Animaux et lieux fantastiques dans les musées d'Italie: Campanie


De Naples à Paestum, de Pompéi à la Reggia di Caserta: les animaux fantastiques dans les musées de Campanie.

Deuxième étape du voyage à travers l’Italie à la découverte d’animaux , de créatures, de personnages et de lieux fantastiques dans tout le pays: aujourd’hui, nous nous rendons en Campanie. Un projet que Finestre sull’Arte mène en collaboration avec le ministère de la Culture pour trouver une nouvelle façon, intéressante et amusante, de visiter les musées, qui sont des lieux que l’on peut visiter (et surtout retrouver) en toute sécurité, en famille, avec les enfants. Pour cette étape aussi, nous avons identifié dix créatures fantastiques, entre Naples et Caserta, entre Pompéi et Paestum: les voici !

1. La Néréide et le Pistrice au Musée archéologique national de Naples

Le pistrice, dans la mythologie grecque, était un monstre marin particulier avec le corps d’un cheval, la tête d’un dragon et la queue d’un serpent de mer, qui est représenté principalement dans les cortèges de Neptune et des dieux de la mer. Dans ce cas, il est accompagné d’une Néréide, ou nymphe de la mer, qui est assise sur le dos de la créature et qui est représentée en train de lever ses pattes avant. Des tentatives ont été faites par le passé pour donner une identité précise à la Néréide, sans toutefois parvenir à des résultats satisfaisants. Ce qui est certain, en revanche, c’est que cette statue très importante est considérée comme unique: l’érudit Armando Pistilli a en effet écrit qu’il n’existe aucun exemple connu dans la statuaire antique qui puisse être comparé à cette œuvre, qui a été trouvée dans les ruines de la Villa de Lucullus à Posillipo et a été acquise au XIXe siècle par le roi Ferdinand II de Bourbon pour les collections du Musée de Bourbon. En 1840, l’œuvre est ainsi entrée dans la collection du musée. Ce groupe singulier et d’une grande qualité (il dériverait d’un modèle grec) date du Ier siècle avant J.-C., mais de nombreuses parties ont été intégrées lors de la restauration du XIXe siècle, car elles étaient manquantes: en particulier, la jambe droite et la partie antérieure du pied gauche de la jeune fille, les jambes antérieures et les dernières spires de la queue du pistrice, ainsi que la vague qui se trouve en dessous d’elles. Le groupe est en marbre mais tous les ajouts ont été faits en plâtre.

Art romain, Néréide et Pistrice (1er siècle avant J.-C. ; marbre grec insulaire, 132 x 114 x 78 cm ; Naples, Museo Archeologico Nazionale)
Art romain, Néréide et Pistrice (Ier siècle av. J.-C. ; marbre grec insulaire, 132 x 114 x 78 cm ; Naples, Musée archéologique national)
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2. Trapézophore avec Scylla et Centaure, Musée archéologique national, Naples

Deux créatures mythologiques occupent les côtés d’un trapézophore, c’est-à-dire une tablette destinée à supporter une table (du grec trápeza, “ table ”, et feréin, “ porter ”). Cette œuvre singulière, qui faisait partie des collections de la famille Farnèse, se trouvait au XVIIe siècle à la Villa Madama, avant d’être transférée à la Farnesina dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, puis à Naples en 1796. Scylla est le monstre marin qui, avec Charybde, selon le mythe, gardait le détroit de Messine: c’est contre ces deux monstres que le navire d’Ulysse entre en collision dans l’Odyssée. Ici, il est représenté comme une créature avec une tête de femme et une queue de poisson, avec le corps où les museaux des chiens se jettent sur les marins naufragés perdus dans les vagues. De l’autre côté se trouve le centaure, sur le dos duquel on voit un génie ailé, et tout près un aigle avec un serpent dans le bec. Il est difficile de dire ce que cette scène peut représenter: le guide du musée de Naples du début du XXe siècle suggérait que les deux créatures étaient les gardiens de l’Hadès, de sorte que le trapèze avait probablement un usage funéraire. Le trapèze avait donc probablement une fonction funéraire. Il pourrait aussi avoir un caractère allégorique.

Art romain, Trapézophore avec Scylla et Centaure (IIe siècle après J.-C. ; marbre, hauteur 108 cm ; Naples, Musée archéologique national)
Art romain, Trapézophore avec Scylla et Centaure (IIe siècle après J.-C. ; marbre, hauteur 108 cm ; Naples, Musée archéologique national)

3. La mosaïque de la sirène au musée archéologique national de Naples

D’autres créatures du monde de la mythologie: nous avons ici une sirène qui, contrairement à celle qui s’est imposée dans l’imaginaire collectif, c’est-à-dire la créature mi-femme, mi-poisson qui s’est répandue à partir du VIIIe-IXe siècle, était, selon les Grecs anciens, une femme avec les jambes, les ailes et la queue d’un oiseau. Dans le cas présent, la figure est représentée sur une mosaïque de sol du 1er siècle avant J.-C. provenant d’une luxueuse résidence de Rome. Il n’était pas rare de voir des emblémata, ou images figurées, au centre des mosaïques. Dans ce cas, la sirène, qui tient un vase de sa patte gauche, est accompagnée d’une colombe et de la figure d’un cupidon, qui la suit avec une coupe. Cette représentation singulière pourrait donc faire allusion à un rituel religieux: la sirène porte en effet au-dessus de sa tête un plateau pour les offrandes.

Art romain, Sirène et Cupidon (mosaïque ; Naples, Musée archéologique national). Photo de Francesco Bini
Art romain, Sirène et Cupidon (mosaïque ; Naples, Musée archéologique national). Photo de Francesco Bini

4. L’hydre dans l’Hercule enfant étouffant des serpents de Guglielmo della Porta au Musée national de Capodimonte, Naples

Ce bronze de Guglielmo Della Porta (Porlezza, vers 1515 - Rome, 1577) est l’une des meilleures œuvres de cet artiste talentueux qui a souvent travaillé pour la famille Farnèse, produisant des chefs-d’œuvre inspirés de la statuaire classique. L’enfant Hercule étouffant des serpents n’est pas une exception, une œuvre d’une telle qualité qu’elle a même été prise pour une découverte archéologique dans le passé. Guglielmo Della Porta représente ici l’un des épisodes du mythe d’Hercule: Héra, épouse de Zeus, ne supportant pas le bébé Hercule, né d’une trahison de son mari (il était en fait le fils de Zeus et de la reine Alcmena), lui envoya des serpents, que l’enfant héros parvint à tuer en les étouffant. L’artiste représente l’enfant Hercule aux prises avec l’un des serpents, dans une lutte acharnée. On notera l’apparition sur le socle de reliefs représentant certains des travaux que le héros aurait effectués à l’âge adulte: on voit notamment Hercule tuer l’Hydre de Lerne, un monstrueux serpent de mer à neuf têtes.

Guglielmo della Porta, Hercule et les serpents (1574-1575 ; bronze, hauteur 96 cm ; Naples, Museo e Real Bosco di Capodimonte)
Guglielmo della Porta, Hercule et les serpents (1574-1575 ; bronze, hauteur 96 cm ; Naples, Museo e Real Bosco di Capodimonte)

5. Le centaure Chiron dans le groupe en marbre d’Achille et Chiron de Filippo Tagliolini au musée de Capodimonte, Naples.

En 1739, lors des fouilles de la basilique d’Herculanum, on a découvert une peinture représentant le centaure Chiron qui apprend au petit Achille à jouer de la cithare. Les centaures, créatures mi-hommes, mi-chevaux, sont généralement des symboles de violence, d’instinct et de force brute: Chiron, cependant, est une exception. Fils de Kronos et de Philia, Chiron est le bon centaure, doué pour les arts, les sciences et la médecine, maître de nombreux héros grecs, dont Achille lui-même, car il était considéré comme le plus sage des centaures. La petite statue en porcelaine est l’œuvre de Filippo Tagliolini (Fogliano di Cascia, 1745 - Naples, 1809), artiste expert à la Manufacture royale de Naples (dont il fut également le modéliste en chef à partir de 1780), reproduit la fresque d’Herculanum en utilisant la technique du biscuit (qui permet d’obtenir une œuvre d’aspect blanc et opaque semblable au marbre), réalisant ainsi un objet appartenant à un genre particulièrement en vogue à la cour napolitaine à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle (l’œuvre est d’ailleurs datée de 1796-1805). datée de 1796-1805).

Filippo Tagliolini, Achille et Chiron (1796-1805 ; porcelaine, hauteur 30 cm ; Naples, Museo e Real Bosco di Capodimonte)
Filippo Tagliolini, Achille et Chiron (1796-1805 ; porcelaine, hauteur 30 cm ; Naples, Museo e Real Bosco di Capodimonte)

6. Actéon dans la fontaine de Diane et Actéon au Palais royal de Caserte

Une autre histoire de la mythologie grecque, dont le protagoniste est le malheureux chasseur Actéon, qui, au cours d’une partie de chasse, rencontre la déesse Diane alors qu’elle se baigne nue avec ses servantes. Pour avoir osé voir la déesse de la chasse, vierge, sans rien, Actéon subit un féroce châtiment: il est transformé en cerf et ainsi déchiqueté par ses chiens, qui ne le reconnaissent pas. Il existe de nombreuses œuvres dans lesquelles Actéon est représenté comme un homme sous les traits d’un cerf: la Fontaine de Diane et Actéon, l’un des groupes sculptés les plus beaux et les plus admirés du Palais royal de Caserte, et probablement le plus célèbre, ne fait pas exception à la règle. La sculpture, qui repose sur de faux rochers émergeant de l’eau, est l’œuvre de Paolo Persico (Sorrente, 1729 - Naples, 1796), qui a réalisé ici l’une de ses œuvres les plus scéniques en 1773. Pour sa réalisation en marbre, l’artiste, à qui l’on doit le dessin de la fontaine ainsi que les figures principales (celles de Diane et d’Actéon), a été aidé par Angelo Brunelli, qui s’est occupé des figures des nymphes, et Pietro Solari, qui s’est occupé des chiens.

Paolo Persico, Diane et Actéon, détail (1773 ; marbre ; Caserta, Reggia di Caserta). Photo de Miguel Hermoso Cuesta
Paolo Persico, Diane et Actéon, détail (1773 ; marbre ; Caserta, Reggia di Caserta). Photo de Miguel Hermoso Cuesta

7. L’Agathodaimon dans la maison du Cryptoportique à Pompéi

L’Agathodaimon, ou “Agatodemon” en italien, était selon la mythologie grecque un bon démon (ce qui signifie littéralement son nom en grec), et était considéré comme un génie qui protégeait le grain et les récoltes. Il pouvait prendre différentes formes: dans de nombreux cas, il était représenté sous la forme d’un serpent à la tête couronnée, portant parfois une fleur de lotus dans sa queue. Dans le cas de la fresque qui orne la maison du Cryptoportique à Pompéi, l’Agathodémon n’est qu’un serpent qui se faufile dans une prairie et s’adresse au dieu Mercure. Le dieu tient dans sa main le caducée, le bâton orné de deux serpents, symbole de la sagesse (aujourd’hui encore, le caducée est le symbole des pharmaciens car il est associé à la guérison, à ne pas confondre avec le bâton d’Asclépios qui est plutôt associé à la médecine). Le symbolisme est complété par le paon, symbole de longévité et de renaissance. La Maison du Cryptoportique à Pompéi tire son nom du couloir couvert (“cryptoportique”, en fait) qui est lui-même décoré de créatures fantastiques: des satyres, en l’occurrence.

Art romain, Agathodaimon (1er siècle après J.-C. ; fresque ; Pompéi, parc archéologique, maison Cryptoportique)
Art romain, Agathodaimon (Ier siècle après J.-C. ; fresque ; Pompéi, Parc archéologique, Maison du Cryptoportique)

8. Le sphinx du musée archéologique national Sannio Caudino à Montesarchio

Le beau sphinx en marbre du Musée archéologique national de Sannio Caudino à Montesarchio (Bénévent), auquel il manque malheureusement aujourd’hui les pattes avant et une partie des pattes arrière, ainsi qu’une partie du visage, a été découvert lors de fouilles menées entre 1975 et 1977 dans la localité de Masseria Foglia à Montesarchio. Les fouilles des années 1970 ont permis de constater qu’il s’agissait d’une structure luxueuse, dotée également d’un complexe de bains. C’est dans l’une des salles de ce somptueux complexe qu’a été découvert le sphinx en question, décorant probablement un trapèze, comme le suggère le bloc de marbre carré qui se trouve derrière lui. Le sphinx de Montesarchio, selon l’iconographie typique, est assis sur ses pattes arrière: il s’agit d’une créature au corps de lion et à la tête de femme, née, selon le mythe, de l’union entre Orto et Echidna.

Art romain, Sphinx (1er-2e siècle après J.-C. ; marbre ; Montesarchio, Musée archéologique national de Sannio Caudino)
Art romain, Sphinx (Ier-2e siècle après J.-C. ; marbre ; Montesarchio, Musée archéologique national de Sannio Caudino)

9. Le monstre marin dans Galatée d’Elie Honoré Montagny au Palais royal de Naples

Selon le mythe, Galatée (du grec gála, “lait”, ou galéne, “calme”), était une Néréide, une nymphe marine, amoureuse du jeune Acis, qui fut ensuite tué par le cyclope Polyphème, lui-même amoureux de Galatée et jaloux de son rival. Selon le mythe, les dieux de l’Olympe, pris de pitié pour le jeune homme, le transformèrent en un fleuve, l’Aci, qui se trouve près de l’Etna en Sicile. Dans l’histoire de l’art, il n’est pas rare de rencontrer des scènes célébrant le triomphe de Galatée, accompagnée d’autres nymphes, de cupidons et de tritons, et entraînée en mer par des dauphins ou, comme ici, par un énorme monstre marin, que Galatée guide à l’aide d’une bride. L’auteur du tableau, Elie Honoré Montagny, élève de Jacques-Louis David, s’installa à Naples entre 1804 et 1815, et c’est pendant son séjour à Naples qu’il peignit ses œuvres les plus importantes et les plus célèbres, dont le Triomphe de la Vierge. œuvres importantes et célèbres, dont le Triomphe de Galatée au Palais Royal, signé et daté de 1812, qui peut probablement être identifié avec la “peinture à l’huile représentant Galatée avec divers Cupidons et Nymphes autour d’elle” qui ornait le Cabinet du Bain du Palais de Portici en 1817. Dans cette œuvre, commandée par Caroline Murat, “l’usage de l’antique s’adoucit”, écrit l’universitaire. Dans cette œuvre, commandée par Caroline Murat, “l’utilisation de l’antique s’adoucit”, écrit l’érudite Ornella Scognamiglio, “et se fond dans un ensemble à la saveur pompéienne (la brise marine ébouriffant les cheveux et gonflant les manteaux, les transformant en voiles, les dauphins labourant les vagues à la vitesse de l’éclair, les tritons enthousiastes, la canne du fleuve et le corail indiquant l’union éternelle entre Acis et Galatée) sans devenir une annotation érudite ou une empreinte antiquaire”.

Elie Honoré Montagny, Triomphe de Galatée (1812 ; huile sur toile, 105 x 130 cm ; Naples, Palais royal)
Elie Honoré Montagny, Triomphe de Galatée (1812 ; huile sur toile, 105 x 130 cm ; Naples, Palais royal)

10. La dalle funéraire avec le démon ailé de Paestum

Il n’est pas rare de rencontrer des animaux qui s’affrontent: en témoigne ce combat entre une panthère (ou une lionne) et deux griffons, dont l’un tente de s’emparer de la panthère en l’attaquant par derrière, sur une fresque décorant une tombe lucanienne conservée au Musée archéologique national de Paestum. Vers la fin du Ve siècle avant J.-C., les Lucaniens, une population qui habitait l’arrière-pays de l’actuelle Basilicate, sont descendus sur la côte, occupant de nombreux villages et villes de l’actuelle Campanie, dont Poseidonia, la ville de fondation de la Grande Grèce qui allait devenir la Paestum romaine. Il est donc normal que le musée contienne de nombreux témoignages de cette population qui, comme beaucoup d’autres civilisations antiques, peignait les tombes des aristocrates. L’usage de représenter des animaux, réels ou imaginaires, en train de s’affronter, était d’origine orientale et s’est répandu sur le territoire italien au IVe siècle avant J.-C.: rien qu’à Paestum, on trouve plusieurs dalles avec des motifs similaires, et celle-ci est l’une des mieux conservées.

Art lucanien, combat entre une lionne et des griffons (IVe siècle av. J.-C. ; fresque ; Paestum, Musée archéologique national)

Animaux et lieux fantastiques dans les musées d'Italie: Campanie
Animaux et lieux fantastiques dans les musées d'Italie: Campanie


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