A quoi ressemble l'édition 2026 de Modenantiquaria : rapport de prix


Une édition importante qui célèbre presque quarante ans d'activité : Modenantiquaria se confirme comme l'un des rendez-vous les plus importants pour les antiquités de haut niveau. Entre nouveautés et grands retours, Federico Giannini et Ilaria Baratta nous guident à travers les stands des marchands qui arrivent à Modenafiere.

Derniers jours pour voir l’édition 2026 de Modenantiquaria, la trente-neuvième du rendez-vous dédié à la haute antiquité qui, au fil du temps, a assumé un rôle stable dans le calendrier des expositions nationales et internationales. Inaugurée vendredi dernier, le 6 février, avec un moment convivial pour les invités, l’exposition se poursuivra jusqu’au 15 février : il y a déjà beaucoup d’autocollants rouges sur les stands, mais il est encore temps de faire des achats dans la dernière partie de l’événement. Patronnée par l’Associazione Antiquari d’Italia et la FIMA, et soutenue pour cette édition par Confcommercio Imprese per l’Italia, l’Office National du Tourisme, la Région Emilia-Romagna, la Municipalité et la Chambre de Commerce de Modène, elle franchit une étape importante en marquant presque quarante ans d’activité : une continuité qui témoigne de la capacité du secteur à se mesurer à un marché changeant sans renoncer à ses conditions qualitatives.

L’édition 2026 coïncide également avec un changement significatif dans la structure organisationnelle : Marte S.r.l., une filiale de Confcommercio Modena, a en effet assumé un rôle direct dans la gestion de l’exposition, avec l’intention déclarée de renforcer sa dimension économique et culturelle. L’intention a été couronnée de succès puisque cette année, malgré quelques défections par rapport à l’année dernière, on note la participation d’importants antiquaires qui, après une période d’absence, reviennent à Modenafiere avec leur stand. Ainsi, entre autres, Lampronti, Subert et Piva, quelques-uns des noms les plus illustres du secteur national des antiquités, sont de nouveau présents. L’événement est complété par la collaboration avec l’Associazione Antiquari d’Italia pour l’exposition thématique Il Ritratto tra Sacro e Profano (Portrait entre Sacré et Profane), qui a impliqué de nombreux galeristes présents avec des stands, mais aussi des noms importants qui n’ont pas participé à l’événement cette année et qui sont donc en quelque sorte présents à Modenantiquaria : de Giorgio Baratti à Miriam Di Penta, de Frediano Farsetti à Antonacci Lapiccirella, et même deux jeunes galeries comme Caretto&Occhinegro et Goldfinch. Chaque participant a été invité à présenter une œuvre représentative, dans un parcours qui traverse la peinture, la sculpture, le design, le mobilier et les arts décoratifs, avec un critère de sélection basé sur la qualité (et presque toutes les œuvres présentées dans l’exposition ont un prix: la transparence des organisateurs est donc louable). Comme d’habitude, le parcours de l’exposition est divisé en une séquence de stands répartis en une galerie initiale et quatre carrés, chacun portant le nom de grands artistes émiliens (Correggio, les Carraccis, Guido Reni, Guercino) qui restituent la pluralité des écoles et des genres dans un parcours qui va du Moyen Âge au XXe siècle.

Modenantiquaria 2026
Modenantiquaria 2026

Notre itinéraire commence par le stand d’une galerie qui joue à domicile, la modénoise Giusti Antichità, où se distingue l’une des œuvres les plus discutées de cette édition : le Saint Jérôme au lion de Giovanni Ricca, huile sur toile datant d’environ 1643, proposé à 90 000 euros. Provenant d’une collection privée et étudiée par Stefano Causa, la peinture est en excellent état de conservation. La scène représente le saint dans un intérieur rocheux à peine défini, en train de tourner son regard vers le sommet de la croix de bois tout en tenant un crâne dans ses mains, comme s’il le gardait. L’œuvre appartient à la phase de maturité de l’artiste napolitain, né en 1603, l’un des interprètes les plus autonomes du langage de Ribera. Par rapport au maître espagnol, Ricca atténue les effets les plus durs et matériels, proposant une version plus polie et méditée du naturalisme de Ribera. Une œuvre importante pour ouvrir l’exposition, qui dialogue, toujours chez Giusti Antichità, avec un San Girolamo nel deserto de Guercino, sanguine sur papier, également inédit et provenant d’une collection privée, accompagné d’une étude de David Stone.

Un peu plus loin, Milani Antichità proposait une paire de toiles de l’artiste florentin Pier Dandini, David avec la tête de Goliath et Judith avec la tête d’Holopherne, proposées à 55 000 €. Publiées dans ’Valori Tattili’ en 2020 et vendues aux enchères par Pandolfini en 2017, elles sont aujourd’hui présentées restaurées et accompagnées d’une étude de Francesca Baldassarri. Les deux sujets sont interprétés avec une peinture élégante, caractérisée par des couleurs vives et une sensibilité marquée pour les irisations. De dimensions beaucoup plus importantes, Susanna et les vieillards de Louis Dorigny est une huile sur toile proposée à 200 000 euros. L’artiste, formé en France et longtemps actif entre Venise et Vérone, aborde l’épisode biblique avec une mise en scène théâtrale basée sur le contraste entre le nu lumineux de Suzanne et les figures ombrageuses des vieillards. Le tableau, déjà exposé à la TEFAF en 2020 et accompagné d’une étude d’Enrico Lucchese, trouve un écho dans un dessin préparatoire conservé à la Fondation Giorgio Cini et publié dans le catalogue de l’exposition de 2005 consacrée aux dessins de la collection Fiocco.

Deux allégories, l’une de l’automne et l’autre de l’hiver, d’Eberhart Keilhau, connu en Italie sous le nom de Monsù Bernardo, huiles sur toile proposées à 45 000 euros la paire, sont présentées sur le stand de la Galleria d’Orlane de Casalmaggiore. Les œuvres, recherchées par Minna Heimbürger et incluses dans la monographie de 1988 consacrée au peintre danois, font partie d’une série de saisons qui n’ont pas été entièrement retracées aujourd’hui, et reflètent l’intérêt croissant du marché pour la “peinture de la réalité” dont Keilhau a été l’un des pionniers. À côté, le stand de la Santa Barbara Art Gallery propose des sculptures médiévales et de la Renaissance : parmi les pièces les plus intéressantes figurent un lion en pierre de la région de Lucques datant du XIIIe siècle, proposé à 44 000 euros, et un Saint Jérôme en bois polychrome de la région de Lombardie, réalisé entre la fin du XVe et le début du XVIe siècle, proposé à 33 000 euros. Le premier se distingue par la synthèse volumétrique et la force symbolique typiques de la sculpture romane ; le second restitue l’image du saint ermite selon une typologie encore gothique, élégante et avec quelques subtilités décoratives (regardez, par exemple, la barbe).

Chez Antiques Par Force, nous rencontrons l’une des pièces les plus intéressantes de l’exposition, le Ritratto di dama alla toeletta (Portrait d’une dame à sa table de toilette ) du peintre méconnu du XVIIIe siècle Rosa Ceroni, huile sur toile signée sur la nappe, proposée à 34 000 euros. Provenant d’une collection privée et transité par Pandolfini à Florence, le tableau représente une figure féminine caractérisée par un rendu précis des objets et des tissus qui dialogue avec la tradition du portrait lombard. La galerie présente également un Saint Paul de Matthias Stom, daté entre 1638 et 1645, estimé à 55 000 euros, accompagné d’une carte de Yuri Primarosa. L’œuvre fait partie de la production mature du maître d’origine néerlandaise actif en Italie, avec une construction lumineuse dans le style du Caravage qui isole la figure du saint dans un fond sombre, en mettant l’accent sur l’intensité psychologique. Dans le stand voisin, la galerie Viezzi Arte d’ Udine réunit des peintures de différentes époques. Le Capriccio architettonico con arco e tempietto (Capriccio architectural avec arc et petit temple ) de Francesco Guardi, proposé à 50 000 euros, est accompagné d’une confirmation orale de Charles Beddington. La toile concentre l’imagination scénographique du peintre vénitien dans un petit format, avec une architecture fantastique baignée d’une lumière atmosphérique vibrante. D’une toute autre ampleur, La Verità scoperta dal tempo de Luca da Reggio, ou Luca Ferrari, est proposée à 90 000 euros. L’œuvre, dont la provenance remonte aux comtes Gotti de Padoue du XVIIe siècle et aux comtes Cornero d’Asti du XIXe siècle, a été publiée dans la monographie de Massimo Pirondini en 1999 et accompagnée d’un dossier critique rédigé par le même érudit en 2025. La composition allégorique, basée sur un entrelacement dynamique de figures, reflète la culture émilienne de la moitié du XVIIe siècle : il est inhabituel que le modèle soit l’épouse de l’artiste, Elisabetta. Selon Pirondini, l’œuvre restitue le naturel d’un artiste qui, sorti de sa phase de jeunesse, avait atteint la pleine maîtrise de son langage expressif, à la manière d’un “Émilien en liberté qui accepte l’idiome vénitien”.

Giovanni Ricca, Saint Jérôme au lion (vers 1643 ; huile sur toile, 102 x 75 cm). Prix : 90 000 euros
Giovanni Ricca, Saint Jérôme au lion (vers 1643 ; huile sur toile, 102 x 75 cm). Prix : 90 000 euros
Guercino, Saint Jérôme dans le désert (sanguine sur papier, 413 x 285 mm). Prix : 75 000 euros
Guercino, Saint Jérôme au désert (sanguine sur papier, 413 x 285 mm). Prix : 75.000 euros
Louis Dorigny, Suzanne et les vieillards (huile sur toile, 150 x 210 cm). Prix : 200 000 euros
Louis Dorigny, Suzanne et les vieillards (huile sur toile, 150 x 210 cm). Prix : 200.000 euros
Eberhart Keilhau alias Monsieur Bernard, Allégorie de l'automne et Allégorie de l'hiver (huile sur toile, 75 x 99 cm).Prix : 45 000 euros la paire.
Eberhart Keilhau dit Monsieur Bernard, Allégorie de l’automne et Allégorie de l’hiver (huile sur toile, 75 x 99 cm).Prix : 45 000 euros la paire.
Région de Lucques ( ?), Leo (13ème siècle ; pierre). Prix : 44 000 euros
Ambito lucchese ( ?), Leo (13ème siècle ; pierre). Prix : 44.000 euros
Ambitus lombard, Saint Jérôme (fin XVe-début XVIe siècle ; bois polychrome). Prix : 33.000 euros
Ambitus lombard, Saint Jérôme (fin XVe-début XVIe siècle ; bois polychrome). Prix : 33.000 euros
Rosa Ceroni, Portrait d'une dame à sa toilette (huile sur toile, 134 x 96,5 cm). Prix : 34 000 euros
Rosa Ceroni, Portrait d’une dame à sa toilette (huile sur toile, 134 x 96,5 cm). Prix : 34 000 euros
Matthias Stom, Saint Paul (1638-1645 ; huile sur toile, 80 x 60 cm). Prix : 55 000 euros
Matthias Stom, Saint Paul (1638-1645 ; huile sur toile, 80 x 60 cm). Prix : 55.000 euros
Francesco Guardi, Capriccio architettonico con arco e tempietto (huile sur toile, 23 x 32 cm). Prix : 50 000 euros
Francesco Guardi, Capriccio architectural avec arc et petit temple (huile sur toile, 23 x 32 cm). Prix : 50.000 euros
Luca da Reggio, La vérité découverte par le temps (huile sur toile, 99 x 151 cm). Prix : 90 000 euros
Luca da Reggio, La vérité découverte par le temps (huile sur toile, 99 x 151 cm). Prix : 90 000 euros

La Galleria d’Arte del Caminetto a étendu le champ chronologique au XXe siècle avec Il direttore d’orchestra de Guglielmo Sansoni, dit Tato, proposé à 20 000 euros, et Marina a Sestri Levante (1916) de Mario De Maria, proposé à 11 000 euros. Dans le premier cas, l’intérêt se porte sur une vision liée aux recherches futuristes et post-futuristes ; dans le second, la vue marine, caractérisée par une vive luminosité, transmet une atmosphère suspendue et lyrique, en accord avec la sensibilité symboliste de l’artiste bolonais. Phidias Antiques, Modern & Contemporary Art pêche également entre le 19e et le 20e siècle : le Portrait de Donna Ludovica Altieri par Vittorio Matteo Corcos, daté de 1904 (85,5 x 71 cm), est proposé à 75 000 euros. Signé et publié dans le catalogue de l’exposition Corcos. I sogni della Belle Époque qui s’est tenue à Padoue en 2014, le tableau représente la jeune Lodovica Altieri à l’occasion de son mariage avec Margherito Guidotti. Corcos construit l’image de la jeune femme avec une palette légère et froide, jouant sur des teintes nacrées qui s’accordent avec son teint et sa robe blanche comme neige, ornée d’un nœud blanc et d’un bouquet de marguerites. L’axe psychologique est capté par le regard, dans lequel transparaît une agitation à peine perceptible. Phidias présente également Les Baigneuses (1922) d’Albert Philippot, un grand triptyque sur trois toiles d’une dimension totale de 151 x 401 cm, proposé à 90 000 euros. Signée, l’œuvre représente un exemple de peinture décorative monumentale des années 1920, avec des nus féminins immergés dans un paysage marin Art nouveau. Les figures, presque grandeur nature, se détachent sur un fond bidimensionnel aux contours nets, avec des références évidentes au graphisme japonais et à la tradition de Botticelli.

Nous poursuivons avec le stand de l’Antichità La Pieve de Brescia où se distinguent deux tableaux de Giovanni Crivelli dit Crivellino, Poissons et crustacés sur un rocher et Oiseaux des marais dans un étang, proposés entre 25 000 et 35 000 euros chacun. Les deux scènes animalières, caractérisées par une description précise des espèces, témoignent du succès du genre en Lombardie au XVIIIe siècle. Sur le stand voisin d’Ars Antiqua, un Saint Jean-Baptiste dans le désert d’un artiste étudié par Massimo Pulini et récemment rebaptisé par lui “ Maestro degli Armenti ”, anciennement connu sous le nom de Pseudo Salini ou Maestro della Flagellazione Lampronti, a été proposé à 36 000 euros. La figure du saint, allongée et posée en torsion, est accompagnée d’un bélier et d’un roseau transformé en croix. L’œuvre, que l’on peut dater des années 1760, reflète une culture figurative d’ambiance romaine actualisée par les expériences caravagesques de la deuxième génération, avec des affinités avec Gregorio Preti. Ars Antiqua présente également la Vierge à l’Enfant trônant avec des anges et la Déposition de Zanino di Pietro, détrempe sur panneau, proposée à 34 000 euros et accompagnée d’une carte de Mauro Minardi. Le panneau, articulé sur deux registres superposés, présente dans la partie inférieure la Vierge et l’Enfant devant un fond d’or poinçonné, tandis que le registre supérieur représente une Pietà. L’œuvre, qui fait probablement partie d’un polyptyque démembré, témoigne de la phase de maturité du maître actif entre le XIVe et le XVe siècle, avec un langage qui combine l’élégance gothique et la sensibilité vénitienne. Un autre témoignage de l’intérêt pour la peinture de la réalité, le Jeune poissonnier de Giacomo Francesco Cipper, proposé à 16 000 euros, mérite également d’être vu. Le tableau représente un jeune homme qui pèse ses prises, avec au premier plan une nature morte de poissons rendue avec une méticulosité naturaliste. La figure, monumentale et frontale, se détache sur un fond à peine perceptible, conformément à la production mature de l’artiste, caractérisée par l’attention portée aux sujets populaires et à la consistance matérielle de la peinture.

En poursuivant le parcours de l’exposition, sur le stand de Federico Andrisani, l’une des œuvres les plus significatives est une Crucifixion de Louis de Caullery, une huile sur panneau proposée à 20 000 euros, qui fait partie de la production du maître actif entre Anvers et l’Italie du Nord dans les premières décennies du XVIIe siècle. La scène, de format intimiste, organise le récit sacré selon une scansion claire des figures, avec une attention au rendu des vêtements et à la disposition des groupes, selon la sensibilité narrative qui caractérise la peinture flamande du début du XVIIe siècle.

LeCouronnement d’épines de Bartolomeo Cesi, présenté sur le stand adjacent d’Ossimoro à 28 000 euros et accompagné d’une contribution historico-critique d’Enrico Ghetti, est d’une tonalité différente. L’œuvre reflète la mesure posée du maître bolonais, interprète d’une religiosité recueillie et contrôlée. La scène est construite sans excès théâtraux : la souffrance du Christ émerge à travers une modulation calibrée de la lumière et des gestes retenus, en ligne avec le tempérament post-tridentin qui a trouvé à Bologne des expressions de spiritualité rigoureuse. En particulier, selon Ghetti, l’auteur de ce Couronnement d’épines montre qu’il a réfléchi à ces innovations et qu’il a compris et enregistré la nécessité d’un retour à la clarté figurative et conceptuelle exigée par le Discours sur les images sacrées de Gabriele Paleotti, en la greffant sur la tradition maniériste locale poursuivie dans ces années-là par des artistes tels que Prospero Fontana et Orazio Samacchini, Pellegrino Tibaldi et d’autres encore

D’autre part,Cantore Galleria Antiquaria concentre son attention sur un certain nombre de présences importantes du XVIIe siècle italien, unies par des études consolidées et une documentation d’exposition significative. Le Saint Jean-Baptiste de Hendrick de Somer, huile sur toile, est proposé à 130 000 euros. L’œuvre, étudiée par Nicola Spinosa et publiée à plusieurs reprises, notamment lors des expositions napolitaines de 2009 et 2010 consacrées au XVIIe siècle napolitain et de l’exposition de 2025 à Rome sur la Genèse et le devenir du baroque entre Rome et Naples, témoigne de l’assimilation du caravagisme napolitain par le peintre flamand transplanté en Campanie. La figure de Jean-Baptiste, à la monumentalité solide, émerge d’un fond boisé à travers un décor luminescent qui met en valeur la consistance plastique de son corps, aux traits adolescents et à la sensualité langoureuse. À côté de cette toile se trouve le Portrait d’une dame de Scipione Pulzone, proposé à 120 000 euros. La provenance documentée - de la famille Conti Negroni à Gênes à la collection Baroni à Florence, en passant par la Galleria Sestieri à Rome et Gilberto Zabert à Turin en 1989 - va de pair avec la participation à l’exposition de 2013 à Gaeta consacrée au maître et la publication dans le catalogue édité par Xavier Salomon. L’œuvre réitère le caractère distinctif de Pulzone : un contrôle rigoureux du dessin, une investigation presque maniaque des tissus (voir le rideau) et une pénétration psychologique confiée au regard, équilibrée entre la distance aristocratique et l’introspection. La sélection est complétée par le San Giovannino de Francesco De Rosa, dit Pacecco De Rosa, proposé à 140 000 euros. Exposée en 2010 à Cesena dans l’exposition La croce, la testa e il piatto (La croix, la tête et le plat) et en 2025 à Rome dans l’exposition sur le Baroque entre Rome et Naples, la peinture, en dialogue avec celle de Somer, présente une figure de jeune homme modelée par un clair-obscur intense, dans un équilibre entre naturel et grâce formelle qui reflète la culture figurative napolitaine de la moitié du XVIIe siècle.

Guglielmo Sansoni dit Tato, le chef d'orchestre. Prix : 20 000 euros
Guglielmo Sansoni dit Tato, le chef d’orchestre. Prix : 20 000 euros
Mario De Maria, Marina à Sestri Levante (1916). Prix : 11 000 euros
Mario De Maria, Marina in Sestri Levante (1916). Prix : 11 000 euros
Vittorio Matteo Corcos, Donna Ludovica Altieri (1904 ; huile sur toile, 85,5 x 71 cm). Prix : 75 000 euros
Vittorio Matteo Corcos, Donna Ludovica Altieri (1904 ; huile sur toile, 85,5 x 71 cm). Prix : 75 000 euros
Albert Philippot, Les Baigneuses (1922 ; huile sur toile, 151 x 401 cm). Prix : 90 000 euros
Albert Philippot, Les Baigneuses (1922 ; huile sur toile, 151 x 401 cm). Prix : 90 000 euros
Giovanni Crivelli dit Crivellino, Poissons et crustacés sur un rocher et oiseaux des marais dans un étang (huile sur toile, 117 x 146 cm). Prix : entre 25 et 35 000 euros la paire
Giovanni Crivelli dit Crivellino, Poissons et crustacés sur un rocher et oiseaux des marais dans un étang (huile sur toile, 117 x 146 cm). Prix : entre 25 et 35.000 euros la paire
Maître des Armenti (anciennement Pseudo Salini, anciennement Maître de la Flagellation Lampronti, anciennement Maître de Baranello), Saint Jean-Baptiste dans le désert (huile sur toile, 172 x 123 cm). Prix : 36.000 euros
Maître des Armenti (anciennement Pseudo Salini, anciennement Maître de la Flagellation Lampronti, anciennement Maître de Baranello), Saint Jean-Baptiste dans le désert (huile sur toile, 172 x 123 cm). Prix : 36.000 euros
Zanino di Pietro, Vierge à l'enfant trônant avec des anges et déposition (tempera sur panneau, 66 x 42 cm)
Zanino di Pietro, Vierge à l’enfant trônant avec des anges et déposition (tempera sur panneau, 66 x 42 cm).
Giacomo Francesco Cipper, Jeune poissonnier (huile sur toile, 117 x 93 cm). Prix : 16 000 euros
Giacomo Francesco Cipper, Jeune poissonnier (huile sur toile, 117 x 93 cm). Prix : 16 000 euros
Louis de Caullery, Crucifixion (huile sur panneau). Prix : 20 000 euros
Louis de Caullery, Crucifixion (huile sur panneau). Prix : 20 000 euros
Bartolomeo Cesi, Couronnement d'épines. Prix : 28 000 euros
Bartolomeo Cesi, Couronnement d’épines (huile sur toile, 62,5 x 53 cm). Prix : 28.000 euros
Hendrick de Somer, Saint Jean-Baptiste (huile sur toile, 184,5 x 151 cm). Prix : 130.000 euros
Hendrick de Somer, Saint Jean-Baptiste (huile sur toile, 184,5 x 151 cm). Prix : 130.000 euros
Scipione Pulzone, Portrait d'une dame (huile sur toile, 118,5 x 97 cm). Prix : 120 000 euros
Scipione Pulzone, Portrait d’une dame (huile sur toile, 118,5 x 97 cm). Prix : 120.000 euros
Francesco De Rosa, dit Pacecco De Rosa, San Giovannino (huile sur toile, 112,5 x 92 cm). Prix : 140 000 euros
Francesco De Rosa dit Pacecco De Rosa, Saint Jean-Baptiste (huile sur toile, 112,5 x 92 cm). Prix : 140.000 euros

La visite se poursuit avec Enrico Gallerie d’Arte, qui déplace l’axe chronologique vers la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe siècle. La Piccola ballerina d’Antonio Mancini, une imposante toile verticale de 154 x 76 cm, est proposée à plus de 200 000 euros. L’œuvre met en valeur la matière picturale épaisse et vibrante typique de l’artiste, avec une construction lumineuse qui fait émerger la figure - une petite fille nue et couverte seulement d’une robe de soie blanche subtilement modulée dans différentes nuances de blanc - d’un fond sombre sur lequel se détachent quelques accessoires. La présence de la jeune danseuse est confiée à la tension entre le geste et l’immobilité, dans un équilibre instable qui caractérise la recherche de Mancini. Un curieux tableau de Plinio Nomellini, Compagni di sventura (Compagnons d’infortune), est proposé à 35 000 euros, tandis que La raccolta delle patate (La récolte des pommes de terre ) d’ Adolfo Tommasi, scène rustique typique du grand peintre léghorien, est proposée à environ 40 000 euros. Toujours entre la fin du 19e et le début du 20e siècle, Della Scala Antichità a présenté une belle Séduction d’Enrico Sorio, à 12 000 €. Le tableau aborde le thème du nu avec une déclinaison de la fin du XIXe siècle qui met l’accent sur sa dimension esthétique plutôt que narrative. La figure féminine, l’éventail baissé et le menton légèrement relevé, est entourée d’éléments symboliques tels que des hortensias et une mandoline, faisant allusion au sentiment dont la figure devient l’allégorie, dans un contexte qui reflète la formation de l’artiste à Vérone et le dialogue avec la peinture de Favretto et de Dall’Oca Bianca.

L’attention portée au début du XXe siècle se poursuit avec 800/900 Art Studio, qui propose, outre un très rare Giovanni Fattori précoce ( les Leçons de lecture d’environ 1853, une œuvre également exposée lors de la récente exposition à Livourne), un tableau intéressant comme La cartomante (1929) de Baccio Maria Bacci à 50 000 €. L’œuvre, avec titre et numéro autographes au verso, provient de la Galleria Giordani de Bologne et a été publiée dans le catalogue de l’exposition de 1982 à l’Accademia delle Arti del Disegno de Florence. La scène, suspendue entre l’introspection et la construction plastique des formes, reflète la période de maturité de l’artiste. Au même prix de 50 000 euros est proposé le tableau Manarola sotto la luna (1905 circa) de Guglielmo Amedeo Lori, déjà présenté à la Biennale de Venise en 1910 et dans des expositions ultérieures consacrées au divisionnisme post-Macchiaioli et toscan. La vue nocturne, posée sur une géométrie lumineuse qui ponctue les maisons du village ligure, transmet une atmosphère raréfiée et silencieuse. L’œuvre est au centre d’une petite exposition sur le divisionnisme toscan proposée par la galerie de Leghorn, la seule de cette édition de Modenantiquaria à donner une orientation curatoriale, avec un thème précis, à son stand (qui est d’ailleurs double). Toujours dans la section des XIXe et XXe siècles, la San Barnaba Galleria d’Arte a présenté un beau Paysage toscan de Giorgio Kienerk à 12 000 €, et un Vicolo ad Arcola de Telemaco Signorini à 40 000 €, une œuvre qui rappelle les meilleurs résultats de sa saison ligure, avec des références à son expérience à Riomaggiore.

Studiolo Fine Art a présenté plusieurs œuvres du début du XXe siècle, dont le Poisson de Piero Persicalli, une œuvre datée entre 1911 et 1913, proposée à 40 000 euros et publiée dans la monographie de Chiara Francina de 2024. La composition, concentrée sur un rendu essentiel des formes du poisson, reflète une sensibilité graphique concise typique de cet artiste dont l’œuvre a fait l’objet d’une redécouverte enthousiaste au cours des dernières années. À côté, Il razzo (1915) d’Anselmo Bucci est proposé à 30 000 euros. Provenant des héritiers de l’artiste et documenté depuis les années 1920, le tableau représente une scène nocturne traversée par l’éclair d’une fusée au-dessus de soldats dans une tranchée : la lumière soudaine lacère l’obscurité, construisant un fort contraste qui amplifie la tension narrative.

Le Fondantico de Tiziana Sassoli expose, outre un Guercino inédit qui a attiré l’attention du public et des spécialistes dès les premiers jours (et dont on nous a demandé de ne pas publier le prix : nous sommes cependant dans la fourchette haute de l’exposition, comme on peut l’imaginer), une intéressante Vénus enchantant l’Amour de Gaetano Gandolfi, datable de 1770-1772 et proposée à 80 000 euros. Le tableau est lié à l’entreprise décorative pour la Casa Gini à Bologne et reflète la grâce du maître au XVIIIe siècle, avec une figure féminine construite grâce à un modelé doux et une palette lumineuse. Une œuvre difficile occupe un mur entier du stand Antichità Giglio: il s’agit du Portrait de la duchesse Rosina Serbelloni de Pelagio Palagi, 90 000 euros, accompagné d’une carte d’attribution de Fernando Mazzocca. L’œuvre se distingue par la solennité de la figure et l’attention portée aux détails des vêtements, dans la lignée de la culture figurative du XIXe siècle cultivé. Le stand d’Alice Fine Art a été très varié, réunissant quelques petites premières du XVIIe siècle à Gênes à des prix très raisonnables (une Allégorie de la charité de Giovanni Battista Merano à 12 000 euros et un beau Portrait d’un gentilhomme de Giovanni Bernardo Carbone à 6 000 euros, ce dernier avec une carte de Giacomo Montanari), avant de libérer le clou du spectacle avec la Sibylle égyptienne d’Antiveduto Gramatica, 45 000 euros, avec une contribution de Gianni Papi. Le San Girolamo penitente de Gregorio Preti, 75 x 99 cm, 18 000 euros, vaut également le détour. Le stand Hartford Fine Art - Lampronti Gallery est particulièrement intéressant, car il concentre certaines des œuvres les plus précieuses du point de vue économique et historique de toute l’exposition. La Madone en gloire sur la ville de Bologne d’Annibale Carracci, une tempera sur papier notifiée par le ministère de la Culture, est proposée à 330 000 €, tandis qu’un Epulone et Lazare de Mattia Preti est présenté à 600 000 €, accompagné d’une expertise de Nicola Spinosa de 2018 et 2023. La scène évangélique est construite, selon une iconographie typique, sur un fort contraste entre opulence et misère, avec une mise en scène théâtrale reflétant la maturité de l’artiste. Au même prix de 600 000 €, l’Héroïsme de Muzio Scevola devant le roi étrusque Lars Porsenna de Guercino est proposé, avec une provenance historique comprenant les collections Mattei di Paganica, Conti et Sforza Cesarini. Cette œuvre est également notifiée. L’œuvre la plus chère de l’exposition, atteignant la somme de 1 300 000 euros, est le Jeune homme échappant à la capture du Christ de Corrège, sur lequel le débat scientifique est plus intense que jamais et dont certains pensent qu’il pourrait s’agir de l’original d’une œuvre bien connue.

Plus loin, le stand de Cortona Fine Art propose un Smergo suspendu attribué à Jean-Baptiste Oudry, huile sur toile du XVIIIe siècle, à 10 000 euros, un exemple de la tradition naturaliste française appliquée au genre de la chasse : il surprend par le haut degré d’illusionnisme avec lequel le peintre a imité la planche de bois. Dans l’espace Altomani & Sons, une Vierge de Giuseppe Canart, marbre de Carrare daté de 1738, de 66 cm de haut, se distingue à 75 000 euros, avec une provenance anglaise documentée, et uneImmaculée Conception de Giovanni Battista Salvi dite Sassoferrato, proposée à 150 000 euros, attribuée à Massimo Pulini et provenant de la Galerie Manfrin de Venise. Le stand est complété par le Trionfo con uccelli e fiori, une majolique polychrome de la seconde moitié du XVIIIe siècle considérée comme le chef-d’œuvre absolu de Pietro Lei, spécialiste de la peinture en majolique du XVIIIe siècle. L’œuvre est proposée à 35 000 euros. Un dernier tour sur les stands de Piva & C. où l’on peut voir La procession du Rédempteur par Joseph Heintz le Jeune, à 80 000 €, et chez Carlo Orsi qui expose deux œuvres remarquables : une Pastorale (1705) de Marcantonio Franceschini, à 220 000 €, un exemple de Bologne mature, avec une peinture à l ’huile, à la main et à la main.000, un exemple de la maturité du classicisme bolonais, et une Vierge à l’Enfant (vers 1512) de Benvenuto Tisi connue sous le nom de Garofalo, à 150 000 euros, une œuvre de la première maturité de l’artiste, équilibrée entre la monumentalité et la délicatesse chromatique.

Antonio Mancini, Petite danseuse (huile sur toile, 154 x 76 cm). Prix : plus de 200 000 euros
Antonio Mancini, Petite danseuse (huile sur toile, 154 x 76 cm). Prix : plus de 200 000 euros
Plinio Nomellini, Compagnons d'infortune (huile sur toile, 65 x 65 cm). Prix : 35 000 euros
Plinio Nomellini, Compagnons d’infortune (huile sur toile, 65 x 65 cm). Prix : 35 000 euros
Adolfo Tommasi, La récolte de pommes de terre (huile sur toile, 85 x 149,5 cm). Prix : environ 40 000 euros
Adolfo Tommasi, La récolte de pommes de terre (huile sur toile, 85 x 149,5 cm). Prix : 40 000 euros
Enrico Sorio, Séduction (huile sur toile, 134 x 82 cm). Prix : 12 000 euros
Enrico Sorio, Séduction (huile sur toile, 134 x 82 cm). Prix : 12 000 euros
Baccio Maria Bacci, Le cartomane (1929 ; huile sur toile, 84 x 68 cm). Prix : 50 000 euros
Baccio Maria Bacci, Le cartomane (1929 ; huile sur toile, 84 x 68 cm). Prix : 50 000 euros
Guglielmo Amedeo Lori, Manarola sotto la luna (vers 1905 ; huile sur toile, 92 x 92 cm). Prix : 50 000 euros
Guglielmo Amedeo Lori, Manarola sous la lune (vers 1905 ; huile sur toile, 92 x 92 cm). Prix : 50 000 euros
Giorgio Kienerk, Paysage toscan (huile sur toile, 49 x 65,5 cm). Prix : 12 000 euros
Giorgio Kienerk, Paysage toscan (huile sur toile, 49 x 65,5 cm). Prix : 12.000 euros
Telemaco Signorini, Vicolo ad Arcola (huile sur toile, 74 x 45 cm). Prix : 40 000 euros
Telemaco Signorini, Vicolo ad Arcola (huile sur toile, 74 x 45 cm). Prix : 40 000 euros
Piero Persicalli, Poisson (1911-1913 ; tempera sur papier, 28 x 41 cm). Prix : 40 000 euros
Piero Persicalli, Poisson (1911-1913 ; tempera sur papier, 28 x 41 cm). Prix : 40 000 euros
Anselmo Bucci, La Fusée (1915 ; huile sur toile, 103 x 78 cm). Prix : 30 000 euros
Anselmo Bucci, La Fusée (1915 ; huile sur toile, 103 x 78 cm). Prix : 30 000 euros
Gaetano Gandolfi, Vénus enchantant l'amour (1770-1772 ; huile sur toile, 34,5 x 44,5 cm). Prix : 80 000 euros
Gaetano Gandolfi, Vénus enchantant l’amour (1770-1772 ; huile sur toile, 34,5 x 44,5 cm). Prix : 80 000 euros
Pelagio Palagi, Portrait de la duchesse Rosina Serbelloni (huile sur toile, 184 x 121 cm). Prix : 90 000 euros
Pelagio Palagi, Portrait de la duchesse Rosina Serbelloni (huile sur toile, 184 x 121 cm). Prix : 90 000 euros
Antiveduto Gramatica, Sibylle égyptienne (huile sur toile, 64 x 49 cm). Prix : 45 000 euros
Antiveduto Gramatica, Sibylle égyptienne (huile sur toile, 64 x 49 cm). Prix : 45.000 euros
Gregorio Preti, Saint Jérôme pénitent (huile sur toile, 75 x 99 cm). Prix : 18 000 euros
Gregorio Preti, Saint Jérôme pénitent (huile sur toile, 75 x 99 cm). Prix : 18.000 euros
Annibale Carracci, Madone en gloire sur la ville de Bologne (tempera sur papier, 278 x 187 mm). Prix : 330 000 euros
Annibale Carracci, Madone en gloire sur la ville de Bologne (tempera sur papier, 278 x 187 mm). Prix : 330.000 euros
Mattia Preti, Epulone et Lazare (huile sur toile, 193 x 286 cm). Prix : 600 000 euros
Mattia Preti, Epulone et Lazzaro (huile sur toile, 193 x 286 cm). Prix : 600 000 euros
Guercino, Héroïsme de Muzio Scevola devant le roi étrusque Lars Porsenna (huile sur toile, 247 x 280 cm). Prix : 600 000 euros
Guercino, Héroïsme de Muzio Scevola devant le roi étrusque Lars Porsenna (huile sur toile, 247 x 280 cm). Prix : 600.000 euros
Antonio Allegri, dit Le Corrège, Jeune homme échappant à la capture du Christ (huile sur toile, 56 x 46 cm). Prix : 1 300 000 euros.
Antonio Allegri , dit Le Corrège, Jeune homme échappant à la capture du Christ (huile sur toile, 56 x 46 cm). Prix : 1 300 000 euros.
Giuseppe Canart, La Vierge (1738 ; marbre de Carrare, hauteur 66 cm). Prix : 75 000 euros
Giuseppe Canart, La Vierge (1738 ; marbre de Carrare, hauteur 66 cm). Prix : 75.000 euros
Giovanni Battista Salvi dit Sassoferrato, Immaculée Conception (huile sur toile, 74 x 45,5 cm). Prix : 150 000 euros
Giovanni Battista Salvi dit Sassoferrato, Immaculée Conception (huile sur toile, 74 x 45,5 cm). Prix : 150 000 euros
Pietro Lei, Triomphe avec oiseaux et fleurs (seconde moitié du XVIIIe siècle ; faïence polychrome, 24 x 46 x 34,5 cm). Prix : 35 000 euros
Pietro Lei, Triomphe avec oiseaux et fleurs (seconde moitié du XVIIIe siècle ; faïence polychrome, 24 x 46 x 34,5 cm). Prix : 35.000 euros
Joseph Heintz le Jeune, La procession du Rédempteur (huile sur toile, 62 x 92 cm). Prix : 80 000 euros
Joseph Heintz le Jeune, La procession du Rédempteur (huile sur toile, 62 x 92 cm). Prix : 80.000 euros
Marcantonio Franceschini, Pastorale (1705). Prix : 220 000 euros
Marcantonio Franceschini, Pastorale (1705 ; huile sur toile, 125 x 152,3 cm). Prix : 220.000 euros

La section de l’exposition collatérale intitulée Il Ritratto tra Sacro e Profano (Le portrait entre sacré et profane ) s’insère dans le parcours de la Modenantiquaria avec une orientation thématique qui se concentre sur la représentation de l’individu, déclinée entre dévotion, allégorie et autoreprésentation. Le thème du visage et de la figure, abordé sur une période chronologique allant de la fin du XVIe siècle au début du XXe siècle, se traduit par une séquence d’œuvres qui alternent intimité psychologique, tension narrative et construction symbolique.

Caretto & Occhinegro présente tout d’abord un panneau de Nicolas van Verendael, Monkeys Lazing about (allégorie de la condition humaine), datable vers 1650, huile sur panneau, 45 000 €. Le tableau, qui reprend un motif de David Teniers le Jeune, s’inscrit dans la tradition flamande des scènes animales chargées d’une signification morale. Les singes, représentés dans des attitudes apparemment quotidiennes, évoquent la fragilité et la vanité de l’action humaine. Une autre jeune galerie, Goldfinch Fine Arts, a exposé le Saint Joseph avec l’Enfant Jésus de Gaetano Gandolfi, exécuté entre 1763 et 1765, 90 000 euros. L’œuvre appartient à la première phase du maître bolonais et reflète une sensibilité encore pleinement XVIIIe siècle. Saint Joseph, dans une attitude affectueuse et participante, tient l’Enfant dans une composition qui souligne la tendresse de la relation père-fils. La lumière, douce et enveloppante, façonne progressivement les figures et conduit le regard à se concentrer sur les visages des deux personnages, tandis que la palette claire restitue une atmosphère de sérénité apaisée.

La galerie Romano Fine Art a proposé le Portrait de Galeazzo di Antonio Maria Nelli de Gian Girolamo Balzani à 9 000 euros. Le tableau, de format limité, concentre l’attention sur le visage du protagoniste, en rendant sobrement ses traits physionomiques et ses vêtements. La construction est essentielle, dépourvue d’éléments superflus, et vise à définir directement l’identité sociale du sujet par la seule posture et le regard.

Cantore Galleria Antiquaria a présenté un Portrait d’un gentilhomme de Benedetto Gennari, 95 000 euros. L’œuvre s’inscrit dans le cadre du portrait émilien de la fin du XVIIe siècle, en dialogue avec la tradition du Guercino. La figure, à mi-corps, émerge d’un fond sombre qui accentue sa présence plastique. L’attention portée aux détails du vêtement et la définition précise des traits s’accompagnent d’une recherche d’introspection qui va au-delà du simple enregistrement physionomique. Avec la galerie Frediano Farsetti, le parcours se déplace au début du XXe siècle. Le Parigine de Lorenzo Viani, daté de 1908 et proposé à 140 000 euros. L’œuvre témoigne de la période où l’artiste, lors de son séjour à Paris, est entré en contact avec l’avant-garde et avec un environnement urbain en pleine transformation. Les figures féminines, synthétisées par des lignes nerveuses, une gamme chromatique essentielle et des rendus singuliers (l’une de dos, l’autre avec un maquillage qui la rend presque masquée), reflètent une tension expressive qui dépasse la description naturaliste pour aller vers une vision plus rude et personnelle. Miriam Di Penta Fine Arts expose une Judith à la tête d’Holopherne d’Onorio Marinari, 32 000 euros. Le thème biblique, à fort impact iconographique, est interprété selon une sensibilité florentine de la fin du XVIIe siècle. La figure de Judith, saisie dans l’instant qui suit l’action, allie grâce et détermination. La lumière met en valeur le teint et les tissus irisés, tandis que le contraste avec la tête coupée accentue la tension narrative sans pour autant se livrer à des effets gores.

D’origine britannique, le Portrait d’un propriétaire terrien d’ Henry Raeburn est présenté par Giorgio Baratti Antiquario, 25 000 euros. La pose assurée et le rendu vigoureux du visage reflètent l’intérêt de l’artiste pour la caractérisation individuelle. Antonacci Lapiccirella Fine Art proposait un Autoportrait au chapeau de Francesco Paolo Michetti, datant d’environ 1800, exécuté au pastel et à la détrempe sur papier brun et proposé à 52 000 euros. L’œuvre, en termes de technique et de décor, donne une image directe et concentrée de l’artiste. Le visage se détache sur le bord du chapeau, qui occupe à lui seul la moitié de la composition ; le choix du support et des matériaux accentue la dimension intime de l’autoportrait.

Lagalerie Frascione présente une importante Annonciation de Domenico Robusti, fils du Tintoret, datable vers 1595, proposée à 180.000, tandis qu’Altomani & Sons termine avec une œuvre désormais bien connue des amateurs d’antiquités, puisqu’elle a été exposée assez fréquemment ces derniers temps (et a également été récompensée comme meilleure œuvre à Modenantiquaria 2025) : il s’agit du Modèle pour le monument équestre à Francesco III d’Este duc de Modène de Francesco Antonio Panzetta Cassarini, une sculpture en marbre de Carrare blanc statuaire avec des inserts de marbre rouge sur la base, proposée à 300.000 euro.

Gaetano Gandolfi, Saint Joseph avec l'Enfant Jésus (vers 1763-1765 ; huile sur toile, 84 x 71 cm). Prix : 90 000 euros
Gaetano Gandolfi, Saint Joseph avec l’enfant Jésus (vers 1763-1765 ; huile sur toile, 84 x 71 cm). Prix : 90 000 euros
Benedetto Gennari, Portrait d'un gentilhomme (huile sur toile, 111,4 x 84 cm). Prix : 95 000 euros
Benedetto Gennari, Portrait d’un gentilhomme (huile sur toile, 111,4 x 84 cm). Prix : 95.000 euros
Lorenzo Viani, Le Parigine (1908 ; huile sur carton, 74,3 x 51 cm). Prix : 140 000 euros
Lorenzo Viani, Le Parigine (1908 ; huile sur carton, 74,3 x 51 cm). Prix : 140 000 euros
Henry Raeburn, Portrait d'un propriétaire terrien (huile sur toile, 135,5 x 112 cm). Prix : 25 000 euros
Henry Raeburn, Portrait d’un propriétaire terrien (huile sur toile, 135,5 x 112 cm). Prix : 25.000 euros
Francesco Paolo Michetti, Autoportrait au chapeau (vers 1800 ; pastel et tempera sur papier brun, 533 x 380 mm). Prix : 52 000 euros
Francesco Paolo Michetti, Autoportrait au chapeau (vers 1800 ; pastel et tempera sur papier brun, 533 x 380 mm). Prix : 52 000 euros
Domenico Robusti dit Tintoret, Annonciation (vers 1595 ; huile sur toile, 215 x 175 cm). Prix : 180 000 euros
Domenico Robusti dit Tintoret, Annonciation (vers 1595 ; huile sur toile, 215 x 175 cm). Prix : 180.000 euros
Francesco Antonio Panzetta Cassarini, Modèle pour le monument équestre à François III d'Este Duc de Modène Sculpture en marbre blanc statuaire de Carrare, avec des inserts de marbre rouge sur la base. Prix : 300 000 euros
Francesco Antonio Panzetta Cassarini, Modèle pour le monument équestre de François III d’Este duc de Modène Sculpture en marbre blanc de Carrare, avec des inserts de marbre rouge sur la base. Prix : 300 000 euros

Alors que les galeristes font état de ventes intéressantes et d’un public nombreux, des nouvelles intéressantes se profilent déjà pour 2027, date de l’édition du 40e anniversaire. Le maire de Modène, Massimo Mezzetti, a anticipé quelque chose lors de l’inauguration : la foire, en particulier, pourrait être accueillie dans l’ancien hôpital Sant’Agostino, aujourd’hui siège de la Fondation Ago, un ancien complexe hospitalier situé dans le centre historique, juste en face du Palazzo dei Musei qui abrite la galerie Estense. Un emplacement pratique cependant : on peut y accéder à pied depuis la gare et le grand parking du Centre se trouve à cinq minutes. Nous verrons bien les nouveautés de ce qui est aujourd’hui l’une des foires d’antiquités les plus importantes de la scène européenne.



L'auteur de cet article: Federico Giannini e Ilaria Baratta

Gli articoli firmati Finestre sull'Arte sono scritti a quattro mani da Federico Giannini e Ilaria Baratta. Insieme abbiamo fondato Finestre sull'Arte nel 2009. Clicca qui per scoprire chi siamo


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