Aldo Colò, réflexion sur la forme. À propos de l'exposition de Trieste


Du 11 décembre 2019 au 24 janvier 2020, Trieste accueille une exposition consacrée à un artiste frioulan du XXe siècle: Aldo Colò (Modène, 1928 - Cividale del Friuli, 2015). Elle s'intitule "Fragmenta" et sa commissaire Francesca Agostinelli nous en parle dans cette contribution.

Une exposition de plus de cinquante toiles dans le bâtiment du Conseil régional du Frioul-Vénétie Julienne rend hommage à Aldo Colò, le peintre “abstrait”, “géométrique”, dont l’histoire humaine et professionnelle s’inscrit dans l’après-guerre du Frioul et a accompagné la culture du territoire jusqu’en 2015, lorsque le peintre, âgé de presque quatre-vingt-dix ans, nous a quittés. Colò revit dans une sélection d’œuvres qui insistent sur l’une de ses figures persistantes, cet ovale qui, né dès les années 1960, a accompagné la réflexion intellectuelle de l’artiste, devenant une icône dans laquelle, en 1980, Colò a même inscrit son autoportrait. Des peintures ovales sur fond noir ou gris, des ovales contenant des bandes ou d’autres formes géométriques, de grands ovales aux couleurs vives ou à la palette réduite au strict minimum sont exposés, parfois pour la première fois, sur les murs du premier étage de la via Oberdan à Trieste, dans les espaces entourant la grande salle du Conseil régional. Il s’agit de toiles qui racontent la genèse d’une forme et ses différentes articulations compositionnelles, formelles et chromatiques au fil du temps jusqu’à sa déflagration à la fin du millénaire, lorsque la certitude des acquis a laissé place à une fragmentation qui ne connaîtra plus jamais de réparation ni d’apaisement.

Aldo Colò, Traces sur carré noir (1972 ; technique mixte sur toile, 35 x 50 cm)
Aldo Colò, Traces sur carré noir (1972 ; technique mixte sur toile, 35 x 50 cm)


Aldo Colò, Sans titre (1974 ; technique mixte sur toile, 35 x 50 cm)
Aldo Colò, Sans titre (1974 ; technique mixte sur toile, 35 x 50 cm)


Aldo Colò, Sans titre (1980 ; technique mixte sur toile, 40 x 50 cm)
Aldo Colò, Sans titre (1980 ; technique mixte sur toile, 40 x 50 cm)


Aldo Colò, Sans titre (1981 ; technique mixte sur toile, 92 x 73 cm)
Aldo Colò, Sans titre (1981 ; technique mixte sur toile, 92 x 73 cm)

Mais les œuvres ne sont pas les seules à raconter l’histoire de l’artiste: l’exposition comprend une série de photographies que Danilo De Marco a prises au cours des années 1990, à plusieurs reprises, sur les lieux de travail de Colò: d’abord à Ipplis, puis à Premariacco.

Dans les clichés de De Marco, le peintre est entouré de ses œuvres, il joue avec son image et donne avec amusement au photographe des situations qui mettent à nu cette substance humaine qu’en dehors de l’officialité du monde professionnel, le peintre réservait à ses amis choisis. Le visiteur peut ainsi voir pour la première fois les tirages spécialement réalisés par le photographe en récupérant les négatifs de l’époque dans les archives, restituant sur papier aux sels d’argent une densité matérielle rare et difficile à trouver dans la photographie contemporaine.

Les portraits de Colò sont accompagnés dans l’exposition par la poésie d’Elio Bartoliniqui, également dans les années 1990, a écrit pour son ami un texte dont le titre sonne comme une dédicace: Pa la piture di Aldo. Peut-être l’un des textes les plus efficaces pour exprimer l’homme, son œuvre et le sentiment que représentait la figure de Colò dans le contexte artistique de cette “époque” si proche, Bartolini a écrit sur l’homme et son œuvre. Bartolini écrit sur la capacité de ses géométries à raconter le monde par analogie, sans bruit, sans clameur, mais dans la claire théologie de “un piturâ/ che a j basta la sô veretât e vonde”. Une peinture qui méritait l’affection et l’estime de ses compagnons de route.

Pour enrichir le point de vue de l’exposition, les vitrines contiennent un certain nombre de textes autographes du peintre, qui a accompagné les années de sa vie avec des réflexions qu’il notait quotidiennement sur des papiers qui témoignent aujourd’hui de son envergure poétique et littéraire, de son attention aux thèmes de l’art et aux problèmes du monde.

C’est à partir de ces papiers, provenant des archives du peintre et largement inexplorés, que Colò a puisé la matière pour la réalisation de"Fragmenta", un petit volume mince qui nous permet de regarder l’artiste au plus profond de sa pensée.

Fragmenta est également le titre de l’exposition, dont le nom rappelle l’intérêt qui anime l’initiative et l’intention d’associer les réflexions théoriques du maître à son œuvre, ainsi que le contexte extraordinaire dans lequel le peintre s’est trouvé à travailler et à vivre, en compagnie de figures centrales du système culturel dont il a été une partie vivante: Des intellectuels comme Elio Bartolini, Tito Maniacco, Luciano Morandini et Amedeo Giacomini ont dédié au Maestro Colò des poèmes et des textes qui témoignent de l’estime qui l’entourait.

Pour soutenir l’exposition, un catalogue a été réalisé avec des textes de Francesca Agostinelli et de l’architecte Giovanni Vragnaz, accompagnés de la version finale du poème d’Elio Bartolini, à laquelle l’auteur est parvenu en 2005.

Aldo Colò. Photographie de Danilo De Marco
Aldo Colò. Photographie de Danilo De Marco


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