, contribuant ainsi à la formation de nouvelles compétences dans ce domaine. Son activité scientifique se reflète dans de nombreuses publications dans des revues italiennes et internationales et dans des volumes collectifs, avec un accent particulier sur la description et l’interprétation des fonds historiques. Parmi ses travaux figurent l’inventaire desarchives historiques de la commune de San Casciano Val di Pesa et desarchives de la commune de Castelfiorentino, publiées par Olschki Editore dans la série consacrée à la valorisation des sources toscanes. Dans cette interview, Pescini présente une réflexion sur la valeur des archives en tant qu’outil vivant pour l’interprétation de l’exposition artisanale, en soulignant le rapport entre les sources et les transformations de l’artisanat au fil du temps, jusqu’aux possibilités les plus récentes offertes par la numérisation et les systèmes intelligents de gestion des documents.

Ilaria Pescini
Ilaria Pescini

NC. Vous êtes responsable du système documentaire et des archives de la région de Toscane. Quelles sont les principales activités de gestion des archives et comment organisez-vous votre travail de gestion et de protection du patrimoine documentaire de l’organisme ?

IP. Le bureau dont je coordonne les activités s’occupe du système documentaire des archives numériques, c’est-à-dire de toute la documentation produite aujourd’hui par les bureaux régionaux dans l’exercice de leurs fonctions. Parallèlement, il s’occupe également de la conservation des archives historiques sur papier, c’est-à-dire de la documentation accumulée au fil des années et des décennies par les bureaux de la région et au-delà. D’un point de vue organisationnel, le bureau fait partie du département des systèmes d’information de la région de Toscane. Que faisons-nous ? En ce qui concerne la partie historique des archives, au sens le plus traditionnel du terme, nous avons pour mission de conserver et de valoriser la documentation. Les archivistes se définissent volontiers comme un Janus à deux visages : d’une part, ils se tournent vers le passé, à travers les documents historiques qu’ils conservent ; d’autre part, ils se tournent vers l’avenir, à travers la documentation qui est produite aujourd’hui et qui, demain, deviendra à son tour une mémoire historique. C’est précisément la fonction de notre bureau. Nous sommes en interface quotidienne avec tous les bureaux régionaux, collectant la documentation produite qui, une fois transférée physiquement, est stockée dans nos archives historiques. La première étape consiste à sélectionner le matériel qui doit être conservé en tant que mémoire permanente, à la disposition de la communauté et des citoyens de demain. Une fois que nous avons déterminé quels documents doivent être conservés, nous procédons à une description précise et à une étude approfondie du matériel : nous analysons comment il a été produit, par qui, dans quel but et quelles sont les relations avec d’autres documents dans nos archives. Aujourd’hui, tout cela constitue un patrimoine documentaire qui occupe près de 30 kilomètres linéaires de rayonnages, répartis dans trois entrepôts situés entre Florence et Grosseto. Bien sûr, la conservation signifie aussi l’accessibilité. C’est pourquoi nous mettons la documentation à la disposition des citoyens et des chercheurs grâce aux salles d’étude, où nous accueillons nos utilisateurs, et nous promouvons des projets de valorisation. Parmi ceux-ci, les projets de numérisation du matériel papier sont particulièrement importants en ce moment. Ils sont également menés en collaboration avec d’autres directions de l’administration régionale, notamment la direction de la culture. L’objectif est d’améliorer les méthodes de gestion et d’assurer une utilisation efficace du patrimoine archivistique. En effet, les archives représentent la mémoire d’une administration, la mémoire d’une société et l’identité même d’une communauté. Elles sont aussi le lieu de la protection des droits des citoyens et c’est précisément pour cette raison qu’elles doivent être préservées et transmises aux générations futures.

Foire artisanale de Florence, années 1950.
Exposition sur l’artisanat à Florence, années 1950. Photo : Archives historiques de la région de Toscane
Foire artisanale de Florence, années 1950.
Foire artisanale de Florence, années 1950. Photo : Archives historiques de la région de Toscane
Pavillon Spadolini, années 1970.
Pavillon Spadolini, années 1970. Photo : Archives historiques de la région de Toscane
Foire artisanale de Florence, années 1980.
Foire artisanale de Florence, années 1980. Photo : Archives historiques de la région de Toscane

L’exposition on show.Quatre-vingt-dix ans entre histoire et futur revient à Florence le 25 avril 2026 avec un anniversaire important. Selon vous, en tant que responsable du système documentaire et des archives de la région de Toscane, en quoi la nouvelle édition change-t-elle les perspectives par rapport aux précédentes et que signifie aujourd’hui le fait de raconter quatre-vingt-dix ans d’artisanat à travers les archives ?

L’exposition sur l’artisanat, qui en est à sa 90e édition, est un événement important. Déjà en 2016, à l’occasion du quatre-vingtième anniversaire, une première exposition avait été organisée à partir des documents conservés dans les archives historiques de la région de Toscane. Les années suivantes, il a été décidé de poursuivre dans cette voie, en adoptant un titre récurrent, décliné de temps à autre en fonction des contenus et des approfondissements proposés. L’édition actuelle se concentre précisément sur le 90e anniversaire de l’événement. Le point de départ reste les documents d’archives conservés dans les archives historiques de la région de Toscane, qui constituent la base de la reconstruction historique. La lecture de ces documents oriente inévitablement le cadre narratif de l’exposition, en influençant la manière dont l’histoire de l’événement et, plus généralement, de l’artisanat, est dépeinte. En 2022, une première exposition à caractère documentaire a été réalisée, articulée autour de panneaux photographiques et textuels, qui couvrait l’ensemble de l’arc chronologique allant de la première édition de 1931 aux années 1980. Le projet actuel, en revanche, choisit de poursuivre l’histoire jusqu’à aujourd’hui, en se concentrant sur les quatre-vingt-dix ans de l’événement au total, à travers une clé d’exposition différente. Il a été décidé d’organiser le parcours en trois grandes sections chronologiques, chacune correspondant à environ trente ans d’histoire. De cette façon, le visiteur, à travers les images sélectionnées dans la riche section photographique des archives, peut saisir avec immédiateté les transformations qui se sont produites au fil du temps : le changement de goût, l’évolution des lieux d’exposition, les variations dans l’artisanat et, plus généralement, les changements culturels et économiques qui ont eu lieu au cours de l’événement. L’histoire qui ressort des documents est une histoire objective, basée sur les sources, mais son interprétation passe inévitablement par les idées, les choix de ceux qui utilisent les sources et par les manières de la raconter et de la présenter. Dans cette édition, le langage choisi est celui des grandes images, capables de mettre directement en évidence les transformations de la production, des espaces et des sensibilités esthétiques au fil du temps. Elles sont accompagnées de textes courts et essentiels, concentrés sur certains moments particulièrement importants, dans le but d’accompagner la lecture sans la surcharger, en laissant surtout aux images le soin de restituer la profondeur du changement historique. Outre les images des photographies historiques, les archives parlent à travers d’autres documents exposés : les catalogues des expositions, les affiches, les cartes postales, ainsi que la projection de deux films, l’un tiré des archives Luce, l’autre réalisé par les archives historiques de la Région sur la mode à l’occasion de l’Exposition artisanale.

Quel est le document ou le noyau d’archives qui, plus que tout autre, témoigne du passage de l’artisanat en tant que tradition locale à un phénomène international ?

La partie des archives la plus immédiatement accessible au grand public est sans aucun doute la partie photographique, qui fait l’objet d’une attention particulière. Il s’agit d’un patrimoine très vaste, composé de milliers d’images conservées depuis les années 1930 jusqu’à aujourd’hui. Cette section représente l’un des noyaux les plus importants des archives, également parce qu’elle est facile à lire pour le public contemporain, de plus en plus habitué à une approche visuelle plutôt que textuelle. L’image, en effet, a une capacité de communication directe : elle suscite une émotion immédiate, rappelle des souvenirs et permet un accès rapide au contenu historique sans médiations complexes. Pour ces raisons, la composante photographique est largement utilisée dans l’exposition. Mais à côté de celle-ci, une documentation de nature plus technique et administrative permet également de reconstituer quelques étapes fondamentales de son évolution. Dès le début, l’Exposition de l’artisanat s’est tournée vers les pays étrangers et la production artisanale internationale. Le moment décisif se situe en 1952, lorsqu’il est décidé de transformer la nature de l’exposition en une exposition internationale et que l’événement prend officiellement le nom d’Exposition internationale de l’artisanat. Cette étape a marqué une évolution importante, qui a consolidé la vocation internationale de l’événement et redéfini son identité. Depuis lors et jusqu’à aujourd’hui, la structure de l’exposition reflète cette approche. Les espaces d’exposition sont divisés entre une section dédiée aux exposants étrangers et une autre réservée à l’artisanat italien.

L'exposition à l'affiche, 2016.
L’exposition en cours, 2016. Photo : Archives historiques de la région Toscane
L'exposition à l'affiche, 2022.
L’exposition en cours, 2022. Photo : Archives historiques de la région Toscane
L'exposition à l'affiche, 2024.
L’exposition à l’affiche, 2024. Photo : Archives historiques de la région Toscane

Les archives historiques de la région de Toscane rassemblent des documents couvrant plus d’un siècle d’histoire, de l’unification de l’Italie à la naissance de la région, jusqu’à aujourd’hui. Comment un récit unitaire se construit-il à partir d’une telle stratification de mémoires administratives, culturelles et sociales, et que restituent concrètement aujourd’hui les archives de la transformation du territoire et de ses institutions ?

Les archives historiques d’une grande administration, comme celle de la région, peuvent être interprétées à plusieurs niveaux et selon différentes interprétations, en fonction des compétences et des objectifs de ceux qui les consultent. Il s’agit d’un système documentaire complexe, né bien avant la naissance de la région elle-même. Bien que la Région Toscane soit une institution relativement jeune, créée au début des années 1970 pour mettre en œuvre la Constitution républicaine, elle a en fait hérité par la loi d’un patrimoine documentaire beaucoup plus ancien, produit par des administrations, des organismes et des bureaux qui opéraient sur le territoire avant sa création. Parmi ces sujets, on peut citer, par exemple, l’Ente Mostra, qui fonctionnait depuis une quarantaine d’années avant même que la compétence ne soit transférée à la Région. De même, de nombreux autres organismes ont généré au fil du temps une stratification documentaire aujourd’hui rassemblée dans les archives régionales, qui s’étendent sur une trentaine de kilomètres linéaires de documents et continuent à s’enrichir, notamment grâce à une numérisation progressive. Cette structure permet de lire les archives de différentes manières. D’une part, il est possible de suivre une perspective verticale, liée à des intérêts spécifiques : l’histoire de l’artisanat, d’un territoire, d’une institution ou d’un phénomène social. D’autre part, les archives peuvent être appréhendées dans leur dimension organique et historique, en observant leur formation, leur stratification et la manière dont la documentation a été produite, transférée et conservée au fil du temps. En ce sens, les archives sont une source qui nous permet de lire l’histoire administrative et sociale de la Toscane. À travers des actes officiels, des documents, des images et des matériaux hétérogènes, il est possible de reconstruire la manière dont le territoire a été gouverné, transformé et organisé au fil du temps. La section détachée de Grosseto, où sont conservées les archives historiques de la réforme agraire de la Maremme, en est un exemple. Grâce à cette documentation, il est possible de suivre un parcours allant de l’unification de l’Italie aux années 1960 et 1970, en reconstituant les différentes phases de mise en valeur et de transformation du territoire. Il en ressort l’histoire d’une transformation profonde : celle de la Maremme telle qu’on la connaît aujourd’hui, résultat d’interventions successives qui ont radicalement modifié le paysage et les conditions de vie. Les cartes, ainsi que les photographies et les documents produits par ceux qui ont travaillé dans ce contexte, nous permettent de comprendre une évolution qui, dans la perception contemporaine, semble souvent aller de soi et être considérée comme acquise, mais qui, en réalité, est le résultat de processus historiques complexes et stratifiés.

Qu’est-ce que l’Ente Mostra et que fait-elle ?

L’Ente Mostra a été créée en 1938, dans un contexte historique bien antérieur à la naissance de la région Toscane. En réalité, l’Exposition artisanale est née plus tôt, comme une initiative promue par les confédérations d’artisans, qui ont commencé l’organisation pour défendre les guildes, mais elle a été immédiatement couronnée de succès. L’importance croissante de l’événement a conduit à la décision de créer un organisme spécifique chargé de gérer l’organisation de l’événement de manière structurée. La création de cet organisme a eu lieu pendant l’ère fasciste et a été inévitablement influencée par les objectifs et la logique de cette période, y compris la nécessité d’une propagande culturelle, économique et identitaire. Malgré ce contexte, l’activité principale de l’Ente a été consolidée par la promotion de la foire artisanale, dans le but de valoriser et de diffuser l’artisanat toscan et italien au niveau national et international. Cette fonction est restée centrale pendant plusieurs décennies, jusqu’à la naissance de la région de Toscane, lorsque les compétences en matière d’artisanat ont été progressivement transférées à l’administration régionale. Au milieu des années 1970, l’Ente Mostra a donc été démantelée et ses fonctions, y compris l’organisation de la manifestation, qui jusqu’alors s’était toujours tenue au Parterre de Florence, ont été transférées à la Région. Au cours de ces mêmes années, le nouveau site de la Fortezza da Basso a été conçu et construit. En particulier, le grand espace conçu par l’architecte Pierluigi Spadolini est devenu le pivot du système des foires de la ville de Florence et reste aujourd’hui encore son principal centre d’exposition. C’est dans ce contexte que se tient le Salon de l’artisanat, ainsi que de nombreux autres événements, foires et réunions.

Les archives. Photo : Archives historiques de la région Toscane
Les archives. Photo : Archives historiques de la région Toscane

Aujourd’hui, on parle souvent d’intelligence artificielle, de catalogage automatique ou d’archives numériques intelligentes. À votre avis, quel rôle la technologie peut-elle jouer dans la valorisation d’un patrimoine comme celui de l’Exposition, sans risquer d’aplatir la dimension humaine de la recherche archivistique ?

La capacité d’interpréter correctement les documents d’archives, ainsi que la connaissance du contexte historique dans lequel un événement est né et s’est développé, ainsi que les modalités de constitution d’une archive et les responsabilités des personnes qui y contribuent, sont un élément essentiel pour valoriser un patrimoine documentaire complexe comme celui-ci, y compris vis-à-vis d’un public externe. Aujourd’hui, grâce aux outils numériques disponibles, il est possible d’élargir considérablement les modalités d’accès et de compréhension de ces documents. En ce sens, les nouvelles technologies, y compris celles basées sur l’intelligence artificielle, peuvent apporter une contribution significative à la fois en termes de diffusion et d’enrichissement du contenu informatif des archives. Les archives de la région de Toscane ont déjà été largement cataloguées, inventoriées et numérisées, avec une attention particulière pour la composante photographique, précisément pour les rendre accessibles en ligne aux chercheurs, aux passionnés et aux citoyens. Cependant, les outils avancés d’analyse et de traitement des données pourraient représenter un niveau de développement supplémentaire. D’une part, ces systèmes peuvent permettre une description plus articulée et dynamique des documents individuels ; d’autre part, ils peuvent aider à mettre en relation des documents conservés dans différents fonds, ou présents dans différentes archives, même en dehors de l’institution. De cette manière, il pourrait devenir relativement facile d’établir des liens entre les documents concernant l’artisanat, l’économie, l’histoire des foires, l’histoire de Florence et, plus généralement, les nombreux domaines qui peuvent être étudiés à partir d’un patrimoine documentaire de ce type. Cela ouvre la possibilité d’intégrer les archives à d’autres systèmes d’information et plateformes numériques.

À la lumière des sources conservées dans les archives historiques, que dit l’artisanat italien au monde d’aujourd’hui et que risquons-nous de perdre si nous cessons de le lire à travers ses archives ?

Avoir la possibilité d’étudier des archives historiques qui documentent la naissance, le développement et les transformations du monde de l’artisanat, c’est disposer d’une mine d’informations de grande valeur. C’est une condition qui nous permet d’acquérir une conscience plus profonde de ce que nous observons, une conscience qui ne peut émerger sans une étude systématique des sources et des processus historiques. En l’absence de cette perspective, le risque est de réduire l’artisanat à une dimension abstraite, détachée de la réalité concrète dans laquelle il s’inscrit. On finit ainsi par ne le décrire qu’à travers des catégories générales telles que la beauté, la qualité du travail manuel ou le raffinement du goût, des éléments certes pertinents mais qui ne suffisent pas à rendre compte de sa complexité. L’artisanat, au contraire, est un secteur économique concret, qui se nourrit de dynamiques de production, de transformations historiques et de conditions matérielles précises. C’est pourquoi il a également besoin d’être soutenu par la connaissance de son histoire. En effet, la dimension historique permet d’identifier les moments de crise et de croissance, de reconnaître les caractéristiques à valoriser et de comprendre les éléments qui ont nécessité une adaptation ou une révision au fil du temps. En ce sens, les archives ne servent pas seulement à fournir une narration esthétique ou festive. Elles permettent également de lire la composante économique et productive de l’artisanat, qui en est un aspect tout aussi important. Grâce à la documentation, il est possible d’observer comment les processus de production ont évolué, comment les marchés ont changé et quelles transformations ont affecté les différents secteurs de produits. Un exemple de cette approche a été pris dans l’exposition 2023, lorsqu’il a été décidé de comparer les produits historiques documentés dans les photographies des archives régionales avec ceux fabriqués aujourd’hui par des artisans dans les mêmes catégories de produits. La comparaison a permis de mettre en évidence la continuité et la discontinuité, les transformations du goût et des techniques, mais aussi les éléments de persistance qui traversent le temps. Dans cette perspective, les archives deviennent un instrument de connaissance qui raconte la beauté de l’artisanat, mais surtout en restitue la réelle complexité.



Noemi Capoccia

L'auteur de cet article: Noemi Capoccia

Originaria di Lecce, classe 1995, ha conseguito la laurea presso l'Accademia di Belle Arti di Carrara nel 2021. Le sue passioni sono l'arte antica e l'archeologia. Dal 2024 lavora in Finestre sull'Arte.


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