Du train dans la neige aux nénuphars. A quoi ressemble l'exposition Monet à Padoue


Compte-rendu de l'exposition "Monet. Chefs-d'œuvre du Musée Marmottan Monet à Paris", organisée par Sylvie Carlier avec Marianne Mathieu (Padoue, Centro Altinate San Gaetano, du 9 mars au 14 juillet 2024).

Il arrive parfois qu’une sélection d’œuvres d’un célèbre musée international soit déplacée en bloc pour créer une exposition en Italie avec des chefs-d’œuvre de ce seul musée, soulignant généralement le concept et l’extraordinaire de l’événement dès le titre lui-même, qui voit la répétition de la formule désormais habituelle “Chefs-d’œuvre de...” suivie du nom du célèbre musée prêteur du jour. "suivie du fameux musée prêteur du jour. Une opération qui peut être partagée ou non, qui donne néanmoins la possibilité d’admirer des chefs-d’œuvre d’importants musées étrangers en Italie sans se rendre à l’étranger. C’est ce qui s’était passé en 2018 avec l’exposition Impressionnisme et avant-garde. Chefs-d’œuvre du Philadelphia Museum of Art au Palazzo Reale de Milan, ou entre 2022 et 2023 avec l’exposition Van Gogh. Chefs-d’œuvre du Kröller-Müller Museum au Palazzo Bonaparte à Rome, ou encore en 2019 avec l’exposition Préraphaélites. Love and Desire, également au Palazzo Reale de Milan (l’exception ici est le titre, qui ne porte pas la formule habituelle) avec des chefs-d’œuvre provenant tous de la Tate Britain de Londres. Aujourd’hui, dans la même veine, ce modèle est à nouveau proposé à Padoue, avec l’exposition Monet. Chefs-d’œuvre du Musée Marmottan Monet de Paris, ouverte au public jusqu’au 14 juillet 2024 au Centro Culturale Altinate San Gaetano, sous la direction de Sylvie Carlier, directrice des collections et conservatrice en chef du patrimoine du Musée Marmottan Monet, en collaboration avec l’historienne de l’art Marianne Mathieu et la conservatrice du Musée Marmottan Monet, Aurélie Gavoille.

À l’occasion de l’exposition de Padoue, soixante chefs-d’œuvre du musée qui possède la plus grande collection au monde de toiles de Claude Monet sont donc arrivés en Italie pour raconter les différentes étapes de la recherche artistique du peintre, de ses débuts à ses séjours en Hollande, en Norvège et à Londres, jusqu’à ses grandes toiles aux Nymphéas et aux Glycines. À travers les six sections de l’exposition, le visiteur pourra retracer les moments fondamentaux de la production du maître de l’impressionnisme en cette année qui marque le 150e anniversaire de la naissance du mouvement français, c’est-à-dire à partir de la première exposition impressionniste organisée à Paris, dans l’atelier du photographe Félix Nadar, au 35, boulevard des Capucines, le 15 avril 1874. Et de voir de plus près nombre d’œuvres que Monet lui-même a jalousement gardées, sans jamais vouloir s’en séparer, dans sa maison de Giverny jusqu’à sa mort, et qui appartiennent aujourd’hui à la collection du musée Marmottan Monet à Paris grâce au legs de plus d’une centaine d’œuvres que son fils Michel Monet, seul héritier du peintre après la mort de son frère Jean, a décidé de céder à l’Académie des beaux-arts en 1966. En effet, le testament de Michel Monet désignait l’Académie comme héritière universelle du domaine de Giverny, des estampes japonaises, des œuvres collectées par Claude Monet auprès d’artistes tels que Delacroix, Boudin, Renoir, Caillebotte et Pissarro, et des dernières toiles réalisées par le peintre dans son atelier en Normandie. Le musée Marmottan, qui réunissait les collections de Paul Marmottan et fut l’une des fondations de l’Académie des beaux-arts, devient ainsi, avec la donation de Michel Monet, le dépositaire de la plus importante collection au monde de tableaux représentant toutes les étapes de la carrière du peintre impressionniste ; pour abriter cet important ensemble d’œuvres, le directeur du musée de l’époque, Jacques Carlu , conçoit un espace sous le jardin qui est inauguré en juin 1971. Ce n’est qu’en 1999 que le nom de Monet a été ajouté au musée Marmottan.

Schémas d'exposition Monet. Chefs-d'oeuvre du Musée Marmottan Monet à Paris
Plans de l’exposition Monet. Chefs-d’œuvre du musée Marmottan Monet à Paris
Schémas d'exposition Monet. Chefs-d'oeuvre du Musée Marmottan Monet à Paris
Plans de l’exposition Monet. Chefs-d’oeuvre du Musée Marmottan Monet à Paris
Schémas d'exposition Monet. Chefs-d'oeuvre du Musée Marmottan Monet à Paris
Plans de l’exposition Monet. Chefs-d’oeuvre du Musée Marmottan Monet à Paris
Schémas d'exposition Monet. Chefs-d'oeuvre du Musée Marmottan Monet à Paris
Plans de l’exposition Monet. Chefs-d’oeuvre du Musée Marmottan Monet à Paris
Schémas d'exposition Monet. Chefs-d'oeuvre du Musée Marmottan Monet à Paris
Plans de l’exposition Monet. Chefs-d’oeuvre du Musée Marmottan Monet à Paris
Schémas d'exposition Monet. Chefs-d'oeuvre du Musée Marmottan Monet à Paris
Plans de l’exposition Monet. Chefs-d’oeuvre du Musée Marmottan Monet à Paris
Schémas d'exposition Monet. Chefs-d'oeuvre du Musée Marmottan Monet à Paris
Plans de l’exposition Monet. Chefs-d’oeuvre du Musée Marmottan Monet à Paris

L’exposition de Padoue s’ouvre sur le Portrait de Michel Monet au bonnet à pompon, peint en 1880 alors que Michel n’avait que deux ans et demi : un portrait qui n’a jamais été exposé et qui est resté dans la famille jusqu’à sa mort en 1966, et qui, grâce à un important legs, est entré dans les collections du musée parisien. À côté, le buste en plâtre représentant Claude Monet réalisé par le dentiste Paul Paulin entre 1908 et 1910 et qu’il a lui-même offert au peintre : encouragé par Edgar Degas à sculpter, Paulin s’est en effet mis à réaliser des portraits de personnalités de l’époque, dont Monet. Le portrait exposé ici d’un jeune Claude Monet par le peintre Carolus-Duran, qui fait également partie du legs de Michel Monet, date de 1867. Cette œuvre fait partie des cadeaux que Claude Monet a reçus directement de ses amis artistes, tout comme le portrait également exposé ici que Pierre-Auguste Renoir a peint de Monet lisant le journal L’Événement et fumant la pipe, comme s’il faisait partie de la famille, ou le portrait que Gilbert Alexandre de Séverac a peint d’un Monet âgé de 24 ans, limitant la gamme des couleurs à des tons de brun sur un fond neutre. Le collectionneur Monet est également représenté dans l’exposition par des œuvres de Johan Barthold Jongkind et d’Eugène Delacroix achetées par le peintre entre 1891 et 1900, ainsi que par des aquarelles d’Eugène Boudin, comme Crinoline sur la plage.

Pour décrire la peinture de Claude Monet, il est impossible de ne pas parler de la lumière impressionniste et de la peinture en plein air. Ces deux thèmes sont d’ailleurs abordés dans l’exposition dans deux sections distinctes, l’une après l’autre, mais en fait, dans les tableaux de celui qui est considéré comme le père de l’impressionnisme, l’un imprègne l’autre : la lumière, avec ses reflets, qui inonde les paysages impressionnistes est inhérente aux tableaux que le peintre a réalisés en pleinair, et il est tout aussi vrai que la peinture en plein air voit toujours la présence de cette lumière unique qui est transposée de la nature à la toile, étant donné que les couleurs réelles ne sont pas représentées, mais plutôt l’interprétation de celles-ci en fonction de la lumière. Cette combinaison est ici bien illustrée dans le tableau La plage de Trouville, que Monet a peint durant l’été 1870, alors que le peintre, sa femme Camille et leur premier fils Jean se trouvaient dans la station balnéaire de Trouville, en Normandie, où ils avaient rencontré Eugène Boudin, un peintre spécialisé dans les scènes de plage. Ici, Monet représente Camille et sa cousine assises au premier plan, mais il se concentre surtout sur les effets de lumière entre le ciel et la mer, mais aussi sur les vêtements des deux femmes, ainsi que sur l’étude de la peinture en plein air, où tout ce qui est à l’arrière-plan est moins défini que ce qui est au premier plan. La gamme de couleurs choisie pour ce tableau, dans les tons de gris, de blanc et de brun, rappelle également les débuts de Monet. Cela se voit également dans la juxtaposition de deux tableaux, dont l’un est très célèbre, tous deux basés sur des nuances de gris (du ciel) et de blanc (de la neige) : Effet de neige, soleil couchant et Le train dans la neige. La locomotive, toutes deux datées de 1875 et peintes à Argenteuil. Des vues d’hiver qui permettent au peintre de se mesurer à de nouveaux effets de lumière et de contraste, mettant en valeur ses talents de coloriste. La section des peintures en plein air comprend des œuvres que Monet a eu l’occasion de réaliser lors de ses séjours en France et à l’étranger, comme aux Pays-Bas, en Norvège et à Londres. Il s’agit principalement d’œuvres caractérisées par une gamme de couleurs qui devient plus “colorée” et plus claire que les gris précédents, et par une matière picturale plus dense, avec des coups de pinceau clairement visibles sur la toile.

Claude Monet, Portrait de Michel Monet avec un chapeau à pompon (1880 ; huile sur toile, 47 × 37 cm ; Paris, Musée Marmottan Monet, Legs Michel Monet, 1966, Inv. 5018)
Claude Monet, Portrait de Michel Monet avec un chapeau à pompon (1880 ; huile sur toile, 47 × 37 cm ; Paris, Musée Marmottan Monet, Legs Michel Monet, 1966, Inv. 5018)
Gilbert Alexandre de Séverac, Portrait de Claude Monet (première moitié de 1865 ; huile sur toile, 40 × 32 cm ; Paris, Musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5065)
Gilbert Alexandre de Séverac, Portrait de Claude Monet (première moitié de 1865 ; huile sur toile, 40 × 32 cm ; Paris, musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5065)
Eugène Boudin, Crinoline sur la plage (après 1860 ; aquarelle, 17 × 27,5 cm ; Paris, Musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5057)
Eugène Boudin, Crinoline sur la plage (après 1860 ; aquarelle, 17 × 27,5 cm ; Paris, musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5057)
Claude Monet, La plage de Trouville (1870 ; huile sur toile, 38 × 46 cm ; Paris, musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5016)
Claude Monet, La plage de Trouville (1870 ; huile sur toile, 38 × 46 cm ; Paris, musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5016)
Claude Monet, Effet de neige, soleil couchant (1875 ; huile sur toile, 53 × 64 cm ; Paris, Musée Marmottan Monet, don Eugène et Victorine Donop de Monchy, 1940, Inv. 4019)
Claude Monet, Effet de neige, soleil couchant (1875 ; huile sur toile, 53 × 64 cm ; Paris, musée Marmottan Monet, legs Eugène et Victorine Donop de Monchy, 1940, Inv. 4019)
Claude Monet, Le train dans la neige. La locomotive (1875 ; huile sur toile, 59 x 78 cm ; Paris, Musée Marmottan Monet, don Eugène et Victorine Donop de Monchy, 1940, Inv. 4017)
Claude Monet, Le train dans la neige. La locomotive (1875 ; huile sur toile, 59 × 78 cm ; Paris, musée Marmottan Monet, don d’Eugène et Victorine Donop de Monchy, 1940, Inv. 4017)
Claude Monet, Plage de Pourville, soleil couchant (1882 ; huile sur toile, 60 × 73 cm ; Paris, Musée Marmottan Monet, Legs Michel Monet, 1966, Inv. 5008)
Claude Monet, Plage de Pourville, soleil couchant (1882 ; huile sur toile, 60 × 73 cm ; Paris, musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5008)
Claude Monet, Bateau à voile, effet du soir (1885 ; huile sur toile, 54 × 65 cm ; Paris, musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5171)
Claude Monet, Bateau à voile, effet du soir (1885 ; huile sur toile, 54 × 65 cm ; Paris, musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5171)
Claude Monet, Champ d'iris jaunes à Giverny (1887 ; huile sur toile, 45 × 100 cm ; Paris, musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5172)
Claude Monet, Champ d’iris jaunes à Giverny (1887 ; huile sur toile, 45 × 100 cm ; Paris, musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5172)
Claude Monet, Champ de tulipes en Hollande (1886 ; huile sur toile, 54x81 cm ; Paris, Musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5173)
Claude Monet, Champ de tulipes en Hollande (1886 ; huile sur toile, 54 × 81 cm ; Paris, musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5173)

Le regard du visiteur est ensuite poursuivi par La plage de Pourville, soleil couchant, où le peintre rend les variations de la lumière et le soleil couchant se reflétant sur la mer, la plage, les falaises et créant des nuances suggestives dans le ciel ; Voilier, effet du soir, peint sur la plage d’Étretat: un voilier est représenté de manière sombre au centre du port de plaisance, contrastant avec les tons pastel allant du jaune au rose qui occupent toute la scène et créent une solution de continuité entre le ciel et la mer ; Champ d’iris jaunes à Giverny, dans lequel les fleurs sont représentées par des touches jaunes juxtaposées qui deviennent de plus en plus larges à l’arrière-plan. L’œuvre rappelle les peintures que l’artiste a réalisées aux Pays-Bas, où il a séjourné à deux reprises, comme dans Champ de tulipes en Hollande exposé ici. L’homme représenté en demi-teinte avec son chapeau qui nous regarde de biais est Poly, diminutif d’Hippolyte Guillaume, un pêcheur de homards qui, pour deux francs par jour, devint le portier de Monet lors de son séjour de septembre à novembre 1886 à Belle-Île-en-Mer, une île française au large de la Bretagne, et qui accompagna en même temps le peintre dans sa découverte du caractère sauvage de l’île. Nous passons ensuite à la peinture nordique en plein air de la Norvège, où Monet séjourne entre février et mars 1895, profitant de la présence dans l’État scandinave de Jacques Hoschedé, le fils aîné de sa seconde épouse Alice. Voici donc Paysage norvégien. Les maisons bleues: le peintre a été profondément fasciné par un petit village aux maisons de bois entourées de neige : le brun des maisons contraste avec le blanc de la neige et les irisations du ciel dans les tons jaunes et orangés. Et les maisons rouges de Björnegaard, des maisons colorées qui lui rappelaient les villages japonais qu’il avait connus grâce aux estampes qu’il avait achetées en Hollande et à Paris et qu’il conservait dans sa maison de Giverny. Et enfin la peinture en plein air à Londres, où l’artiste a séjourné à plusieurs reprises de 1870 à 1901. Elle est exposée ici, à côté du pont de Charing Cross. Fumée dans le brouillard. Impression (1902), le tableau de 1905 qui représente la silhouette des Chambres du Parlement à contre-jour au coucher du soleil, un expédient qui lui permet de créer des reflets chatoyants sur la Tamise. C’est aussi l’un des espaces les plus évocateurs de l’exposition : un siège circulaire a été placé au centre de la salle, sur lequel sont projetées des images de certaines œuvres thématiques du peintre. L’œuvre la plus célèbre de Monet, celle qui a probablement initié l’impressionnisme, ou Impression, soleil levant, aurait peut-être trouvé sa place dans cette section de la peinture en plein air: le célèbre tableau appartient à la collection du musée Marmottan Monet mais est aujourd’hui extraordinairement prêté au musée d’Orsay pour l’exposition qui se tient jusqu’au 14 juillet 2024 Paris 1874. L’invention de l’impressionnisme, qui célèbre la première exposition impressionniste tenue à Paris en 1874, il y a exactement 150 ans.

Un autre chapitre fondamental de la vie et de l’art de Monet est bien sûr son installation dans sa propriété de Giverny, où il a passé les vingt dernières années de sa vie entouré de ses toiles remplies de fleurs et surtout de son jardin. C’est d’ailleurs le thème de la section suivante : le visiteur se retrouve entouré de toiles représentant des iris aux pétales bleu-violet, des hémérocalles et des nénuphars, des fleurs que l’on retrouve dans son splendide jardin d’eau de Giverny, dans lequel se reflètent également les saules pleureurs que le peintre avait plantés autour de l’étang. Dans la partie supérieure droite de la toile se trouve également un tableau représentant une barque, celle sur laquelle les filles de sa seconde épouse, Suzanne et Blanche Hoschedé, embarquaient souvent pour naviguer comme passe-temps sur les eaux de l’Epte, qui coulait juste à côté de la maison de Giverny. En effet, comme pour les nénuphars, le sujet du bateau est l’occasion pour Monet de se concentrer sur les herbes aquatiques et les reflets multicolores qu’elles créent sur l’eau, ici rendus sous forme de véritables filaments. Une vitrine abrite également la palette de Monet, les lunettes post-opératoires de la cataracte bilatérale (diagnostiquée chez le peintre en 1912) et sa pipe, provenant du musée Marmottan.

Claude Monet, Paysage norvégien. Les maisons bleues (1895 ; huile sur toile, 61 × 84 cm ; Paris, Musée Marmottan Monet, Legs Michel Monet, 1966, Inv. 5169)
Claude Monet, Paysage norvégien. Les maisons bleues (1895 ; huile sur toile, 61 × 84 cm ; Paris, musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5169)
Claude Monet, Pont de Charing Cross. Fumée dans le brouillard. Impression (1902 ; huile sur toile, 73 × 92 cm ; Paris, Musée Marmottan Monet, Legs Michel Monet, 1966, Inv. 5001)
Claude Monet, Pont de Charing Cross. Fumée dans le brouillard. Impression (1902 ; huile sur toile, 73 × 92 cm ; Paris, musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5001)
Claude Monet, Londres. Le Parlement. Reflets sur la Tamise (1905 ; huile sur toile, 81,5 x 92 cm ; Paris, Musée Marmottan Monet, Legs Michel Monet, 1966, Inv. 5007)
Claude Monet, Londres. Le Parlement. Reflets sur la Tamise (1905 ; huile sur toile, 81,5 × 92 cm ; Paris, musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5007)
Claude Monet, Emerocallides (1914-1917 ; huile sur toile, 150 x 140,5 cm ; Paris, Musée Marmottan Monet, Legs Michel Monet, 1966, Inv. 5097)
Claude Monet, Émeraudes (1914-1917 ; huile sur toile, 150 x 140,5 cm ; Paris, musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5097)
Claude Monet, Nymphéas (v. 1916-1919 ; huile sur toile, 130 x 152 cm ; Paris, Musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5098)
Claude Monet, Nymphéas (v. 1916-1919 ; huile sur toile, 130 x 152 cm ; Paris, musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5098)
Claude Monet, Étang aux nénuphars (vers 1918-1919 ; huile sur toile, 73 × 105 cm ; Paris, musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5105)
Claude Monet, Étang aux n énuphars (v. 1918-1919 ; huile sur toile, 73 × 105 cm ; Paris, musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5105)
Claude Monet, L'Avenue des roses (vers 1920-1922 ; huile sur toile, 92 × 89 cm ; Paris, musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5104)
Claude Monet, L’Avenue des roses (v. 1920-1922 ; huile sur toile, 92 × 89 cm ; Paris, musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5104)
Claude Monet, Le pont japonais (vers 1918-1919 ; huile sur toile, 74×92 cm ; Paris, musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5177)
Claude Monet, Le Pont japonais (v. 1918-1919 ; huile sur toile, 74 × 92 cm ; Paris, musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5177)
Claude Monet, Saule pleureur (1918-1919 ; huile sur toile, 100 x 120 cm ; Paris, Musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5080)
Claude Monet, Saule pleureur (1918-1919 ; huile sur toile, 100 x 120 cm ; Paris, musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5080)
Claude Monet, Glycine (1919-1920 ; huile sur toile, 100 x 300 cm ; Paris, Musée Marmottan Monet, Legs Michel Monet, 1966, Inv. 5124)
Claude Monet, Glycine (1919-1920 ; huile sur toile, 100 x 300 cm ; Paris, musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, Inv. 5124)

Suit une salle presque circulaire au centre de laquelle se trouve un siège sur lequel tournent des images de nénuphars: des toiles avec des nénuphars et des iris, jaunes cette fois, reviennent sur les murs. Le thème est celui des Grandes Décorations: les panneaux monumentaux aux nénuphars, sur lesquels Monet a travaillé jusqu’à sa mort, et qui ont conduit à la création des fameuses salles ovales de l’Orangerie.

Enfin, la dernière section témoigne d’un changement marqué dans les couleurs et les formes, allant presque jusqu’à l’abstraction, comme dans le cas du tableau Le jardin de Giverny, où les détails réalistes sont éliminés pour ne conserver que de grandes masses de couleurs : un mode qui influencera les peintres abstraits américains de la seconde moitié du XXe siècle. Les bruns, les rouges et les jaunes dominent dans ces œuvres, comme dans l’Étang aux nénuphars, l’Avenue des roses, le Pont japonais ou le Saule pleureur. Un changement dicté par des problèmes de vue qui ont altéré sa perception des couleurs, mais qui l’ont probablement conduit inconsciemment à une peinture extrêmement moderne et encore plus gestuelle. L’exposition se termine par deux grandes toiles allongées consacrées à la glycine, plante qui, dans la maison de Giverny, grimpait et tombait sur l’arche installée sur le pont japonais. Leur grande taille et leur forme allongée nécessitaient un emplacement approprié : elles étaient en effet destinées à décorer le pavillon de jardin de l’hôtel Biron à Paris (l’actuel musée Rodin), mais le projet fut abandonné au profit de l’exposition de l’Orangerie. Conservées au musée Marmottan Monet, ces glycines qui tendent elles aussi vers l’abstraction avec une extraordinaire évanescence n’ont jamais été exposées du vivant du peintre.

A travers toutes ces œuvres arrivées en bloc de Paris, c’est tout l’univers artistique de Monet et les thèmes qui ont caractérisé sa production qui sont ainsi retracés, depuis ses débuts jusqu’aux Grandes Décorations qui ont conduit à l’abstraction. Un parcours chronologique balisé de manière linéaire dans les différentes sections thématiques, enrichi également d’un parcours didactique sur la lumière et les couleurs. Même si, pour l’essentiel, elle n’apporte rien à notre connaissance du père de l’impressionnisme, la visite de l’exposition de Padoue est une occasion à ne pas manquer si l’on n’a jamais visité le musée Marmottan Monet à Paris, le musée que tout amateur du grand peintre se doit de visiter au moins une fois dans sa vie.


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