Le peintre Bernini exposé à la Fondation Zani : œuvres de la collection familiale


Du 8 septembre au 29 octobre 2023, la Casa Museo Fondazione Zani in Cellatica (Brescia) consacre un focus au peintre Bernini avec quatre tableaux issus de la collection familiale de l'artiste.

Du 8 septembre au 29 octobre 2023, la Casa Museo Fondazione Paolo e Carolina Zani à Cellatica (Brescia) présente l’exposition Bernini privato. La forza e l’inquietudine (La force et l’inquiétude), qui présente quelques tableaux de Gian Lorenzo Bernini ( Naples, 1598 - Rome, 1680) provenant de la collection privée de Fabiano Forti Bernini, un descendant de l’artiste. Le projet d’exposition est coordonné par Massimiliano Capella, directeur de la Maison-musée de la Fondation Paolo et Carolina Zani, avec Steven F. Ostrow et Francesco Petrucci, parmi les plus grands spécialistes de l’artiste baroque.

L’enquête sur la production du Bernin dans le domaine du portrait et de la peinture de figures est encore en cours. L’exposition organisée par la Fondation Zani a donc pour but d’explorer ce thème en donnant un nouvel aperçu de la peinture du XVIIe siècle. Les peintures du Bernin, telles que rapportées par son fils Domenico Bernini dans sa biographie datée de 1713, sont estimées entre 150 et 200. Celles qui sont aujourd’hui connues et considérées comme autographes sont au nombre de vingt-cinq environ. L’exposition-étude propose une sélection de quatre d’entre elles, ainsi que le bronze du célèbre David de la Galleria Borghese, qui sont conservées dans la collection des Forti Bernini depuis des siècles. C’est précisément le David qui est le pivot autour duquel s’articulent les toiles représentant Saint Sébastien, Samson et le Lion, l’Ange allégorique et le Portrait de Martino Martini. Le titre de l’exposition souligne l’intimité de la vision, tout en faisant référence à la dimension privée et quotidienne qui caractérise la vision de la Collection.

de Gian Lorenzo Bernini, David (XVIIe siècle ; bronze à patine sombre, 48 x 29 x 21 cm ; Rome, collection Forti Bernini). Provenance : Rome, Collection Borghèse ( ?); Maison Bernini
de Gian Lorenzo Bernini, David (XVIIe siècle ; bronze à patine sombre, 48 x 29 x 21 cm ; Rome, collection Forti Bernini). Provenance : Rome, Collection Borghèse ( ?); Maison du Bernin.
Gian Lorenzo Bernini, Saint Sébastien (1635-40 ; huile sur toile, 96 x 72 cm ; Rome, collection Forti Bernini). Provenance : Rome, Cardinal Francesco Barberini ; Espagne, collection privée ; Rome, Collection Forti Bernini
Gian Lorenzo Bernini, Saint Sébastien (1635-40 ; huile sur toile, 96 x 72 cm ; Rome, collection Forti Bernini). Provenance : Rome, Cardinal Francesco Barberini ; Espagne, collection privée ; Rome, Collection For
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Gian Lorenzo Bernini et Carlo Pellegrini, Allégorie de l'amour divin (vers 1635-40 ; huile sur toile, 75,5 x 55 cm ; Rome, collection Forti Bernini). Provenance : Rome, Maison du Bernin
Gian Lorenzo Bernini et Carlo Pellegrini, Allégorie de l’amour divin (vers 1635-40 ; huile sur toile, 75,5 x 55 cm ; Rome, collection Forti Bernini). Provenance : Rome, Maison du Bernin
Dos de l'Allégorie de l'amour divin avec le sceau des armoiries du Bernin
Dos de l’Allégorie de l’amour divin avec le sceau des armoiries du Bernin

La statuette en bronze, au cœur de l’exposition, revêt un caractère exceptionnel dans le contexte de la propension manifeste de l’auteur à la grandiloquence. Emblématique est la phrase qu’il adresse à Monsieur de Chantelou le 7 septembre 1665 : “Ne me parlez de rien qui soit petit”. Dans la Rome baroque, et plus généralement entre le XVIIIe et le XIXe siècle, grâce au phénomène du Grand Tour, de nombreux sculpteurs de talent s’essayent à la production de petits objets en souvenir de leur voyage en Italie. En revanche, le Bernin a rarement abordé la production à petite échelle, se limitant à fournir le dessin comme dans le cas de la sculpture proposée.

L’extraordinaire tableau Saint Sébastien offre une interprétation totalement novatrice du martyre par rapport à la représentation canonique du saint martyr. La tête inclinée, le regard dirigé par-dessus l’épaule (et non vers le ciel), le rendu naturaliste et l’expression de colère lorsqu’il tente de libérer ses mains des cordes, dessinent l’image inquiète de quelqu’un qui n’accepte pas sereinement son destin. Le tableau correspond certainement à l’œuvre mentionnée dans l’inventaire de 1649 des biens du cardinal Francesco Berberini. La provenance est confirmée par le sceau du cardinal apposé au dos de la toile originale, appliqué sur le linteau lors de la restauration de 2016. L’œuvre, après une première mention en 2017 dans le catalogue accompagnant l’exposition Bernini à la Galleria Borghese, n’apparaît qu’une seule fois, dans le catalogue de l’exposition La luce del Barocco (Palazzo Chigi, Ariccia 2020-21).

L’Ange allégorique appartient à la famille du Bernin depuis au moins le XVIIIe siècle. En effet, le dos de l’œuvre porte un sceau de cire composé des armoiries du Bernin d’ un côté et des armoiries de la famille Maccarani de l’autre (épouse du fils aîné du Bernin, le sculpteur Paolo Valentino). La présence du sceau permet d’affirmer que le tableau se trouvait dans la maison de Paolo Valentino, probablement après la mort de son père Gian Lorenzo. Le regard amoureux tourné vers le ciel, la flamme et le cœur renvoient à l’iconographie traditionnelle de l’Allégorie de l’amour divin. La disposition générale de l’œuvre est cependant sans précédent. Dans le catalogue qui accompagne l’exposition, Steven F. Ostrow, l’un des plus grands spécialistes du Bernin, note que “la figure ailée qui plane au-dessus d’un segment du globe, enveloppée d’une lumière divine venue d’en haut, suggère que la composition est le fruit de l’imagination de l’auteur”. Le Bernin s’est peut-être inspiré de la lecture du Traité de l’amour de Dieu de saint François de Sales, l’un de ses auteurs préférés en matière de littérature religieuse". Le volume, imprimé pour la première fois en 1616, traite de l’histoire, de la nature et de l’importance de l’amour divin.

Gian Lorenzo Bernini (attrib.), Samson et le lion (ou David tuant le lion) (1630-35 ; huile sur toile, 87 x 70 cm ; Rome, collection Forti Bernini). Provenance : Rome, Collection Forti Bernini
Gian Lorenzo Bernini (attrib.), Samson et le lion (ou David tuant le lion) (1630-35 ; huile sur toile, 87 x 70 cm ; Rome, collection Forti Bernini). Provenance : Rome, Collection Forti Bernini
Gian Lorenzo Bernini, Portrait de l'aumônier Martino Martini ( ?) (vers 1655 ; huile sur toile, 39 x 29,5 cm ; Rome, collection Forti Bernini). Provenance : marché des antiquaires
Gian Lorenzo Bernini, Portrait de l’aumônier Martino Martini ( ?) (vers 1655 ; huile sur toile, 39 x 29,5 cm ; Rome, collection Forti Bernini). Provenance : marché des antiquaires

Montrée pour la première fois au public, l’énigmatique toile Samson et le lion dépeint la rencontre brutale de l’homme avec la bête (Juges 14, 5-6). Le débat reste ouvert quant à la possibilité que cette scène représente un autre épisode, également tiré de la Bible hébraïque, dans lequel David tue le lion (Samuel 17, 34-35). Si Samson et David étaient tous deux des sujets populaires dans la Rome catholique de l’époque, les caractéristiques qui ont conduit les critiques à ne pas douter de la paternité de l’œuvre sont la grande qualité de l’exécution, la composition entièrement originale, d’une force dynamique considérable, que l’on ne retrouve pas dans d’autres œuvres du Bernin, et le rendu sculptural du corps comparable à l’œuvre d’un maître au faîte de sa maturité. Le choix de montrer la figure de trois quarts, le rendu chromatique de l’arrière-plan et le contrepoint de l’ombre et de la lumière rendent la toile comparable à d’autres œuvres du Bernin du début des années 1730.

D’une qualité remarquable, le portrait du célèbre missionnaire, géographe et cartographe, le père Martino Martini (Trente, 1614 - Hangzhou, 1661), pourrait avoir été exécuté lors du second séjour du jésuite à Rome. Vers 1655, il avait une quarantaine d’années, date compatible avec l’âge du visage représenté.

L’expression bon enfant et indulgente du sujet, le goût de l’inachevé que l’on perçoit dans les touches de couleur sur la toile rugueuse, semblent s’inscrire dans les résultats introspectifs de l’art du portrait du Bernin. Comme le souligne Francesco Petrucci, l’un des plus grands spécialistes de l’œuvre du Bernin, "les coups de pinceau impressionnisteset l’utilisation habile des rehauts qui permettent au visage d’émerger de la pénombre font de la toile une expression cohérente du néo-romantisme de l’école romaine de la première moitié du siècle suivant, dont la paternité est également liée aux modes plus typiques du Bernin".

L’exposition est ouverte du mardi au vendredi de 9 h à 13 h, le samedi et le dimanche de 10 h à 17 h. Plein tarif 12 €, tarif réduit 10 €. Pour plus d’informations : https://www.fondazionezani.com

Le peintre Bernini exposé à la Fondation Zani : œuvres de la collection familiale
Le peintre Bernini exposé à la Fondation Zani : œuvres de la collection familiale


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